ASSE-Metz : Inattendus relégables, les Verts de Ghislain Printant sont « conscients d’être au bord du gouffre »

FOOTBALL Après une quatrième défaite en Ligue 1, mercredi contre Metz (0-1), les Stéphanois foncent dans la zone rouge. Les jours de Ghislain Printant à la tête des Verts sont plus que jamais comptés

Au stade Geoffroy-Guichard, Jérémy Laugier
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Loïc Perrin constate, impuissant, l'ouverture du score du Messin Habib Diallo mercredi soir. L'ASSE est plongée pour de bon dans la crise. ROMAIN LAFABREGUE
Loïc Perrin constate, impuissant, l'ouverture du score du Messin Habib Diallo mercredi soir. L'ASSE est plongée pour de bon dans la crise. ROMAIN LAFABREGUE — AFP
  • L’ASSE a vécu une soirée cauchemardesque mercredi en s’inclinant à domicile contre le modeste promu messin (0-1).
  • Les partenaires de Loïc Perrin s’enfoncent dangereusement à la 19e place après cette nouvelle contre-performance.
  • S’il refuse de jeter l’éponge, Ghislain Printant n’apparaît clairement pas comme l’homme de la situation pour redresser une équipe à l'arrêt depuis le départ de Jean-Louis Gasset.

Les deux kops stéphanois n’ont cessé de soutenir leur équipe durant 85 minutes. La performance est de taille lorsqu’on sait que cette ASSE, profondément malade après seulement sept journées de Ligue 1, s’est contentée de trois tirs cadrés face à un promu messin relégable au coup d’envoi. Puis en constatant l’absence de réelle révolte des joueurs filant vers une nouvelle défaite (0-1), les groupes de supporters se sont mis à scander « On veut une équipe digne de son public » et « Direction démission ».

Les Magic Fans, qui ont également sorti une banderole « Défaite de trop, êtes-vous dignes de porter notre maillot ? », ont alors pu échanger quelques minutes avec cinq joueurs, l’inévitable capitaine Loïc Perrin, Romain Hamouma, Mathieu Debuchy, Timothée Kolodziejczak et Robert Beric. Si une quarantaine de stadiers s’étaient rapprochés du kop nord juste avant, afin de contenir de possibles débordements, la situation est restée calme mercredi soir. Tout comme aux abords du stade Geoffroy-Guichard, où des forces de l’ordre se tenaient à l’affût après la rencontre.

Perrin, Hamouma, Kolodziejczak, Debuchy et Beric sont allés échanger avec les deux kops après ce nouveau couac stéphanois, mercredi face à Metz (0-1).
Perrin, Hamouma, Kolodziejczak, Debuchy et Beric sont allés échanger avec les deux kops après ce nouveau couac stéphanois, mercredi face à Metz (0-1). - Jérémy Laugier/20 Minutes

« J’ai beaucoup de colère en moi », confie Ghislain Printant

On est donc encore loin du climat de vives tensions de novembre et décembre 2017, période marquée par des claques monumentales contre l’OL (0-5) et Monaco (0-4), avant le sauvetage orchestré par Jean-Louis Gasset. L’ombre de l’ancien coach des Verts, 7e et 4e les deux dernières saisons, plane sur un Chaudron qui a attiré moins de 20.000 spectateurs mercredi. Promu cet été, son ancien adjoint Ghislain Printant devrait très rapidement faire les frais de cette inquiétante série de cinq défaites et deux nuls enchaînés (toutes compétitions confondues) depuis le succès initial à Dijon (1-2).

Celui-ci a reconnu traverser « un moment très difficile » de sa carrière mais il a refusé de jeter l’éponge après la rencontre : « J’ai beaucoup de colère en moi, par rapport à notre première période où on a manqué d’impact. Cette défaite n’est pas faite pour arranger la confiance et le mental de l’équipe, il ne faut pas se voiler la face. Mais je veux arriver à enrayer cette spirale. Cela passera par des prises de décisions de ma part. »

Une équipe sans personnalité ni ambition dans le jeu

Aura-t-il l’occasion de les appliquer en vue du prochain déplacement à Nîmes, dimanche (17 heures) ? Pour l’heure, le président Roland Romeyer n’a pas souhaité s’exprimer devant les médias et la séance d’entraînement de ce jeudi (10h30), qui devait initialement être ouverte au public et aux médias, va finalement se dérouler à huis clos. Malgré un mercato ambitieux sur le papier (Cabaye et Trauco étaient titulaires contre Metz, Bouanga et Boudebouz sont entrés en jeu), ce groupe stéphanois ne dégage ni personnalité, ni ambition dans le jeu.

« Sur la seconde période, l’équipe a changé de visage, nuance Ghislain Printant. On a pris le maximum de risques en changeant d’organisation [de 4-2-3-1 à 3-4-3] et en se montrant le plus offensifs possible. Mais on n’a pas été assez dangereux. » Si bien que même un FC Metz minimaliste, devant dès la 19e minute via un coup de tête d’Habib Diallo sur coup de pied arrêté (0-1), n'a jamais été plus chahuté que cela. C’est dire si l’ASSE, 19e à déjà dix points d’Angers (2e), est au plus mal.

« De toute façon, quand ça va mal, tout va mal »

« Nous sommes conscients d’être au bord du gouffre, reconnaît Denis Bouanga, dont la rentrée a amené un semblant de vie devant. On va essayer de ne pas baisser les bras, de relever la tête et de cravacher en en faisant trois fois plus. » Il faudra bien ça, alors qu’un derby de tous les dangers s’annonce dans dix jours à Sainté, face à un voisin lyonnais (11e) à peine mieux en point.

« On avait à cœur de regagner, pour nous mais aussi pour les supporters, et c’est clair que ça fait chier, constate Arnaud Nordin. Il faut rester solidaires et tout donner dimanche à Nîmes. » Il leur faudra enrayer une dynamique terrible, qui s’est accompagnée mercredi de la blessure de Stéphane Ruffier (main), remplacé par le troisième gardien Stefan Bajic (17 ans), et d’une nouvelle décision arbitrale contraire, lorsque Mamadou Fofana a heurté du pied le visage d’Arnaud Nordin, sans être sanctionné, en pleine surface (37e). « De toute façon, quand ça va mal, tout va mal », résume Loïc Perrin. Le capitaine stéphanois n’a pas cherché à minimiser le visage résigné et sans idée qu’a présenté son équipe.

On a bien conscience de la situation et dans tous les cas, c’est nous qui avons la solution sur le terrain. Les supporters sont là, ils sont avec nous et on n’en doutait pas. Forcément, on aimerait mieux faire pour eux mais on n’y arrive pas en ce moment. Il faut qu’on en fasse tous plus pour sortir la tête de l’eau étape par étape. On s’est mis dedans et à nous de nous en sortir. »

« J’ai l’impression que le coach a toujours fait le maximum »

Les joueurs, groggy à la sortie des vestiaires, ont-ils vraiment envie de poursuivre l’aventure avec Ghislain Printant ? « Le coach nous parle beaucoup et nous donne beaucoup de confiance », estime Arnaud Nordin. C’est peu dire que cela ne saute pas aux yeux, surtout entre la deuxième période catastrophique à Angers (de 0-1 à 4-1) et cette bouillie contre Metz (0-1).

Loïc Perrin s’est montré un peu plus convaincant : « Ce n’est pas le coach qui joue. J’ai l’impression qu’il a toujours fait le maximum en ayant de bons discours. Pour l’instant ça ne marche pas, c’est comme ça. Ce n’est pas moi qui vais prendre la décision en tout cas. Mais si vous me demandez, je suis content de travailler avec lui. » Natif de Montpellier et ancien entraîneur au MHSC, Ghislain Printant sera peut-être amené à finir son bail stéphanois chez son rival de toujours, le Nîmes Olympique. Mais non, ne comptez pas sur nous pour conclure sur le 2.732e jeu de mots dans les médias autour de son nom.