Rennes-OL: «Une juste récompense»… Comment Lyon perçoit-il le rebond breton de Clément Grenier?

FOOTBALL Auteur d'une solide saison avec le Stade Rennais, Clément Grenier va retrouver ce vendredi (20h45) en Ligue 1 l’OL, son club formateur où il a passé 16 ans 

Jérémy Laugier

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Peu de supporters lyonnais imaginaient en janvier 2018 que Clément Grenier allait retrouver Alexandre Lacazette dans un 8e de finale de Ligue Europa.
Peu de supporters lyonnais imaginaient en janvier 2018 que Clément Grenier allait retrouver Alexandre Lacazette dans un 8e de finale de Ligue Europa. — Robbie Stephenson/JMP/REX//SIPA
  • Après avoir passé 16 années à Lyon, l'ayant mené du centre de formation à l'équipe de France A, Clément Grenier a connu une fin d'aventure difficile avec l'OL.
  • Le milieu de terrain de 28 ans vivra forcément un rendez-vous particulier ce vendredi (20h45) en affrontant son club de toujours en Ligue 1.
  • Son intéressant rebond entre Guingamp et Rennes depuis un an est perçu de diverses manières du côté de l'OL.

« C’est difficile, on ne va pas se le cacher, c’est comme une histoire d’amour et il y a eu une séparation. » Clément Grenier a utilisé cette image, avant le match aller OL-Rennes (0-2) en décembre, pour évoquer ses retrouvailles avec son club formateur. Après avoir souvent été au bord de la rupture (28 matchs de Ligue 1 de 2014 à fin 2017) entre une interminable pubalgie, un décevant prêt à l’AS Roma et des mises à l’écart de Bruno Genesio, le milieu de terrain a fini par mettre un terme à son histoire lyonnaise en janvier 2018, avec une rupture de contrat et une signature à Guingamp.

Avant le double affrontement en cinq jours entre le Stade Rennais et l’OL (en L1 ce vendredi à 20h45 en Bretagne, à Décines mardi en demi-finale de Coupe de France), 20 Minutes s’est demandé comment le rebond actuel de Clément Grenier (deux buts et deux passes décisives en 27 matchs de L1 cette saison) était perçu à Lyon.

« Je ne l’ai pas vu baisser les bras une seule seconde »

A l’image de Cyrille Dolce, son entraîneur dans la catégorie U13, le centre de formation de l’OL suit Clément Grenier « avec affection ». Arrivé d’Annonay (Ardèche) à 11 ans, celui-ci n’a en effet laissé que des bons souvenirs à ses formateurs. « Il y a simplement des moments dans la vie où tu n’es plus prophète dans ton pays et où tu prends des claques, évoque Cyrille Dolce. Son rebond à Guingamp puis à Rennes me fait vraiment plaisir. »

Armand Garrido, qui l’a ensuite entraîné en U16, a également retrouvé Clément Grenier dans une tout autre dynamique en début de saison 2017-2018 avec la réserve de l’OL en National 2. « Il venait avec nous sans état d’âme, ce n’est pas un garçon qui calculait ses efforts, se souvient cette grande figure de la formation lyonnaise. Clément est un vrai professionnel. Il a toujours été courageux et persévérant. Je ne l’ai pas vu baisser les bras une seule seconde ici. Son intéressant rebond est donc une juste récompense pour lui. C’est vraiment quelqu’un qu’on aime bien ici. »

« Il a trop longtemps profité de ses quelques coups francs inscrits »

De nombreux supporters lyonnais ne partagent pas cette affection pour celui dont la meilleure saison remonte à 2012-2013, avec en L1 cinq passes décisives et sept buts, dont deux bijoux essentiels (à Montpellier et à Nice) pour arracher une qualification en Ligue des champions. « Je ne le regrette pas du tout, annonce illico Nicolas (30 ans). Il a trop longtemps profité, au niveau contractuel [il faisait jusqu’au bout partie des meilleurs salaires de l’équipe], de ses quelques coups francs lointains inscrits la saison là. C’est un mec surcoté, qui a toujours su bien jouer avec les médias mais dont le vrai niveau se situe dans un club entre la 4e et la 8e place. Même à Rennes, il ne me semble pas faire partie des hommes clé par rapport à des Sarr, Ben Arfa ou Bourigeaud. »

Antoine (24 ans) est à peine moins sévère : « La fin de l’histoire n’a pas été très belle avec l’OL mais elle était logique car il y avait plus fort et plus prometteur au milieu, comme Tolisso, Darder, Gonalons ou Tousart. Il est moyen dos au jeu, pas assez percutant balle au pied et parfois pas assez influent dans l’organisation. Peut-être qu’un jour, il pourra viser plus haut, mais à 28 ans, le temps presse pour lui. »

De Chasselay et Belfort au Betis et à Arsenal

Son ancien partenaire au centre de formation de l’OL, Morgan Ancian, préfère mettre en avant « le choix payant de rejoindre Guingamp » (cinq buts et quatre passes décisives en L1 entre février et mai 2018). « C’était un pari osé que beaucoup n’auraient pas fait à sa place et ça a servi de beau tremplin, analyse l’actuel préparateur physique d’Ain Sud Foot (N3). Quand on acquiert de l’expérience, on comprend qu’il faut parfois repartir d’un peu plus bas pour pouvoir jouer davantage. Il enchaîne désormais les matchs et il se sent très bien à Rennes aujourd’hui. »

Il y a un an et demi, Clément Grenier affrontait Chasselay, Belfort et Saint-Priest en National 2. L’exil a donc du bon, quand on songe à sa récente aventure rennaise en Ligue Europa face au Betis et à Arsenal.