OL: Des initiatives originales pour surtout faire de ses jeunes joueurs «des bons mecs»

FOOTBALL En plus de leur stage d’observation en entreprise, les U15 Ligue Elite de l’OL s’entraînent cette semaine dans des clubs amateurs de la région lyonnaise « afin de se rendre compte de leur chance »…

Jérémy Laugier

— 

U15 à l'OL, Marlone Foubert-Jacquemin et Mattéo Makhabe participent cette semaine aux entraînements des U17 départementaux de Chassieu-Décines FC.
U15 à l'OL, Marlone Foubert-Jacquemin et Mattéo Makhabe participent cette semaine aux entraînements des U17 départementaux de Chassieu-Décines FC. — Jérémy Laugier/20 Minutes
  • Très réputé pour son académie, l’OL se démarque aussi par des initiatives originales comme celle de faire s’entraîner cette semaine ses U15 Ligue Elite dans des clubs amateurs.
  • L’entraîneur des U15 Cyrille Dolce, les parents et les joueurs expliquent à « 20 Minutes » comment se déroulent cette semaine particulière et la vie de ces nombreux espoirs lyonnais rêvant tous d’une carrière professionnelle.

« Ça me rappelle des souvenirs de m’entraîner la nuit. » A 15 ans, Marlone Foubert Jacquemin vit une semaine particulière, à l’occasion de sa période de stage d’observation en entreprise. La journée, ce défenseur central ayant intégré le centre de formation de l’OL en 2015, met un premier pas dans l’univers du commerce grâce à Cuisines Schmidt. Puis il file à l’entraînement dans son premier club amateur, Chassieu-Décines FC.

« Ça nous change car à l’OL, tout est plus strict, tant sur l’heure du début de la séance que sur les pauses boisson ou sur l’échauffement », estime le Décinois, accompagné dans cette expérience par Mattéo Makhabe, lui aussi joueur du centre de formation de l’OL.

Une navette chaque jour et même des déplacements dans le bus des pros

« C’est important de se souvenir de ses racines et ce retour aux sources du foot est une piqûre de rappel pour tous nos jeunes au niveau de l’humilité, explique leur entraîneur en U15 Ligue Elite Cyrille Dolce. En même temps, ils réalisent aussi par ce biais ce que serait leur vie de collégien lambda s’ils ne réussissaient pas avec nous. » Car la vingtaine de U15 participant au projet initié en 2011 à l’OL par Cyrille Dolce bénéficie de conditions optimales au collège Saint-Louis Saint-Bruno (Lyon 1er).

A savoir des cours intégralement placés le matin, des entraînements de près de deux heures chaque après-midi en semaine et un accompagnement scolaire dans la foulée à la Groupama OL Academy de Meyzieu. « Grâce à l’OL, les enfants sont sur une autre planète, apprécie Tony, le papa de Mattéo. Une navette va les chercher à la fin des cours et les amène directement au centre d’entraînement. Ils partent parfois même faire leur match dans le bus des pros. »

« Certains enfants se croient déjà pros et veulent arrêter l’école à 16 ans »

Un confort de sportif de haut niveau qui pousse les parents à surtout être vigilants sur les résultats scolaires. « Marlone était dans les trois meilleurs élèves de sa classe en 6e dans un collège public avec 16,5 de moyenne, indique sa maman Corinne. Là il a tout juste 10 à Saint-Louis Saint-Bruno [établissement privé] avec un rythme de vie vraiment soutenu lié à l’OL. Il faut au moins qu’il obtienne le bac pro commerce car le foot peut s’arrêter à tout moment. »

« Certains enfants se croient déjà pros et veulent arrêter l’école à 16 ans », complète Tony Makhabe. Son fils Mattéo était à peine essoufflé ce mardi soir lorsqu’il l’a rejoint, au terme d’une journée passée derrière la caméra à OLTV puis dans un entraînement de troisième division départementale U17 au stade Tisserand de Chassieu. « Ça fait bizarre de redécouvrir une séance avec moins de rigueur, constate le prometteur milieu de terrain d’1,59 m. On devait avoir une opposition à la fin mais personne n’avait la clé du cadenas bloquant le but de foot. » Une démonstration des aléas accompagnant le sport amateur.

« Parfois, il peut nous arriver de trop nous sentir dans le confort »

« La présence de Mattéo et Marlone permet à nos joueurs de côtoyer le top niveau et de comprendre qu’il y a une vraie passerelle avec l’OL, dont nous sommes un club partenaire », explique Maxence Bunomo, responsable de la catégorie U17 à Chassieu-Décines FC. Les deux espoirs lyonnais n’ont pas eu de mal à comprendre la démarche de leur coach. « Il veut qu’on se rende compte de la chance qu’on a d’être à l’OL, lance Marlone. Parfois, il peut nous arriver de trop nous sentir dans le confort. Le club met tout en œuvre pour qu’on réussisse. Personnellement, j’ai vraiment pour objectif de devenir professionnel. Être pro à l’OL, ce serait carrément un rêve. »

Les initiatives de la si réputée académie lyonnaise ne se limitent pas à cette semaine. Entre échanges dans le monde du handicap, de l’arbitrage, séances de yoga, piscine ou encore « parcours du combattant à la montagne », les activités hors football ne manquent pas. De même, l’utilisation des portables est limitée voire interdite dans la vie de groupe « afin de favoriser durant les trajets des jeux de cartes aidant au partage et à la stratégie collective ». « On essaie de réhabiliter l’image restrictive et individualiste des footballeurs, notamment en les mettant très tôt face aux réalités de la vie, confie Cyrille Dolce. Il n’y a pas que le projet sportif. On veut leur éviter d’être simplement dans cette bulle du foot en faisant d’eux des bons mecs avant d’en faire de bons joueurs. »