Table rase : Retour du Mou, coup de balai et valise de billets… A quoi va ressembler la révolution au Real Madrid cet été ?

FOOTBALL Le Real Madrid arrive en fin de cycle et le chantier s'annonce gigantesque cet été dans la capitale espagnole

Aymeric Le Gall

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Le Real a vécu l'enfer mardi soir face à L'ajax d'Amsterdam.
Le Real a vécu l'enfer mardi soir face à L'ajax d'Amsterdam. — GABRIEL BOUYS / AFP

Il paraît que le plus dur ce n’est pas la chute mais l’atterrissage. Cet adage semble, avec le recul, taillé sur mesure pour le Real Madrid cuvée 2018/2019. Et si la chute était déjà vertigineuse avec deux claques à la maison face à l’ennemi barcelonais en quatre jours (une élimination en demie de Coupe du roi d’abord, un adieu au titre de champion de Liga ensuite), que dire alors de ce crash XXL dès les 8es de finale de Ligue des champions face à une équipe de l’Ajax que tout le monde voyait battue d’avance après une première défaite (2-1) au match aller ? Après un règne européen de plus de 1000 jours, le royal Real est tombé. La tête la première dans le panier.

Mais même dans la lose, les Madrilènes ont soigné leur sortie, en se faisant dégager de leur compèt’dès le premier tour des matchs à élimination direct. Ils auraient pu terminer sur un échec en demie face au Barça ou au PSG, mais c’eut manqué d’élégance. Non, quitte à se saborder, autant le faire avec panache. En mode cow-boy, en badigeonnant d’essence la Maison Blanche du sol au plafond avant d’y jeter sa clope sans même se retourner. Bad ass.

Au lendemain de cet incendie, alors que la Casa Blanca fume encore, c’est une autre odeur qui se dégage de la capitale espagnole : celle de la révolution. Avec le temps, on a fini par le connaître le Florentino Perez, et on met notre salaire sur la table que le président du Real est déjà tourné depuis mardi soir, 22h58, sur la prochaine saison de son équipe. Et autant le dire tout de suite, l’été va être agité dans la capitale espagnole.

>> Solari verra-t-il le printemps ? La (première) question qui se pose aujourd’hui a trait à l’avenir de Santiago Solari, l’entraîneur appelé à la rescousse en cours de saison pour sauver les meubles souillés par Julen Lopetegui. Va-t-il avoir le droit de terminer la saison sur le banc ? Car si le Real a presque tout perdu cette saison, il lui reste encore à sauver sa place dans le top 4 de Liga (le Real est 3e avec 6 points d'avance sur Getafe, 4e) pour ne pas définitivement sombrer dans le ridicule et basculer du côté des gueux, de ceux qui de l’Europe ne voient que les jeudis soir un peu miteux. Vu la puissance de la beigne que le vestiaire madrilène vient de se manger en à peine une semaine, on peut se demander si Solari saura trouver la force pour remobiliser un groupe abattu et qui parlait à chaud de « saison de merde ». « La saison continue. Il faut continuer la Liga », a de son côté simplement déclaré l'entraîneur après la peignée hollandaise. Vous la sentez vous aussi, la motivation du bonhomme ?

>> Retour vers le futur avec Mourinho ? Si le dossier « fin de saison » est ouvert pour Solari, le reste de l’histoire est déjà réglé en revanche. L’Argentin ne sera pas l’entraîneur du Real version post-apocalyptique et le grand bal des prétendants a déjà commencé. Sans grande surprise, le premier nom à être sorti du chapeau n’est autre que celui de José Mourinho. On le dit en bons termes avec Florentino Perez, on le sait sans emploi, on le devine intéressé. D’autant que le président Merengue est du genre à préférer un mec à poigne, un aboyeur pour tourner la page d’un désastre historique, plutôt que de prendre le risquer d’aller chercher un petit jeune qui monte ou de ravaler sa fierté et de s’agenouiller devant Zizou.

>> Gros coup de balai dans 3,2,1… Une fois le nouveau boss en place, le chantier ne fera pourtant que commencer. La révolution qui s’annonce en interne devrait être à la hauteur du séisme de mardi soir : terrible. Il y a un an, Zinédine Zidane avait réclamé le départ de Bale et le maintien de Ronaldo dans l’effectif. Perez avait finalement décidé du contraire et Zizou s’était barré. Une saison plus tard, difficile de ne pas donner raison au Français… Mais Perez a beau être un éternel obstiné, il sait aussi reconnaître ses erreurs et les valises du Gallois sont probablement déjà sur le pas de sa porte à l’heure qu’il est. La liste des joueurs qui pourraient le suivre est longue. Pêle-mêle, on pense à Marcelo (qui a plus ou moins déjà prévu de retrouver son pote CR7 à la Juve), Isco, Kroos, Modric voire Sergio Ramos. Qui dit grand ménage de printemps dit aussi mercato clinquant du côté des arrivées. Tel un enfant gâté, capricieux et aujourd’hui blessé dans sa fierté, Florentino Perez est bien le genre à compenser son humiliation par une boulimie de recrues et un geyser de biftons.

>> Paillettes et chéquier, faut que ça claque cet été

On ne va pas se risquer à dessiner de A à Z le prochain mercato madrilène, mais certains noms vont forcément fleurir dans les pages transferts de As ou de Marca cet été. Eden Hazard a déjà prévenu que son unique but était de rejoindre la Casa Blanca, ça tombe bien puisque l’intérêt était réciproque jusque très récemment. S’il veut recoller avec son brillant passé, le Real pourrait aussi miser gros sur de jeunes talents appelés à rouler sur le monde dans un futur proche. Et s’ils venaient de Lyon, histoire de se rappeler aux bons souvenirs du cas Benzema ? Ndombélé ou Aouar ne feraient pas tâche dans cette équipe par exemple.

Et comme le Barça a signé Frenkie de Jong, le bourreau des Madrilènes mardi soir, on voit bien Perez faire tapis pour choper De Ligt, l’autre pépite de l’Ajax (il va bien falloir songer à trouver la relève de ce bon vieux Sergio). Même si ce n’est très clairement pas la priorité, ça fait toujours du bien de répondre du tac au tac au Barça. Le problème, c’est qu’il va manquer un joueur par poste quasiment et que la priorité devrait logiquement se porter, en plus du milieu, sur un buteur. Là, les paris sont ouverts : Icardi ? Aubameyang ? Harry Kane ? Enfin, impossible de passer à côté d’un nouveau feuilleton « Neymar au Real ». Interrogé à ce sujet par la presse brésilienne, le n°10 du PSG n’a évidemment pas fermé la porte : « Si je souhaite jouer au Real ? C’est un des plus grands clubs du monde, n’importe quel joueur épié par le Real Madrid aurait envie de jouer là-bas… ». Vu le contexte, c’est toujours ça de gagné (ou de pas perdu).