OM: En cherchant bien, on a trouvé quatre excuses à Marseille, ridicule à Francfort en Ligue Europa

FOOTBALL La pelouse était un peu grasse à Francfort, vous ne trouvez pas ?

Jean Saint-Marc

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Les Marseillais ont souffert dans le chaudron de Francfort.
Les Marseillais ont souffert dans le chaudron de Francfort. — Michael Probst/AP/SIPA
  • A Francfort, l'OM s'est incliné par quatre buts d'écart, dont la moitié inscrits contre son camp. 
  • Pas épargné au tirage lors de cette Ligue Europa, Marseille n'est pas non plus épargné par les blessures. Ce qui, évidemment, n'explique pas tout. 

« Maintenant, c’est fini. Il faut passer à autre chose. » Bouna Sarr et Luiz Gustavo ont prononcé les mêmes mots, ce jeudi soir, à Francfort (et sur RMC Sport). En fait, ça n’est pas tout à fait terminé : il faut se farcir une dernière rencontre, au Vélodrome, face à l'Apollon Limassol. Et oui, cette campagne européenne sera ensuite effectivement bouclée.

Elle passait donc par l’Allemagne, où l’OM a réussi l’exploit d’encaisser quatre buts alors que ses adversaires n’en ont marqué que deux. 4-0 donc, et deux contre son camp des susnommés Sarr et Gustavo. « C’est moi qui avais le ballon, j’essaye de la donner à Pelé, mais c’est de ma faute : le ballon était dans mes pieds ! J’assume quand je fais des erreurs, au milieu ou en défense, je ne me trouve pas d’excuses », a souri (oui, souri) Luiz Gustavo. Ma foi, c’est élégant de ne pas tirer dans les pattes des copains. Mais nous, on va s’amuser à trouver quatre excuses à cet OM « fatigué ».

>> Le terrain était quand même un peu gras.

Magnifique enceinte que ce Waldstadion : toit ouvrant et supporters bouillants. Ils étaient plus de 50.000 et c’était magnifique - même si l’on regrette qu’une bonne partie du contingent marseillais soit restée coincée hors du stade, bloqué par les autorités allemandes. Bloqués à l’extérieur d’un bel outil dont la pelouse était un peu grasse : on a vu trois-quatre glissades. Notamment un dérapage de Mitroglou (14e) alors qu’il y avait un ballon intéressant à exploiter sous le nez des défenseurs allemands.

>> La poule était difficile.

L’équipe frisson de Bundesliga, une très solide équipe italienne, des Chypriotes accrocheurs : l’OM n’est pas très bien tombé, c’est vrai. Avec son attaque de feu et les talentueux Haller, Jovic ou Gasinovic, l’Eintracht Francfort est particulièrement impressionnant. Rudi Garcia a fait une bonne partie de sa (courte) conférence de presse sur ce registre-là. Extraits :

C’était pas anormal de perdre à Francfort : ils sont très bien classés, sont en confiance, c’est une très belle équipe (…) Ils n’avaient pas besoin qu’on les aide à marquer des buts. »

Même registre pour Bouna Sarr, au micro de France Bleu : « On a joué contre une belle équipe. C’est la coupe d’Europe, ce n’est pas le même niveau que le championnat… »

>> Les Marseillais malchanceux.

On reste avec Bouna Sarr qui a offert en zone mixte un debrief technique de son but contre son camp : « Je me sens fautif aussi, bien sûr, mais ce n’est pas une situation facile à gérer. Le ballon va vite, j’essaye de la sortir avec mon pied gauche. Je prends la balle avec la mauvaise surface du pied, avec le talon, et je trompe Pelé… Je dois mieux faire, évidemment. » Il n'a pas tort : on est sur un très beau mix erreur personnelle / malchance crasse.

>> L’OM a quand même beaucoup de blessés.

C’est sans doute le fil le plus difficile à tirer. Rudi Garcia, de plus en plus contesté par les supporters pour ses choix, l’a pas mal ressassé dans ses différentes sorties médiatiques de la soirée. « On avait une équipe très diminuée : on a sept ou huit titulaires qui sont blessés ou au repos », s'est agacé l’entraîneur marseillais. Il estime que seuls « un ou deux joueurs » ont « marqué des points » en Allemagne.

Il n’a pas lâché de nom, mais ça semble un peu raide pour certains jeunes. On pense notamment à Caleta-Car, dont l’adaptation est vraiment galère. A Kamara, qui avait sorti de gros matchs chez les pros et n’a peut-être qu’un coup de mou temporaire. Et à Radonjic, qui fait certes beaucoup de mauvais choix, mais qui a le mérite d’essayer. Pas très fort non plus, hein…