Strasbourg: L'histoire du Racing racontée par un fou de données

FOOTBALL Fou du Racing et de data, Jeoffrey Voltzenlogel invite à replonger dans l’histoire du club strasbourgeois d’une manière inédite…

Alexia Ighirri

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Strasbourg: Jeoffrey Voltzenlogel
Strasbourg: Jeoffrey Voltzenlogel — A. Ighirri / 20 Minutes
  • A l’instar de ce qu’il produit sur Facebook ou Twitter avec le compte « Racing database », Jeoffrey Voltzenlogel publie un « recueil de facts, pleins de petites histoires » dans son livre Racing datastory.
  • Le jeune homme a filtré ses multiples fichiers Excel aux « 20.000 lignes et 30 colonnes », dont tous les scores et les buts depuis 1933, pour livrer un regard inédit sur l’histoire du club.

Quand Strasbourg affronte le Stade Rennais, comme ce dimanche (17h) en Bretagne, les supporters peuvent se souvenir du barrage fou de 1992 (0-0 au match aller, 4-1 pour le Racing au retour). Pour Jeoffrey Voltzenlogel, c’est aussi un chiffre : 135, soit le nombre de buts marqués par le Racing contre Rennes en championnat, c’est plus que contre n’importe quel autre club.

Pour ce trentenaire strasbourgeois, data-journaliste pour beIN Sports, fou de statistiques et du Racing, l’amour pour le club alsacien s’exprime par des données. A l’instar de ce qu’il produit sur Facebook ou Twitter avec le compte « Racing database », il publie un « recueil de facts, pleins de petites histoires » dans son livre Racing datastory (éditions Vademecum). Sans tomber dans « la microanalyse, avec des diagrammes à barre, des graphiques, assure-t-il. Ce n’est pas de la data pour les énarques ». L’ouvrage s’adresse aux curieux, qui se demanderaient entre autres quel joueur a marqué le premier triplé du Racing.

« Il faut être un peu fou »

Le jeune homme a filtré ses multiples fichiers Excel aux « 20.000 lignes et 30 colonnes », dont tous les scores et les buts depuis 1933, pour livrer un regard inédit sur l’histoire du club. S’il est tombé dans la marmite Racing enfant, lorsque son père l’emmenait à la Meinau, il s’est mis aux stats un peu plus tard. Quoique… « Je faisais les cartes Paninis de Strasbourg et, maintenant j’en prends conscience, je faisais alors déjà des bases de données : je notais les trucs, les matchs, les buts… Quand j’avais 8 ans ! J’ai donc un problème depuis tout petit ! », sourit Jeoffrey Voltzenlogel.

Depuis il s’est professionnalisé. Le déclic pour devenir « un geek fanatique », selon ses propres termes ? « Ma première base de données, c’était sur tous les joueurs en Ligue 1 qui ont marqué au moins un triplé depuis 1950. Je l’ai faite pour moi, parce que j’étais très frustré le jour où le Niçois Carlos Eduardo a marqué un quintuplé à Guingamp. Je travaillais ce jour-là et j’ai été incapable de dire qui était le dernier auteur d’un quintuplé en Ligue 1. Je n’avais pas l’info. Et donc j’ai pris tous les matchs de Ligue 1, un par un, de 1950 à 2014. »

C’était peut-être ça le déclic… A cause du quintuplé de Carlos Eduardo. Ça m’a pris huit mois… A la fin j’avais un beau fichier avec toute la liste de joueurs, clubs, adversaires et contextes. »

Désormais, la collecte des données se fait au quotidien. Pour son travail de spécialiste statistique à la télévision ou ses projets personnels comme ce livre. Ses informations sur le Racing, il les complète parfois grâce à des discussions (« Quand ton oncle te raconte que Wolfang Kaniber était un génie et toi tu t’en rends compte quand tu commences à rentrer ses données ») ou à des vidéos : « J’en ai beaucoup regardé sur Internet pour les passeurs décisifs ».

Il le concède : « Il faut être un peu fou. Mais je prends du plaisir à le faire. »
Tellement, qu’il lui arrive « de faire des stats sur une partie de foot avec mes potes : on note les buteurs, les passeurs, les buts pied droit ou gauche… Je regarde les vidéos, parce que notre terrain est filmé. »

Une collaboration avec le Racingstub

Une occasion de plus pour se perfectionner, lui qui ne revendique en rien être un expert : « Les gars du Racingstub [site Internet communautaire des supporters du Racing] sont dix fois meilleurs que moi. Ce sont des machines et c’est une leçon d’humilité permanente », estime-t-il.

Trois membres du Stub ont collaboré avec lui pour Racing datastory, en écrivant notamment quelques textes sur les épisodes ou personnages historiques du club. Dont une page sur « l’un des buts les plus mythiques », signé Stephen Keshi… lors du barrage entre Strasbourg et Rennes.