Girondins de Bordeaux: «C'est un rêve», l'incroyable ascension de Pablo jusqu'à la Seleçao

FOOTBALL Indésirable au club en 2016, le Brésilien a connu une progression fantastique en l'espace de trois ans... 

Clément Carpentier

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Pablo tout sourire lors de sa première conférence de presse avec la Seleçao ce mardi.
Pablo tout sourire lors de sa première conférence de presse avec la Seleçao ce mardi. — Alastair Grant/AP/SIPA
  • Pablo participe à son premier rassemblement avec la Seleçao lors de cette trêve internationale.
  • Après un premier passage calamiteux à Bordeaux, il est aujourd’hui devenu indispensable à son club.
  • Il rêve de vivre sa première sélection face à l’Arabie Saoudite ou l’Argentine dans les prochains jours.

« Je vais peut-être pleurer en enfilant mon maillot... » Comme tout Brésilien qui se respecte, Pablo n’est pas du genre à cacher ses sentiments au moment d’évoquer sa première convocation avec la Seleçao. « Le rêve d’une vie » pour l’enfant de l’île de Sao Luis au nord-est du Brésil. Mais aussi une juste récompense pour le défenseur central des Girondins de Bordeaux, devenu une référence à son poste à 27 ans.

Oui, oui, on parle bien du même Pablo totalement fantomatique lors de son premier passage en Gironde en 2015. A l’époque, celui qui joue au football depuis l’âge de 9 ans, a le mal du pays : « C’était très compliqué. Le football, la culture, l’adaptation… J’étais très jeune. J’avais besoin d’avoir plus d’expérience. » Pourtant, son solide parcours au Brésil (Ceara, Gremio, Avai et Ponte Preta) ne laissait pas présager un tel échec. Souvent blessé lors de sa première saison, il ne joue carrément plus du tout lors de la deuxième (aucun match entre août 2016 et janvier 2017 avec Jocelyn Gourvennec).

« C’est une blague papa ? »

Le Brésilien va alors prendre une décision qui va changer sa carrière : il décide de retourner jouer chez lui en prêt, au Corinthians. A São Paulo, Pablo va se révéler au très haut niveau. Il remporte le titre avec son club et surtout, il est élu meilleur défenseur du championnat ! On commence même à parler de lui pour le Seleçao. Illico presto, les Girondins rapatrient leur joueur en janvier 2018 et prolongent même son contrat (jusqu’en 2021). L’indésirable fait un retour en grâce. « Quand je suis revenu, j’étais un peu plus costaud. Maintenant, oui j’aime la France », s’amuse-t-il à dire aujourd’hui.

Depuis, il confirme à chacune de ses sorties au point d’être devenu le patron de la défense bordelaise cette saison. Et donc d’être convoqué pour la première fois en équipe nationale : « J’étais très surpris. Je ne pensais pas avoir une chance. Mon père m’a appelé pour me dire : ''Tu es dans la sélection !'' J’ai répondu : ''C’est une blague papa ?'' Non, c’était bien vrai. J’ai beaucoup pleuré et crié sur le moment avec ma femme. Pour moi, c’est le top. »

Il remplace l'un de ses modèles, Thiago Silva

Il peut au passage se dire qu’il a bien fait de rester aux Girondins cet été malgré une offre importante venue de Russie : « Un choix familial mais aussi sportif car Bordeaux est un grand club et il y a plus de visibilité pour la Seleçao. » Signe du destin, Pablo remplace le Parisien Thiago Silva lors de ce rassemblement, l’un de ses deux modèles avec Lucio. Depuis le début de la semaine, il croise aussi sur son chemin un certain Neymar, « la star » comme il dit.

Mais comme à son habitude, le défenseur, papa d’un petit garçon, ne veut pas se prendre la tête. Il espère juste continuer « de progresser dans l’utilisation du ballon » car « maintenant, le plus difficile, c’est d’y rester [en Seleçao]. Je ne veux pas y aller juste une fois. » A lui de saisir sa chance contre l’Arabie Saoudite (vendredi) ou l’Argentine (mardi).