VIDEO. OL-FC Nantes: «Pas scandaleux mais pas loin»… Les Lyonnais négligent-ils certains «petits matchs» de Ligue 1 ?

FOOTBALL Tenu en échec samedi par Nantes après une prestation poussive (1-1), l'OL a rappelé pourquoi il était plus en vue dans les grands rendez-vous. Une caractéristique tenace qui agace à la fois Bruno Genesio et Rafael…

Jérémy Laugier

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A l'image de Nabil Fekir, ici au duel avec le Nantais Rene Krin, les Lyonnais ont affiché un visage bien moins emballant samedi qu'à Manchester City ou contre l'OM.
A l'image de Nabil Fekir, ici au duel avec le Nantais Rene Krin, les Lyonnais ont affiché un visage bien moins emballant samedi qu'à Manchester City ou contre l'OM. — JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP
  • Après trois succès aboutis (Manchester City, Marseille et Dijon), l’OL est retombé dans ses travers samedi (1-1) lors d’un nul inattendu contre Nantes.
  • Le « manque d’investissement » des joueurs laisse perplexes Bruno Genesio et Rafael. D’autant que comme à Caen (2-2), cette rencontre tombait à quelques jours d’un rendez-vous de Ligue des champions. Seulement un hasard ?

Presque autant que l’exploit à Manchester City (1-2), le succès avec sérieux et maîtrise à Dijon mercredi (0-3) devait faire office de déclic à l’OL. A savoir être (enfin) capable d’aborder les rendez-vous face aux « petits » avec la bonne attitude. Tenus en échec (1-1) samedi par un FC Nantes lâché en Ligue 1 (19e) et sur le point de changer d’entraîneur, les Lyonnais sont sérieusement retombés dans leurs travers. « Le manque d’investissement sur certaines phases défensives a été flagrant, a pointé le buteur du soir Houssem Aouar sur beIN Sports. Quand on ne fait pas les choses ensemble, voilà ce qui arrive. »

Un constat franc et lucide, après une fin de rencontre assez folle qui aurait pu tourner en faveur de l’OL (penalty de Nabil Fekir repoussé par Ciprian Tatarusanu à la 80e minute) comme des Nantais (poteau de Majeed Waris à la 90e). Après une semaine idéale, Bruno Genesio a visiblement eu du mal à voir ses joueurs retomber à ce point dans leurs travers.

« Pas la peine d’avoir un diplôme d’entraîneur pour voir ce qu’il s’est passé, notamment en première mi-temps. Au bout de deux minutes de jeu, il n’y avait qu’à nous regarder quand on perdait le ballon. Il n’y avait pas assez d’investissement dans les phases de transition. Ce n’était pas scandaleux, mais pas loin. Lorsqu’on commence comme ça, c’est difficile de se remettre dedans. A un moment, il faut savoir apprendre de ses erreurs. Si on ne le fait pas, c’est qu’on n’est pas conscient de la situation. C’est un peu les mêmes constats qu’avant le match de Manchester City par exemple. »

« On rabâche ces choses depuis longtemps »

Un exemple qui n’est pas cité innocemment par le coach lyonnais, car ce nul contre Nantes précédait un match de Ligue des champions, mardi (21 heures) face au Shakhtar Donetsk. Tout comme cet inquiétant Caen-OL (2-2), quatre jours avant le début de la compétition européenne à l’Etihad Stadium. « Est-ce qu’il y a un lien ? Je ne sais pas mais ça fait déjà deux fois que ça se produit cette saison. Donc on peut se poser la question… et je me la pose », insiste Bruno Genesio, le visage fermé en conférence de presse.

La saison passée, l’OL avait déjà perdu des points face à Lille, Dijon, Montpellier (deux fois) et Rennes, quelques jours avant des matchs de Ligue Europa. Donc concrètement, ce groupe se permet-il de négliger certaines rencontres supposées faciles de Ligue 1 placées avant de grands rendez-vous européens ? Bruno Genesio le craint clairement : « Ça peut être une explication et ça serait une grosse erreur. Je suis très en colère parce qu’on rabâche ces choses depuis longtemps. On a les mêmes causes et les mêmes conséquences. A un moment, le football vous sanctionne quand vous ne faites pas tout ce qu’il faut pour l’emporter ».

« Peut-être qu’il y a de la suffisance »

Du côté des rares joueurs s’étant arrêtés en zone mixte samedi (Marcelo, Dubois, Marçal et Rafael), les versions sont extrêmement diverses. Le ressenti de Marcelo, peu rassurant sans Denayer à ses côtés, était ainsi étonnant : « On s’est créé beaucoup d’opportunités mais on ne l’a pas emporté, donc on est déçu. Ah bon, le coach est contrarié ? C’est comme ça, on ne peut pas marquer de nombreux buts à chaque match ».

Léo Dubois s’est voulu tout aussi optimiste : « On peut faire largement mieux mais il ne faut pas penser que négativement. On a réussi à se créer des occasions, à se procurer un penalty. Il y a des petites choses à gommer ». Le prix de l’euphémisme de la soirée est donc revenu à l’ancien capitaine nantais. Entré en jeu en fin de partie, le latéral brésilien Rafael, s’est par contre présenté sans filtre devant les médias.

« C’est dur à expliquer. Il aurait fallu faire la même chose que dans les gros matchs, c’est tout. Peut-être qu’il y a de la suffisance. Ce n’est pas à moi de venir expliquer ce qu’il s’est passé sur le terrain. Mais bon, il faut qu’on change. Ça fait trois ans que je suis là et c’est un peu comme ça tout le temps. Les matchs avant la Ligue des champions, on ne fait pas beaucoup d’appels. On sait qu’on est une grosse équipe. Je ne sais pas si on choisit nos matchs mais il faut qu’on gagne ces rencontres-là. »

Une sortie visant à secouer le groupe qui tranche sérieusement avec la version de Léo Dubois, formel sur la motivation de sa nouvelle équipe samedi, comme à Caen deux semaines plus tôt : « Il ne faut pas polémiquer là-dessus. Personne ne pensait au match du Shakhtar. On est passé à côté de ce match-là aujourd’hui, on a le droit… » Avant de se reprendre, gêné : « Enfin, je ne sais pas si on a le droit ». Et si, à l’OL, la clé se trouvait dans cette problématique involontairement lancée par Léo Dubois ?