OL-OM: Enfin «une vraie prise de conscience»? Les dessous de l’inattendu rebond lyonnais

FOOTBALL Vainqueur en quatre jours de sommets contre Manchester City (1-2) et l’OM (4-2), l'OL s’est complètement (re)lancé cette saison. « 20 Minutes » se penche sur ce qui a vraiment changé côté lyonnais depuis le nul (2-2) à Caen…

Jérémy Laugier

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A l'image des précieux efforts défensifs de Nabil Fekir, ici face à Lucas Ocampos, l'OL a totalement rectifié le tir cette semaine.
A l'image des précieux efforts défensifs de Nabil Fekir, ici face à Lucas Ocampos, l'OL a totalement rectifié le tir cette semaine. — ROMAIN LAFABREGUE / AFP
  • Idéalement lancé en Ligue des champions et revenu à la hauteur de l’OM (5e) en Ligue 1, l’OL vient de réaliser la semaine parfaite.
  • Dos au mur quelques jours plus tôt, les joueurs de Bruno Genesio ont marqué les esprits en battant Manchester City (1-2) mercredi puis leur rival marseillais (4-2) dimanche.
  • 20 Minutes se penche sur les cinq problématiques majeures de la métamorphose lyonnaise.

Cela semble extrêmement étonnant mais il y aura peut-être un avant et un après-Caen (2-2) comme il y a eu la saison passée un avant et un après-CSKA Moscou (élimination en 8es de finale de Ligue Europa). Les enjeux et la période ont beau être complètement différents, il ne fait aucun doute que l'inquiétant nul concédé en L1 en Normandie (après les revers contre Reims et Nice) a initié de nombreux changements. Voici comment l’OL a si vite évolué, au point d’enchaîner des succès de prestige contre Manchester City (1-2) et l'OM (4-2).

Une métamorphose des joueurs dans l’implication. Avant le match contre l’OM, Bruno Genesio avait confié en conférence de presse une drôle de stat : « A City, on a couru 18 km de plus qu’à Caen. Ça ne suffit pas pour gagner un match, mais ça veut dire beaucoup de choses ».

En premier lieu que les 13 joueurs de champ ayant participé à l'exploit de Manchester se sont dépouillés sans compter mercredi. Une identité qui semblait cruellement manquer à ce Lyon ronronnant depuis la reprise. En bon capitaine retrouvé cette semaine, Nabil Fekir montre l’exemple, comme en témoignent certains gros retours défensifs contre l’OM dimanche, et notamment un tacle rageur sur Lucas Ocampos.

Le coaching gagnant d’un Genesio en confiance. Raillé par de nombreux supporters lyonnais pour sa gestion d’effectif parfois trop prévisible… ou au contraire incompréhensible, Bruno Genesio sort de cette semaine de tous les dangers en grand gagnant. « Il sait qu’à chaque fois qu’il y aura des moments difficiles, il pourra compter sur moi. Je suis un fan de Bruno et je vais le rester », a encore glissé dimanche Jean-Michel Aulas, qui s’est rapproché de la vie du groupe depuis Caen. Autant de sorties médiatiques qui ont permis à l’entraîneur lyonnais de se sentir (ré)conforté, et de signer de sacrés coups face à Pep Guardiola et Rudi Garcia.

Maxwel Cornet cire le banc depuis la reprise ? Il se retrouve dans le grand bain à l’Etihad Stadium et réalise un match plein, avec l’ouverture du score à la clé. « Fâché » d’être remplaçant à City, Bertrand Traoré reprend quand même sa place contre l’OM ? Et bim : un doublé plus un penalty et un carton rouge provoqués pour le Burkinabé, homme du match. « Bruno a bien repris les choses en main, loue à raison JMA. Jouer un football offensif à Manchester et ce dimanche, ça démontre qu’il a une maîtrise totale. » Au sortir de ces deux sommets victorieux, l’intéressé préfère souligner « des valeurs simples permettant de renverser des montagnes ». Le sommet Citizens semblait clairement hors d’atteinte avant mercredi.

Nabil Fekir a lancé des discussions avec le vestiaire. Juste après cette fameuse contre-performance de Caen, Jean-Michel Aulas avait tenu, via un tweet, à inciter Nabil Fekir à « remobiliser son groupe ». Le capitaine lyonnais a pris cette mission à cœur, comme il l’a confirmé dimanche. « A Caen, on n’a pas fait ce qu’il fallait, assume le champion du monde de l’OL. On s’est dit ce qui n’allait pas. Il fallait se réveiller. » « Nabil a joué un rôle fondamental », insiste son président.

Un réveil sous forme de prise de conscience du vestiaire, à l’instar d’une des rares recrues de la saison, le défenseur Jason Denayer. « Je pense qu’il y a eu une remise en question de la part de l’équipe, de tous les joueurs, apprécie l’ancien joueur de Galatassaray. On a vu ce qu’il fallait améliorer. Je me sens dans ce groupe comme si j’étais là depuis longtemps. » Un ressenti semblant sincère qui en dit long.

Des individualités désormais au top. Semblant attirer tous les ballons chauds dans la surface, Jason Denayer vient de prouver la semaine passée qu’il valait mieux qu’un quatrième choix de recrutement estival, dans ce secteur de jeu où l’OL est en quête de sérénité.

L’international belge entre parfaitement dans ce profil, tout comme Anthony Lopes, déterminant à City, Tanguy Ndombele, au four et au moulin au milieu, l’inévitable Nabil Fekir, tellement clutch dans les gros matchs (comme le prouve la stat ci-dessus) ou encore Houssem Aouar, auteur d’une ouverture du score soyeuse face à l’OM.

Enfin une confirmation contre « un petit » ? Bon, battre City et l’OM en quatre jours, c’est pas trop mal. Mais le vrai test périlleux est pour mercredi (19 heures) puisqu’il va falloir se coltiner le Dijon FCO de Sammaritano, Tavares et compagnie. En vrai, on rigole à peine au vu du récent passé de cet OL chez les équipes de deuxième partie de tableau. « On avait lamentablement sombré à Dijon ces dernières années, se souvient JMA. J’espère que mes joueurs me feront mentir. Ce match sera un juge de paix. »

Conscient « des soucis contre des équipes supposées plus faibles », Bruno Genesio a tenu à prévenir, dès dimanche soir : « Le plus important pour nous, c’est de toujours avoir le même investissement que dans les matchs de City et Marseille. J’espère qu’il y a eu une vraie prise de conscience cette semaine. La grande leçon à tirer, c’est que comme on a du talent, lorsqu’on est tous concernés pour combattre ensemble, ça se passe bien ». Ça vaudrait quand même le coup de transposer cette leçon au-delà de deux sommets, non ?