TFC: Toulouse troisième de Ligue 1? Voici pourquoi ce n'est pas un feu de paille

FOOTBALL Après trois succès d’affilée, le dernier samedi à Guingamp, Toulouse occupe le podium de Ligue 1. Il n’y restera sans doute pas jusqu’à la fin, mais peut espérer enfin vivre une belle saison…

Nicolas Stival

— 

Les joueurs du TFC ravis après leur succès à Guingamp (1-2), le 1er septembre 2018 en Ligue 1.
Les joueurs du TFC ravis après leur succès à Guingamp (1-2), le 1er septembre 2018 en Ligue 1. — F. Tanneau / AFP
  • Barragiste au printemps, le TFC semble avoir trouvé un nouveau souffle en rappelant Alain Casanova sur le banc.
  • Parfois séduisants, toujours solidaires, les Toulousains ont rapidement vu émerger des cadres dans un effectif très remanié cet été (sept arrivées, sept départs).

Bien sûr, cet article s’autodétruira à la fin du mois, si le TFC enchaîne une quatrième défaite de rang en Ligue 1 à Rennes. Bien entendu, il ne faut pas s’enflammer, même si la tentation guette chez l’habitué aux topinambours à l’eau qui découvre depuis quelques semaines un plat plus goûtu.

Ceci dit, le constat est celui-ci : après son naufrage initial à Marseille (4-0), le barragiste du printemps a signé trois victoires d’affilée contre Bordeaux (2-1) et Nîmes (1-0) au Stadium, puis à Guingamp (1-2), samedi.

Pas forcément des cadors, mais le jeu et l’état d’esprit des hommes d’Alain Casanova, actuels troisièmes de L1, laissent entrevoir des lendemains qui chantonnent, après des années passées à frôler la relégation. A confirmer lors de la prochaine sortie, un gros test face à Monaco, le 15 septembre au Stadium.

Déjà une belle maîtrise technique

Depuis le départ d’Oscar Trejo voici un an, le TFC était orphelin d’un maître à jouer. Il a sans doute trouvé l’héritier de l’Argentin avec Manu Garcia, milieu offensif de 20 ans prêté par Manchester City. Le jeune Espagnol monte en régime semaine après semaine. Son aisance balle au pied colle avec le jeu prôné par Alain Casanova depuis son retour cet été. Le technicien de 56 ans va bien finir par se débarrasser de l’étiquette d’entraîneur défensif scotché au survêt depuis sa première époque violette (2008-2015)…

A Guingamp, en l’absence de John Bostock (blessé) à la récupération, le technicien a choisi la formule offensive, en titularisant le virevoltant Jimmy Durmaz au détriment du plus prudent Yannick Cahuzac. C’est d’ailleurs à la suite d’un une-deux avec le Suédois que Garcia a superbement lancé Max-Alain Gradel pour l’ouverture du score. « Il faudra prendre du plaisir dans le jeu, avec l’équipe la mieux organisée possible », annonçait « Casa » fin juin. C’est en bonne voie.

Une solidarité nouvelle

Un déplacement chez une équipe aux abois, en quête de points ? Il n’y a pas si longtemps, c’était quasiment synonyme de défaite pour Toulouse. Pas samedi à Guingamp, toujours zéro point au compteur après le passage des Violets.

Séduisants pendant 25 minutes, au point de mener 2-0, ceux-ci ont ensuite plié mais résisté après l’expulsion du tout jeune Jean-Clair Todibo (18 ans), pour ramener au final un précieux succès. Une semaine plus tôt contre Nîmes, le TFC avait su passer outre les coups du sort (but refusé, premier penalty raté par Gradel) pour l’emporter grâce à un péno transformé par le même Gradel.

Des leaders qui se détachent

Encore impressionnant samedi, l’ancien gardien dijonnais Baptiste Reynet a déjà fait oublier Alban Lafont, parti à la Fiorentina. Après deux premières sorties laborieuses, Christopher Jullien s’affirme progressivement comme le patron de la défense, alors que le jeune Ibrahim Sangaré (20 ans), buteur à Guingamp, progresse à pas de géant dans l’entrejeu.

Nommé capitaine après le départ d’Issa Diop à West Ham, Gradel se pose en leader, dans le jeu comme dans le vestiaire, où Cahuzac, peu utilisé, est également une voix qui porte. En phase de reprise après près d’un an sans jouer, le défenseur ou milieu Stéphane Mbia (32 ans), ancien Rennais et Marseillais, doit également apporter toute son expérience.