Grenoble: «Le GF38 est clairement prêt pour aller en Ligue 2», estime son ancien défenseur Sandy Paillot

FOOTBALL Ex-défenseur central de Grenoble Foot de 2008 à 2011, Sandy Paillot (31 ans) livre à « 20 Minutes » son sentiment sur le club isérois, qui pourrait retrouver la Ligue 2 et le monde professionnel dimanche (18 heures) lors du barrage retour à Bourg-en-Bresse…

Propos recueillis par Jérémy Laugier
— 
Ici opposé à l'OL de Karim Benzema en janvier 2009, Sandy Paillot a disputé au total 60 matchs de L1 et L2, de 2008 à 2011, sous le maillot grenoblois.
Ici opposé à l'OL de Karim Benzema en janvier 2009, Sandy Paillot a disputé au total 60 matchs de L1 et L2, de 2008 à 2011, sous le maillot grenoblois. — LAURENT CIPRIANI/AP/SIPA
  • En mai 2008, le GF 38 accédait à la Ligue 1 avec dans ses rangs Sandy Paillot, un prometteur défenseur central formé à l’OL.
  • Dix ans plus tard, Sandy Paillot évolue à Cholet (National) et juge avec un œil particulier le possible retour du club grenoblois dans le monde professionnel.
  • Vainqueur (2-1) lors du barrage aller à huis clos au Stade des Alpes, le GF38 pourrait en effet retrouver la Ligue 2 dimanche (18 heures) en cas de bonne performance à Bourg-en-Bresse.

Il y a tout juste dix ans, Sandy Paillot profitait d’un prêt à Grenoble pour vivre l’une des plus belles émotions de sa carrière, à savoir une montée en Ligue 1 avec le GF38. L’actuel défenseur de Cholet (National), formé à l’OL aux côtés de Karim Benzema et Hatem Ben Arfa, garde un vrai lien avec le club isérois, où il a passé trois saisons et demie (entre L1 et L2). En cas de bon résultat, dimanche (18 heures) lors du barrage retour de Ligue 2 à Bourg-en-Bresse (succès 2-1 du GF38 à l’aller), Grenoble retrouvera le monde professionnel après une longue traversée du désert. Sandy Paillot (31 ans) se penche sur cette perspective pour 20 Minutes.

Même si vous avez posé beaucoup de problèmes au GF38 cette saison avec Cholet (0-2 et 1-1), estimez-vous que votre ancien club mérite d’accéder à la Ligue 2 ?

Oui, les Grenoblois sont clairement prêts pour aller en Ligue 2. Pour moi, malgré nos résultats contre eux, c’était l’équipe la plus solide du championnat. Je les voyais largement capables d’assurer une montée directe donc je suis surpris qu’ils aient besoin de passer par le barrage.

Quels sont les joueurs qui vous plaisent particulièrement dans leur effectif actuel ?

Grenoble a beaucoup recruté en Ligue 2, avec notamment Steven Pinto Borges (passé par Guingamp et Clermont), un milieu de terrain que j’aime beaucoup. J’ai joué avec Brice Maubleu, qui était le troisième gardien à l’époque au GF38, mais qui avait joué contre l’OL en L1 en 2010. J'ai aussi été formé à Lyon avec Nicolas Belvito (buteur lors du barrage aller contre Bourg-en-Bresse), qui est un très bon attaquant. Florian Sotoca devant et Éric Vandenabeele derrière, c’est du solide également. Ils sont vraiment armés pour aller plus haut, et c’est également le cas au niveau des structures du club.

On a l’impression que le GF38 a parfois du mal à bien négocier les rendez-vous majeurs de fin de saison, comme c’était déjà le cas en CFA avec plusieurs accessions manquées d’un rien…

Oui, il y a comme une petite poisse à Grenoble. Le club a du mal à gérer les événements avec pression. Je ne sais pas si c’est lié aux supporters, qui peuvent contribuer à cette pression car il y a un vrai engouement à Grenoble. En 2011, le GF38 a quitté le monde professionnel et cette ville et ce Stade des Alpes méritent de le retrouver.

Avec le recul, croyez-vous en cette malédiction du nouveau stade, qui a également pu frapper Le Mans ?

On a quand même vécu la montée de L2 à L1 dans ce stade (en 2008). Il nous a propulsés au meilleur niveau. En tout cas, c’était malheureux de déposer le bilan aussi rapidement (en 2011) après la construction d’une telle enceinte. C’était quelque chose, les matchs de Ligue 1 dans ce stade plein avec vue sur la Chartreuse et sa Bastille.

Vous faites référence à l’ambiance du Stade des Alpes. Les supporters se sont distingués avec un envahissement de terrain le 11 mai contre Sannois Saint-Gratien (2-3) qui a entraîné un regrettable huis clos lors du barrage aller…

Dans mes souvenirs, il y a toujours eu beaucoup de ferveur dès l’inauguration du Stade des Alpes (en février 2008), avec 20.000 spectateurs à chaque match. Les groupes de supporters étaient déjà à fond derrière le club mais on sentait qu’ils pouvaient être prêts à déborder un peu parfois…

Avez-vous senti dès la saison 2009-2010 en L1 que le club amorçait une chute sans fin ?

Vous n’allez pas le croire mais au départ, ça s’est joué à pas grand-chose. On perd les cinq premiers matchs sur des détails puis on explose contre Rennes à domicile (0-4) à la 6e journée. On était alors dernier avec zéro point et ce soir-là, il y a eu des bombes agricoles de la part de certains supporters. A partir de là, l’ambiance est devenue pesante au club. La crise financière a eu des répercussions sur l’investisseur japonais (Index Corporation) qui s’est peu à peu retiré du club, avant un dépôt de bilan en 2011 (et une relégation en CFA2 pour le GF38). Je serais vraiment ravi de revoir ce club au niveau professionnel.