Le stade Geoffroy-Guichard, ici en septembre 2015 lors d'un match entre l'ASSE et le FC Nantes.
Le stade Geoffroy-Guichard, ici en septembre 2015 lors d'un match entre l'ASSE et le FC Nantes. — Chaix et Morel Associes Saint-Etienne Métropole

FOOTBALL

«Un investisseur américain pourrait faire fructifier la marque ASSE», estime l’économiste du sport Pierre Rondeau

L’économiste du sport Pierre Rondeau décrypte pour « 20 Minutes » le profil du club stéphanois, dont le rachat par un investisseur américain se précise…

  • Dans un article paru dans « L’Equipe » vendredi dernier, Roland Romeyer a confirmé qu’il était optimiste pour une vente du club « le plus rapidement possible ».
  • L’économiste du sport Pierre Rondeau s’était justement penché pour « 20 Minutes » il y a un mois sur l’attractivité des Verts à l’étranger.

Dans les tuyaux depuis quelques semaines, le feuilleton du rachat de l’ASSE pourrait bientôt devenir très concret. « On y verra plus clair dans un mois », prévenait le 27 mars dans But ! le co-président des Verts Bernard Caïazzo. Même si le conseil de surveillance avait alors indiqué via un communiqué qu’il n’y avait « pas d’urgence », le sujet est plus que jamais à l’ordre du jour dans le Forez.

Dans un article paru dans « L’Equipe » vendredi, Roland Romeyer a confirmé qu’il était optimiste pour une vente du club « le plus rapidement possible ». Economiste du sport et auteur du livre Le Foot va-t-il exploser ? (éditions De l’Aube), Pierre Rondeau s’était confié il y a un mois à 20 Minutes sur cette perspective.

Pierre Rondeau est notamment professeur d'économie à la Sports Management School (SMS) sur le campus de Paris-La Défense.
Pierre Rondeau est notamment professeur d'économie à la Sports Management School (SMS) sur le campus de Paris-La Défense. - Etienne Thomas-Derevoge

L’ASSE ne semble pas extrêmement pressée dans sa recherche d’un investisseur. Est-ce vraiment le cas selon vous ?

Oui, l’ASSE n’a pas la contrainte d’un club dans le rouge. Ses finances sont saines. La logique est bien différente de ce qu’a pu connaître le PSG de Colony Capital ou l’OM de Margarita Louis-Dreyfus. Il n’y aura pas ici de panic market, de vente risquant d’être bradée à l’acheteur le plus rapide.

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Quel serait selon vous le prix logique pour un club comme l’ASSE ?

S’il est actuellement question d’environ 70 millions d’euros concernant le rachat des Girondins de Bordeaux, cela pourrait être la même chose si on prend en compte la ferveur de son public, son palmarès et sa cohérence sportive. Peut-être un peu moins car Bordeaux a l’avantage d’être une véritable marque, un vin connu à travers le monde entier. Saint-Etienne n’a pas un nom pouvant à ce point être bonifié.

Les Verts ne portent-ils pas une image du foot français d’antan, avec les poteaux carrés et leur musée, qui rend un achat difficile par un investisseur étranger ?

On peut le voir ainsi, mais toute cette mythologie stéphanoise peut être intéressante pour un investisseur. Je ne l’imagine pas imposer un modèle économique ultramoderne. Les Américains adorent par exemple le cliché « franchouillard », le pâté et le camembert (sourire). Ils pourraient donc faire fructifier la marque ASSE grâce à toute son histoire.

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Cette ferveur des supporters est-elle uniquement un avantage, au vu des débordements cette saison ?

Ce sera quitte ou double en fonction des résultats. Il faut savoir qu’un investisseur a conscience de ce contexte lorsqu’il effectue de long en large son étude du terrain. Mais c’est certain que je vois mal des investisseurs chinois, émiratis ou saoudiens devoir gérer des problématiques d’ultras et de fumigènes comme ça peut être le cas à Saint-Etienne. Actuellement, comme pour Bordeaux, la Ligue 1 a surtout l’air d’avoir la cote outre-Atlantique et ça serait pour moi une piste bénéfique.