« Complètement déconnecté de la réalité » : En pleine canicule, le décor du défilé Louis Vuitton fait des vagues
Louis Vuitton a présenté mardi soir sa collection masculine printemps-été 2027 dans un décor grandiose, ponctué d’une immense cascade, qui a fait un tollé sur les réseaux sociauxChristelle Pellissier
L'essentiel
- La maison Louis Vuitton a présenté sa collection masculine printemps-été 2027 mardi à Paris, en plein épisode caniculaire.
- Le décor du défilé représentait « une ode à la communauté du surf », avec plage et gigantesque cascade d’eau.
- Un choix qui a fait polémique, certains internautes reprochant à la maison de luxe indécence et « scandale écologique ».
Pharrell Williams et Louis Vuitton prennent l’eau. Alors que la France fait face à des températures extrêmes et enchaîne les records de chaleur, la maison de luxe française a misé sur des trombes d’eau comme toile de fond de son défilé homme printemps-été 2027. Un choix que n’a pas digéré le commun des mortels, qui subit de plein fouet depuis plusieurs jours les nombreux désagréments de cette chaleur étouffante.
Directeur créatif de l’homme chez Louis Vuitton, Pharrell Williams a choisi de transformer les jardins de la Cité internationale universitaire de Paris en une plage grandeur nature. Un décor qui n’a rien d’inédit - Karl Lagerfeld a fait une proposition similaire au Grand Palais en 2018 - mais qui ne passe pas en plein épisode caniculaire. Pour cause, Pharrell Williams ne s’est pas contenté de quelques grains de sable et d’une flaque d’eau, il a opté pour la plus grosse vague possible, stylisée en cascade.
« Quelle honte », « un scandale écologique »
Le choix est étonnant, tandis que les Français étouffent, tentant de se réfugier dans des cinémas ou des musées pour se rafraîchir, voire de recourir à la moindre astuce pour ne pas trop souffrir de la chaleur. Privés de leur Grande Pelouse, les étudiants de la Cité universitaire n’ont pas avalé la pilule. Et sur les réseaux sociaux, les critiques sont tout sauf dithyrambiques. « Quelle honte d’installer ce décor sur un espace vert fréquenté par des étudiants qui subissent une vague de chaleur et de gaspiller gratuitement autant d’eau publique », peut-on lire sous les clichés du show postés par la marque sur Instagram. « La ville brûle. Transformer l’espace public en un spectacle luxueux de cascades semble complètement déconnecté de la réalité », s’agace un internaute.
Certains ironisent sur les quantités d’eau utilisées pour ce décor spectaculaire : « J’imagine que les restrictions d’eau ne concernent que le reste de la France », indique une internaute. Mais beaucoup se disent choqués par « l’indécence », le « scandale écologique », qu’induit cette scénographie. « L’impression que ça donne : le confort climatique est un luxe, privatisons les jardins publics pendant que tout le monde étouffe chez soi, gaspillons l’eau, réchauffons l’atmosphère et détruisons la planète pour vendre des sacs et des valises », dénonce un internaute. Et de conclure : « Avez-vous conscience du message que vous transmettez ? Vous ne vendez pas un rêve, vous vendez une dystopie ».
« Une ode à la communauté du surf »
Une question de timing ? C’est ce que certains internautes avancent pour défendre la maison de luxe. Après tout, si le défilé avait eu lieu quinze jours plus tôt, le bad buzz aurait-il été aussi puissant ? Lorsqu’elle a présenté son décor sur les réseaux sociaux, Louis Vuitton a simplement légendé : « Faire des vagues. Telle une ode à la communauté du surf, une vague déferlante sert de toile de fond au défilé printemps-été 2027 de Pharrell ». Une partie de l’objectif est remplie, la marque du groupe LVMH a bien fait des vagues. Et ce, même si tout le monde n’y voit pas (vraiment) un problème.
Notre rubrique PlanèteNombre d’internautes ont simplement salué ce « décor époustouflant », ainsi qu’une collection pensée pour le surfeur autant que pour le dandy moderne désormais indissociable de Pharrell Williams. Sans compter sur la ribambelle de prestigieux invités, de Victor Wembanyama à Missy Elliott en passant par Léon Marchand et Lola Young. Un défilé « rafraîchissant » ont estimé certains d’entre eux, tandis que d’autres semblent ne pas comprendre une telle polémique : « C’est juste de l’eau… On s’en fiche, non ? ». Allez, plus que quatre jours avant de la fin de la… Fashion Week.


















