Attaquée par deux bactérie, la pelouse du Stadium a dû être remplacée à la fin de l'été...
Attaquée par deux bactérie, la pelouse du Stadium a dû être remplacée à la fin de l'été... — PASCAL PAVANI / AFP PHOTO / AFP

FOOTBALL

Ligue 1: Temps pourri, champignons, bactéries... Les pelouses souffrent depuis le début de la saison

Deux bactéries mettent la misère à certaines pelouses de Ligue 1 depuis plusieurs semaines...

Vous n’avez pas pu le manquer. Attaquées par champignons et bactéries, certaines pelouses de Ligue 1, celles du Stadium (Toulouse), du Stade Matmut-Atlantique (Girondins de Bordeaux) et de Furiani (Bastia) en particulier, se sont transformées en champs de patates pendant l’été. Pas très pratique pour jouer au football.

Mais comment en est-on arrivé là, et jusqu’à quand nos prés seront sous la menace de ces super-champignons, qui ringardisent un peu plus nos terrains par rapport à leurs homologues de Premier League ?

Deux ennemis aux noms barbares

  • Les pythiums : Des champignons bien connus qui bouffent les jeunes plantes et se développent dans un environnement humide et chaud (lorsque les températures dépassent les 30°C le jour et ne retombent pas sous les 20°C la nuit). Rendent les terrains jaune pipi.
  • Le Xanthomonas Translucens (et son nom de super-méchant made in Marvel) : Il s’attaque aux semences, se propage par l’eau ainsi que les pucerons et semble plus agressif que le pythium.

Pourquoi maintenant, pourquoi cette année ?

On a posé la question à un expert d’un des plus grands pourvoyeurs de gazon de notre Ligue 1 (et qui a tenu à rester anonyme).

« Il y a eu une énorme vague de chaleur tardive qui a fait suite à un épisode de très fortes pluies et de fraîcheur. Cela a affaibli les gazons, qui sont pour la plupart des graminées d’hiver, et créé un terrain propice à l’attaque de pythiums opportunistes. J’en ai pour preuve que le blé, également de la famille des graminées, a connu d’énormes pertes cet été pour des raisons similaires. D’autre part, j’ai entendu dire que l’Euro y était pour quelque chose, mais cela n’a rien à voir. Il n’y a qu’à voir le dernier match du Bayern Munich à domicile, ou certaines pelouses de Liga, pour comprendre que le phénomène est plus vaste. »

Effectivement, c'est pas trop ça, la pelouse de l'Allianz Arena (17 sept 2016)
Effectivement, c'est pas trop ça, la pelouse de l'Allianz Arena (17 sept 2016) - GUENTER SCHIFFMANN / AFP

 

Comment ont réagi les clubs face à ces « agressions » ?

  • A Toulouse : Les dirigeants ont purement et simplement décidé de changer de pelouse (alors qu’elle était quasi neuve) et une partie du substrat pour faire face à l’attaque du Xanthomonas Translucens. C’est vraiment pas de bol, d’autant que les jardiniers toulousains avaient réussi à endiguer la progression du pythium juste avant.
  • A Bordeaux et Bastia : A priori, pas de traces de la bactérie qui a eu raison de la pelouse du Stadium. Du coup, au Stade Matmut-Atlantique et à Furiani, on s’est contenté de traiter les parcelles de terrain touchées par le pythium. La situation est sous contrôle même si la pelouse n’est pas encore magnifique.
  • A Lyon : A l’occasion de la venue du Stade Toulousain au Matmut Stadium lors de la 5e journée de Top 14, le LOU (oui, on parle de rugby) a joué la sécurité en posant deux bacs avec un produit désinfectant, par lequel chaque personne habilitée à fouler le terrain était sommée de passer. L’idée ? Empêcher la propagation du pythium et/ou du Xanthomonas Translucens.

Qu’est-ce qu’on fait (ou ne fait-on pas) pour que cette épidémie cesse ?

Mettre du Roundup ? Surtout pas. A Toulouse, les responsables ont justement décidé de changer la pelouse pour « éviter des thérapies à répétition aux résultats incertains. C’est une décision difficile pour les équipes qui ont fait leur maximum », a expliqué Romuald Pagnucco, l’élu en charge du Stadium, à Côté Toulouse. Le risque n’étant pas tant que cela ne marche pas, mais que « la programmation des semaines et mois à venir au Stadium » soit « mise en péril », comme l’a justifié la ville rose dans un communiqué.

Du coup, la meilleure solution est encore d’attendre « en espérant que les températures continuent de baisser jusqu’à se stabiliser autour des 20 degrés », nous dit notre expert masqué. Bref, il faut prier. « Si le froid revient prématurément et sans période de transition, il n’est pas dit que nos pelouses aient le temps de récupérer de cet épisode difficile », ajoute-t-il. Et là, on serait face à un scénario catastrophe.

Comment éviter que cela se reproduise ?

Le mot de la fin est pour l’expert anonyme.

« On a remarqué que les parcelles de pelouse protégées des rayons solaires par les tribunes n’étaient pas atteintes par les attaques de pythiums. Il faut donc couvrir les pelouses sans les étouffer. On peut imaginer des voiles… Ce n’est pas quelque chose de très compliqué à mettre en place. On se pose souvent la question de l’état des pelouses en hiver, mais maintenant, avec le réchauffement climatique, il faudra se pencher sur le problème de l’été. »