Formule 1 : « Un peu comme la rentrée des classes », les présentations des nouvelles voitures de plus en plus suivies
Préambule•La révélation des livrées des écuries de Formule 1 marque le début de cette saison 2023, plus qu’elle ne revêt de véritables intérêtsAdrien Max
L'essentiel
- La saison 2023 de Formule 1 revient le 5 mars prochain, avec le Grand Prix de Barhein, première course de l’année.
- Avant les premiers essais hivernaux, les écuries dévoilent leur nouvelle livrée pour cette saison.
- Un rendez-vous très suivi par les fans de la Formule 1, parce qu’il marque le premier temps fort de la saison après plus de trois mois d’arrêt, plus que par son intérêt en lui-même.
Les mimosas et leurs pompons jaunes, les hirondelles et leur chant, les écuries de Formule 1 et leur nouvelle livrée. Chacun son marqueur pour voir l’hiver s’effacer au profit du printemps, et pour les fans de F1 celui-ci prend la forme des « reveals », ces rendez-vous en grande pompe pour présenter la nouvelle monoplace de la future saison.
« C’est un peu comme la rentrée des classes, avec Dylan qui vient avec son nouveau sac à dos. Là, tout le monde arrive avec une nouvelle voiture, c’est un peu la répétition générale avant de rentrer dans le vif du sujet », considère Pearja, qui streame les présentations des différentes écuries sur sa chaîne Twitch. Pour Alexandre, 29 ans et fan de Formule 1 depuis plus de vingt ans, ces événements « sont une vraie excitation après des mois d’attente ». C’est vrai qu’après 22 Grand Prix engloutis entre mars et novembre, la diète de plus de quatre mois imposée aux fans de F1 semble interminable.
« Comme la présentation des nouveaux maillots de foot »
Ce qui explique, entre autres, l’importance prise par ces rendez-vous. Ils s’insèrent aussi dans la volonté de Liberty Media, le promoteur américain de la discipline, de proposer toujours plus de spectacle. Nicolas, qui suit la F1 depuis 1998, avant une période de creux pendant la domination de Lewis Hamilton, n’est pas un grand fan de ces rendez-vous : « A mon époque, il n’y avait pas les réseaux sociaux. Je suis né en 1990, je regarde la F1 depuis longtemps et il n’y avait pas ce délire événementiel à montrer la nouvelle livrée. Tu avais la qualif et le Grand Prix, et basta. » Mais les temps ont changé, et la F1 s’est mise à l’heure du show à la mode américaine, avec la série Netflix, Drive to Survive, ou le futur Grand Prix de Las Vegas, en novembre prochain. « Ça rejoint l’engouement général pour la F1, la scène grandit de plus en plus avec l’apparition de nouveaux fans, drainés par l’engouement suscité sur les réseaux sociaux », estime le streameur.
Avec comme principal intérêt pour ces présentations de nouvelles livrées, une attention toute particulière à l’esthétisme et au design de la nouvelle voiture. « Ça intéresse les gens, un peu comme la présentation des nouveaux maillots dans le foot. Pour voir s’ils changent quelques trucs, surtout quand il y a des changements de sponsors », compare Pearja. « Ça permet de voir la hype pour certaines écuries avec leurs nouveaux pilotes. C’est une première étape pour voir comment se situer sur la saison, comment la saison peut se dérouler », considère Alexandre.
« Présenter la même voiture depuis sept ans, je ne suis franchement pas convaincu »
Mais les gros changements, comme le passage de Force India à Racing Point puis à Aston Martin, celui de Renault à Alpine, ou la livrée Black Live Matters de Mercedes, l’une des plus belles de l’histoire selon le vote des fans, restent rares. Cette année, c’est surtout Haas, et Alfa Roméo, avec leur dominante noire – une constante chez toutes les écuries pour réduire le poids de leur voiture grâce au carbone –, qui ont le plus surpris, et Alpha Tauri et leur présentation léchée. On peut aussi citer la présentation de Ferrari, mardi, qui d’un point de vue purement esthétique de la monoplace n’a pas trop d’importance, mais la présence des tifosis, et les tours de piste de Charles Leclerc en ont fait un vrai événement. Contrairement à RedBull, et leur RB19 quasi similaire à la RB18.
« Quand tu vois le montage d’Alpha Tauri en mode trailer de film, avec leur délire de promouvoir leur marque de vêtement, ça vaut le coup. Quand tu vois un mec parler 20 minutes, personnellement ce n’est pas mon kif. Pour moi ces "reveals" doivent revêtir un intérêt, mais quand RedBull fait un événement pour présenter la même voiture depuis sept ans, je ne suis franchement pas convaincu », contrebalance Nicolas.
Modèle 3D
De la déception, aussi, pour les plus puristes qui guettent l’apparition d’un nouvel appendice aérodynamique, ou une évolution technique qui pourrait permettre à une monoplace de dominer le plateau. Mais les écuries préfèrent souvent se prémunir d’éventuelles copies des concurrents, que de réellement gâter leur public. « Parfois, les écuries présentent un modèle 3D, qui n’est même pas la vraie voiture », regrette Nicolas.
Il attend néanmoins avec excitation la présentation de Mercedes et surtout d’Alpine, comme Pearja et Alexandre. Après « pas mal de changements entre la livrée 2021 et celle de 2022 », Alexandre en attend de nouveaux, quand Pearja s’y intéresse pour la « communauté française ». Nicolas espère, lui, « voir les couleurs de la France, avec un duo de pilote français et une écurie française ». Réponse ce jeudi, avec la présentation de la nouvelle A523 par Alpine, au lendemain de celle de Mercedes prévue ce mercredi. Les deux dernières écuries à ne pas avoir dévoilé leur nouvelle machine pour cette saison 2023, qui est donc officieusement lancée.



















