Tour de France 2025 : Quelles quêtes annexes pour vibrer en troisième semaine maintenant que Pogacar a tué le suspense ?
grande boucle•Tadej Pogacar est parti pour priver le Tour de France de suspense jusqu’au bout. Pour vibrer, il faudra viser plus bas, avec le top 10 de Vauquelin et le maillot à pois de Lenny Martinez. Entre autresWilliam Pereira
L'essentiel
- Tadej Pogacar domine le Tour de France 2025 avec plus de quatre minutes d’avance sur Jonas Vingegaard à l’aube de la troisième semaine. Autrement dit : pour le suspense, il faudra voir ailleurs.
- Moins palpitants sur le papier, les enjeux secondaires ont le mérite d’offrir une concurrence à Tadej Pogacar qui vise également les maillots à pois et verts, portés à l'aube de ces derniers jours par Lenny Martinez et Jonathan Milan.
- Il faudra également suivre avec attention la fin de Tour de Kévin Vauquelin, actuellement dans le Top 5 du classement général, et de Jordan Jegat, aux portes du top 10. Et croiser les doigts pour que tombe du ciel une victoire française afin de chasser le spectre des disettes de 1926 et 1999.
Les chiffres sont ce qu’ils sont. Plus de quatre minutes d’écart entre le maillot jaune du Tour de France, Tadej Pogacar, et son dauphin Jonas Vingegaard à l’aube de la troisième semaine, et le sentiment que l’abysse continuera de grandir aussi longtemps que durera cette course. Il y aura toujours des candides pour attendre le « jour sans » du Slovène comme le messie, quelque part entre le col du Glandon et la Plagne, soit jeudi, soit vendredi, crucifié par Vingo star, l’homme des troisièmes semaines. Mais la majorité du public, comme une bonne partie du peloton, a déjà tourné la page du classement général.
« Ça fait quelques mois, quelques années qu’on vit ça, on s’y attendait, c’est comme ça, dans chaque sport, il y a un numéro mondial, qui est au-dessus des autres, et là c’est Pogacar », se résignait ainsi Romain Grégoire (Groupama-FDJ) au soir de la victoire du cannibale de Komenda à Mûr-de-Bretagne, le 11 juillet.
Alors quoi ? Il reste une semaine et six étapes, les plus belles sur le papier, de sucroit. L’ascension du mont Ventoux ce mardi donne le coup d’envoi d’un triptyque montagnard sponsorisé par l’acide lactique, seulement interrompu part une étape de plat, mercredi. Hors de question, dès lors, de traverser cela sans enthousiasme ni carotte au bout. Si, si, c’est possible de vibrer, moyennant des ambitions à la baisse et un peu de créativité.
Lenny Martinez (maillot à pois) et Jonathan Milan (maillot vert) pour empêcher Pogacar de rafler tous les maillots
Pogacar le vorace a de la place pour plusieurs maillots dans son estomac. Il est plus que probable que les pois du classement de la montagne quittent Lenny Martinez en haut du Mont Ventoux, ce mardi, où seront attribués les seuls 20 points de la journée. Le Français n’en compte que huit d’avance sur Pogi (60 contre 52), et les défendre sur une arrivée au sommet relève de l’impossible. C'est aussi le sentiment partagé par le jeune grimpeur : « On reprend avec le Ventoux, c'est un bon souvenir pour moi mais je ne sais pas si l'échappée pourra aller au bout et si c'est intéressant que j'y aille. Il y a quand même des chances que ça se joue entre les coureurs du général. »
On imagine mal une grande échappée se former sur le plat et priver les favoris d’une victoire, d’autant plus que les coéquipiers du maillot vert Jonathan Milan devraient chercher à verrouiller les deux premiers tiers de la course pour disputer les 20 points du sprint intermédiaire de Châteauneuf-du-Pape. « Le classement par points est l’un des objectifs que nous nous sommes fixés en arrivant au Tour, déclarait lundi le DS de Lidl-Trek, Steven de Jongh. Nous nous battrons pour les sprints intermédiaires, mais nous ne changerons pas notre style de course. »
Si Milan venait à remporter le sprint intermédiaire et Pogacar l’étape, les deux hommes se neutraliseraient et remporteraient 20 points chacun. Le sprinteur aura ensuite deux précieuses cartouches à rentrer sur l’étape de mercredi entre Bollène et Valence (avant-dernière étape de plat, 70 points distribués), tout en priant pour que le leader d’UAE n’en ramasse pas trop sur les étapes reines. « Ça sera très difficile de se battre pour le maillot vert », conclut de Jongh. Mais pas plus dur que la quête de pois de Lenny Martinez.
Pour sortir des Alpes avec le maillot à pois, Martinez devra…
Etre archi performant jeudi et vendredi. En partant du principe que les 40 points du col de la Loze (20 points doublés pour le souvenir Henri Desgranges) iront au Slovène, le Français devra forcément passer en tête des cols hors catégorie du Glandon, de la Madeleine (étape 18), auquel il faudra ajouter a minima le col HC du Pré (étape 19) si Pogacar s’impose comme prévu mardi sur le Ventoux, et le col des saisies (1ère catégorie) histoire de se donner de l’air. Plus facile à dire qu’à faire.
Kévin Vauquelin et un autre Français dans le top 10 ?
Le numéro un français est parti pour réussir son pari de jouer le général à fond « histoire de voir ». Actuel 5e et premier coureur au-dessus des 10 minutes de retard sur Tadej Pogacar, le Français est menacé par Primoz Roglic (13 secondes), rompu à l’exercice de la troisième semaine. Le top 5 paraît trop difficile à accrocher, mais ses huit minutes de marge sur l'ex-maillot jaune Ben Healy incitent à l’optimisme pour ce qui est de voir le leader d’Arkea dans le top 10 de la Grande Boucle sur les Champs-Elysées, à condition de ne pas exploser sur les pentes alpestres. Une bonne nouvelle pour son équipe, en quête de sponsors.
Cerise sur le gâteau, un second Français frappe à la porte du top 10 : Jordan Jegat. La constance du grimpeur de TotalEnergies l’a porté à la 11e place du général, à une minute d’Healy. L’Irlandais n’est pas un peintre en montagne, loin de là, mais il a eu une importante débauche d’énergie dans la première moitié du ce Tour. Neuvième, l’Espagnol Carlos Rodriguez est également dans les mêmes temps que Ben Healy et très loin d’être intouchable. Et si ça souriait à Jegat ? Le Français y croyait, lundi, pendant la journée de repos :
« « Souvent, on me dit que je devrais me relever et viser une victoire d’étape. Mais à la fin du Tour, on fera les comptes. On verra qui a gagné des étapes. C’est sûr que c’est plus accessible. Il faudra compter le nombre de victoires d’étapes autres que celles de Pogacar, autres que les sprints. C’est sûr que si tu veux au moins manger une part du gâteau, un Top 10, c’est très dur à aller chercher, mais au moins, tu es sûr d’avoir quelque chose. » »
Une victoire française, quand même, siouplaît ?
Tout ça, c’est bien sympa, mais le Tour de France 2025 des coureurs français est quand même sacrément dégueulasse si l’on met de côté les trois noms cités plus haut. Et si l’on peut souhaiter à Julian Alaphilippe de lever les bras au ciel pour une vraie victoire d’ici la fin du Tour - sur les Champs, ça pourrait être sympa - remercions l’ancien champion du monde d’avoir offert à la France son premier podium dans cette édition. Voilà 27 étapes, depuis Anthony Turgis sur les chemins blancs l'an dernier, qu’un coureur tricolore n’a plus décroché de victoire sur la plus belle course du monde. Ça fait long.
« La France, une énorme nation de vélo, qui a l’habitude de briller, elle ne peut pas se contenter de ces résultats, ce n’est pas possible, pestait l’ancien coureur Jérôme Pineau au micro de RMC Sport. On ne peut pas s’en satisfaire, on n’a pas le droit ! » Pourtant, à six étapes de l’arrivée, le cyclisme national est sur le point d’ajouter une troisième ligne maudite à son palmarès, après 1926 et 1999. Ne perdons pas espoir, une victoire tricolore peut surgir même quand on ne l'attend plus, comme en 2022.
Le combat de la Cofidis pour ne pas finir lanterne rouge du classement des primes
Parce qu’il n’y a pas de petite victoire, de petite défaite en l’occurrence, nous garderons un œil attentif au classement des primes par équipes, plus connu sous le nom de « classement des pépètes ». Cofidis est pour le moment avant-dernière mais ne devance Israel - Premier Tech que de 110 euros. Ça sera chaud jusqu’au bout !
Auraient également pu être cités : le duel Onley-Lipowitz pour le maillot blanc, les nouvelles stratégies foireuses de Movistar, les « NOT NORMAL » d’Antoine Vayer sur X à chaque ascension de Pogacar dans les Alpes…



















