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Comment Alaphilippe a-t-il pu croire qu’il avait gagné à Carcassonne ?

Tour de France 2025 : « Comme un con »… Comment Julian Alaphilippe a-t-il pu croire qu’il avait gagné cette 15e étape ?

Oh la boulettePremier coureur français sur le podium d’une étape du Tour de France 2025, ce dimanche à Carcassonne, Julian Alaphilippe a étrangement levé les bras après sa troisième place au sprint. Car il ignorait l’arrivée de Wellens puis Campenaerts bien avant
Jérémy Laugier

Jérémy Laugier

L'essentiel

  • Julian Alaphilippe a terminé troisième de la 15e étape du Tour de France entre Muret et Carcassonne, ce dimanche. En devançant d’un rien le Belge Wout Van Aert au sprint, le coureur français de 33 ans a levé les bras… comme s’il avait remporté l’étape !
  • La recrue de l’été 2024 chez l’équipe suisse Tudor a reconnu avoir imaginé sa victoire d’étape, n’étant pas du tout au courant que Tim Wellens avait franchi la ligne 1'36'' plus tôt, suivi de son compatriote Victor Campenaerts. Sa radio lui permettant de communiquer avec son équipe s’était en effet cassée après sa grosse chute du jour.
  • « Comme un con, j’ai fait le meilleur sprint possible en pensant à la victoire d’étape », a glissé l’intéressé, qui s’est luxé l’épaule gauche après 17 km avant de réussir une folle remontée (presque) à l’avant de la course.

Julian Alaphilippe a-t-il pris un malin plaisir à empêcher le triplé belge Wellens-Campenaerts-Van Aert, qui se dessinait ce dimanche sur la 15e étape du Tour de France à Carcassonne, à la veille de la fête nationale chez nos voisins ? Le doute était presque permis en voyant le coureur français jeter son vélo sur la ligne pour arracher la troisième place à Wout Van Aert, avant de serrer le poing et d’y aller d’un cri rageur. En pleine ère de surcommunication entre tous les coureurs et leur direction sportive via oreillettes et radios, il semblait impossible que la recrue de l’été 2024 chez Tudor ait songé un instant à la victoire d’étape.

Et pourtant… Le directeur général de l’équipe suisse Raphael Meyer a été le premier à se présenter devant les médias, au terme d’une journée marquée par la grave chute de Julian Alaphilippe après seulement 17 km. « Sa radio était cassée depuis la chute et on n’a jamais eu le temps de la remplacer, a-t-il indiqué. C’est pour ça qu’il a pensé qu’il était premier en franchissant la ligne. Qu’est-ce qu’on pouvait faire ? On lui a dit que c’était super de finir troisième. »

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Le précédent Philipsen à Calais en 2022

Un discours forcément inaudible pour un tel champion, qui pensait avoir enfin raflé cette 7e victoire d’étape sur la Grande Boucle qu’il vise plus que tout depuis quatre ans. « Malheureusement, ma radio ne marchait plus après ma chute, confirme le principal intéressé. Donc comme un con, j’ai fait le meilleur sprint possible en pensant à la victoire d’étape. Et voilà, j’ai levé les mains alors qu’il y avait des mecs devant… »

Une situation forcément burlesque qui rappelle la joie de courte durée du Belge Jasper Philipsen lors du Tour de France 2022. S’il avait lui aussi bien remporté son sprint à Calais, il avait zappé que son compatriote Wout Van Aert avait faussé compagnie à tout le monde pour s’imposer en solitaire quelques secondes plus tôt. Comme quoi c’est toujours en partie une histoire belge…

Alaphilippe n’a-t-il pas pris un bidon en 43 km ?

Sur Liège-Bastogne-Liège en 2020 puis la Flèche Brabançonne en mars dernier, notre « Loulou » national s’était déjà distingué en levant les bras trop tôt, avec des conséquences diverses pour ces boulettes. Mais ce dimanche, surtout au vu des faits de course (chute et blessure pour lui, échappées et contres incessants à l’avant de la course), il semble davantage être la victime que l’instigateur de cette erreur mi-grossière, mi-anachronique.

Wout Van Aert avait une question légitime pour son adversaire de sprint dimanche.
Wout Van Aert avait une question légitime pour son adversaire de sprint dimanche.  - Shutterstock/SIPA

Même sans radio opérationnelle, il est dur de concevoir que personne chez Tudor n’a alerté de vive voix Julian Alaphilippe sur la situation en tête de course lorsqu’il a récupéré un bidon d’eau auprès de sa voiture d’équipe dans les 43 derniers kilomètres de l’étape. C’est le moment, très loin de l’arrivée, qu’avait choisi Tim Wellens (UAE) pour s’envoler en solitaire vers la victoire finale, avec à Carcassonne 1'28'' d’avance sur Victor Campenaerts et 1'36'' d’avance sur le Français.

Un brin philosophe, Julian Alaphilippe (33 ans) a conclu au sujet de cet épisode : « Ça aurait pu mieux se terminer, mais j’aurais aussi pu rentrer à la maison. » Car sur sa grosse chute, le double champion du monde s’est luxé l’épaule gauche.

« Ça peut lui donner encore plus la grinta »

« Pour être honnête, dans les trente secondes qui ont suivi la chute, je pensais que c’était fini pour moi, a-t-il reconnu sur le plateau de France TV. Je me suis souvenu comment ils avaient fait à l’hôpital et j’ai réussi à remettre mon épaule en place. Ça a fait un gros clac et c’est revenu dans l’ordre. Après, ça a été un contre-la-montre pour revenir, je me suis battu parce que j’avais de bonnes jambes. »

Cette « journée un peu folle », particulièrement pour lui, s’est conclue par un examen radio satisfaisant : l’état de son épaule ne l’empêchera pas de prendre le départ vers le Mont Ventoux mardi, après la journée de repos. C’est bien là l’essentiel. Premier Français sur un podium d’une étape du Tour cet été, Julian Alaphilippe tient maintenant à éviter au cyclisme tricolore de finir bredouille d’ici aux Champs-Elysées dimanche prochain.

Notre dossier sur Julian Alaphilippe

Consultant pour France TV, l’ancien maillot jaune sur le Tour 2004 Thomas Voeckler a une prédiction : « Julian n’a pas du tout dû aimer cette sensation après la ligne d’arrivée aujourd’hui. Ça peut lui donner encore plus la grinta pour aller chercher une victoire d’étape pour de vrai, comme l’avait d’ailleurs fait Philipsen en 2022. » C’est tout le mal qu’on souhaite à Julian Alaphilippe, dont la séquence filmée ce dimanche par Eurosport, où il peste contre « les radios de merde » au sein de sa nouvelle équipe, nous aura autant fait vibrer que sa superbe 15e étape.