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Comment Vingegaard croit qu’il est encore possible de renverser Pogacar ?

Tour de France 2025 : Comment Jonas Vingegaard fait pour croire qu’il est encore possible de renverser Tadej Pogacar ?

jusqu’au boutTadej Pogacar a décroché sa quatrième étape du Tour de France ce vendredi, en remportant le chrono à l’altiport de Peyragudes
Antoine Huot de Saint Albin

Antoine Huot de Saint Albin

L'essentiel

  • Après sa victoire au contre-la-montre de Peyragudes, Tadej Pogacar a relégué encore plus loin Jonas Vingegaard au général et se dirige vers un quatrième sacre sur les Champs-Élysées.
  • Malgré les défaites successives, Vingegaard maintient ses espoirs en déclarant que « le Tour est loin d’être fini, il faut croire en nous, continuer à essayer, à peser sur la course », même si ses performances à son meilleur niveau restent insuffisantes face au Slovène.
  • « J’ai du mal à croire qu’il reverse la tendance, a assuré le Français Jordan Jegat sur Eurosport. Mais tout est possible, ils l’ont montré dans le passé. Même si ça semble de plus en plus compromis. »

On le sait bien, il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué. Mais, que voulez-vous, on a beau le savoir, les étals sont déjà prêts, les petits écriteaux nettoyés et les prix fixés. Il y a peu de risque qu’une meute d’ursidés vienne renverser tout ça. C’est certain, Tadej Pogacar va remporter, dans une grosse semaine, son quatrième Tour de France sur les Champs-Elysées.

Après avoir éparpillé Jonas Vingegaard à Hautacam, jeudi, le Slovène a remis une petite pièce dans la machine ce vendredi en remportant le contre-la-montre en haut de l’altiport de Peyragudes, après un contre-la-montre en côte où il n’a laissé d’espoir à personne. Une nouvelle démonstration de force qui a relégué le Danois à plus de quatre minutes. Et ne parlons pas du reste des troupes.

« Le Tour est loin d’être fini », assure Vingegaard

« Tout se passe bien, on a dépassé la moitié du Tour, c’est encore loin, mais si on continue de rouler comme ça et qu’on ne fait pas d’erreur, on peut être satisfait de cet écart, a sobrement commenté le Slovène à l’arrivée sur France 2. On voit au jour le jour, on reste concentrés pour garder le maillot jaune jusqu’à Paris. » Une sortie similaire à celle d’un joueur du PSG qui dirait à la 30e journée de Ligue 1 qu’il « faut prendre les matchs les uns après les autres, on fera les comptes à la fin ».

Les comptes sont pourtant déjà faits pour ce Tour de France et il paraît bien illusoire d’espérer que Vingegaard ne vienne tout renverser en une semaine. Pourtant, et c’est le plus fou, malgré les uppercuts successifs reçus en pleine poire, le Danois y croit encore. « Le Tour est loin d’être fini, il faut croire en nous, continuer à essayer, à peser sur la course, a-t-il assuré sur Eurosport. Toute l’équipe est très forte, il va falloir le montrer les prochains jours. »

Alors technique de l’autruche, ou réelle croyance en ses chances ? Le Danois estime que s’il a perdu beaucoup de temps (lors du premier contre-la-montre et sur l’étape d’Hautacam), c’est surtout en raison de deux journées sans, celles qui vous coupent les jambes et font défiler les secondes. « Normalement, je n’en ai pas. J’espère ne plus en avoir, a-t-il confié. Je crois toujours en moi, en mon niveau, aujourd’hui (vendredi) c’est revenu à la normale. »

Même à son meilleur niveau, Vingegaard est derrière

Sauf que « la normale », lors de ce chrono en montagne, c’est quand même prendre près de quarante secondes en dix kilomètres sur l’homme qui ne veut rien laisser. C’est terminer encore une fois derrière alors qu’on livre la performance de sa vie, au point de doubler Remco Evenepoel, pourtant parti deux minutes avant sur le dernier rempart à près de 16 %. Alors, croire en soi, c’est bien, mais être réaliste, n’est-ce pas mieux ?

« J’ai du mal à croire qu’il reverse la tendance, a assuré le Français de la Total-Direct Energie Jordan Jegat sur Eurosport. Mais tout est possible, ils l’ont montré dans le passé. Même si ça semble de plus en plus compromis, on l’a vu hier (jeudi), ils tentent des choses. » Tenter des choses, mais à quel prix ? Celui de voir toute une équipe exploser dès le premier un peu relevé après avoir tenté de lancer l’offensive ?

Si le fameux coup du Granon en 2022, qui avait permis à la Visma de faire exploser Pogacar après un mouvement de course d’une rare beauté, reste encore dans toutes les mémoires, celui-ci commence à dater. Et il fait davantage office de relique, aujourd’hui, que de plan possible à répéter, même si la 14e étape, samedi avec l’enchaînement Tourmalet, Aspin, Peyragudes, Superbagnères, pourrait servir de nouveau galop d’essai.

« Pas de pression » pour Pogacar

De nouveau et de dernier, surtout. Car si Pogacar et son équipe arrivent à encore prendre du temps sur Vingegaard, il faudra alors bien s’avouer vaincu, et cela même avec encore une grosse semaine de course, avec les Alpes, au programme. Le Slovène n’a désormais besoin que de gérer et, ô grand seigneur, on pourrait même le voir laisser les autres mortels se battre pour remporter une victoire d’étape.

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« L’équipe est là pour travailler pour garder le maillot jaune, a-t-il répondu après avoir été interrogé s’il visait une troisième victoire d’affilée samedi. S’ils se sentent bien pour aller chercher une victoire d’étape, on verra. Ça serait bien de gagner de nouveau, mais pas de pression. » Les habitués des échappées peuvent sabrer le champagne. Pour Jonas Vingegaard en revanche, il faudra peut-être tenter le tout pour le tout et espérer que, cette fois, la journée « sans » vienne toucher son meilleur ennemi. L’ours serait de retour.