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Mais pourquoi Vingegaard et la Visma ont attendu Pogacar après sa chute ?

Tour de France 2025 : Mais pourquoi Vingegaard et la Visma ont attendu Pogacar après sa chute ?

on veut du sangDans les derniers kilomètres de la 11e étape autour de Toulouse, Tadej Pogacar a chuté. Sans gravité et sans perte de temps
Antoine Huot de Saint Albin

Antoine Huot de Saint Albin

L'essentiel

  • Tadej Pogacar a chuté à 5 km de l’arrivée de la 11e étape du Tour de France à Toulouse, mais s’en est sorti sans blessure grave. « J’ai eu peur quand je suis parti en glissade et que j’ai vu le trottoir se rapprocher en y allant la tête la première. Heureusement que j’ai le cuir épais et que ça m’a freiné avant. »
  • Les autres favoris, menés par Jonas Vingegaard et le maillot jaune Ben Healy, ont décidé d’attendre Tadej Pogacar par respect, ce dernier les remerciant pour ce geste fair-play.
  • Alors, les Visma ont-ils raté une occasion, très moche certes, de gagner quelques secondes sur le triple vainqueur de la Grande boucle ?

Tadej Pogacar se préparait déjà sûrement à déverser son fiel sur toute la Visma-Lease a bike. A huit kilomètres de l’arrivée à Toulouse, ce mercredi, et à quelques mètres du sommet de la courte mais redoutable côte de Pech David, Jonas Vingegaard et Matteo Jorgenson ont osé attaquer le souverain slovène. Un coup d’épée dans l’eau ridicule, comme souvent, mais qui suffit pour agacer régulièrement le triple vainqueur du Tour de France.

« Ils étaient un peu énervants avec leurs attaques », confiait ainsi le champion du monde lundi, après l’étape accidentée, mais sans conséquence, dans le Massif Central. Mais les noms d’oiseaux et la colère de Pogi ont été ravalés très vite, à cinq kilomètres de la ligne où a été sacré Jonas Abrahamsen : alors que les attaques se succédaient dans le groupe des favoris, Tadej Pogacar s’est retrouvé les quatre fers en l’air, sans comprendre ce qui avait pu lui arriver.

En réalité, Pogi n’a pu échapper à la chute, provoquée par Tobias Johannesen, qui avait décidé de suivre une attaque et a coupé la route de son adversaire. « J’ai suivi le mouvement du peloton vers la droite et je pense que Pogacar était à la radio, a expliqué le malheureux à l’arrivée sur Eurosport. J’ai dit à Pogi que j’étais désolé après l’arrivée, mais il m’a dit "pas de soucis". Je suis désolé pour lui, je ne voulais pas qu’il y ait de chute. »

Pogacar a « eu peur »

Le Norvégien va pouvoir dormir sur ses deux oreilles et ne pas trop culpabiliser. Si le Slovène a eu le côté gauche râpé et la tête qui frôle le trottoir, il s’en est sorti sans gros bobos et avec une belle frayeur. « J’ai eu peur quand je suis parti en glissade et que j’ai vu le trottoir se rapprocher en y allant la tête la première, a-t-il confié. Heureusement que j’ai le cuir épais et que ça m’a freiné avant. » Et ça aussi freiné devant. Car la concurrence a décidé, grand seigneur, de ne pas profiter de ce fait de course pour continuer de rouler à bloc.

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« Quand j’ai entendu dans l’oreillette que Tadej était tombé, j’en ai parlé avec Jonas qui a tout de suite dit "on l’attend". C’est juste une question de respect entre coureurs », a rapporté le maillot jaune Ben Healy. Tout ce beau monde a donc décidé de couper son effort pour attendre le maître des lieux, le temps qu’il retrouve ses esprits, qu’un membre de l’organisation l’aide pour remettre sa chaîne et qu’il enfourne de nouveau son vélo pour revenir sur le groupe principal.

Tous les favoris sont donc arrivés dans le même temps à Toulouse, alors que Pogacar aurait pu perdre quelques secondes dans cette mésaventure. « La course était alors à peu près terminée, mais j’aurais pu perdre du temps, enfin peut-être pas, mais j’aurais certainement dû puiser profond pour les rattraper », a reconnu Tadej Pogacar, qui a tenu à remercier une nouvelle fois tout le monde pour ce beau geste.

Souvenez-vous Contador et Aru

Cette scène nous rappelle en tout cas Jan Ulrich qui attend Lance Armstrong, tombé après avoir percuté un spectateur dans la montée de Luz Ardiden en 2003, avant que l’Américain ne lui mette une mine dans la tronche, ou ce même Vingegaard qui ralentit après une chute de Pogacar dans la descente du col de Spandelles en 2022. Alors, le Danois, qui serrait encore la main de son adversaire lundi à la station du Mont Dore après une mini-bataille, est-il bien trop gentil et fair-play avec son bourreau ?

Jonas Vingegaard et la Visma-Lease a bike l’assurent : ils ont un plan pour battre Pogacar, notamment dans la haute montagne. Et, visiblement, profiter du malheur des autres et récupérer quelques précieuses secondes n’est pas écrit en lettres d’or dedans. Le Danois veut la jouer à la régulière et c’est tout à son honneur, mais le cyclisme a aussi de ses méchants garçons, celui qu’on a très envie de détester mais dont on admire la cruauté.

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Rappelez-vous du Tour de France 2017 où Fabio Aru décide d’attaquer juste après que Chris Froome a un problème technique avec son vélo. Rappelez-vous aussi du Tour de France 2010, où Alberto Contador se moque du saut de chaîne d’Andy Schlek dans la montée du Port de Balès pour finalement lui ravir le maillot jaune. « Je suis en colère, je n’aurais jamais fait ça, témoignait alors le Luxembourgeois. Il peut être nerveux pour les prochains jours. Je vais prendre ma revanche. » Et si, en fait, Jonas Vingegaard avait juste peur de se prendre un éclat par Tadej Pogacar dans les Pyrénées ?