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FOOTBALLLes Bleus à deux matchs du paradis, elle est pas belle la vie ?

France - Angleterre : Les Bleus à deux matchs du paradis, les Anglais à la maison, elle est pas belle la vie ?

FOOTBALLBallotée, dominée, parfois martyrisée, l'équipe de France a fait tomber l'Angleterre en quarts de finale de la Coupe du monde et n'est plus qu'à deux matchs de conserver son titre
Olivier Giroud a inscrit le but qui qualifie les Bleus pour les demi-finales de la Coupe du monde au Qatar.
Olivier Giroud a inscrit le but qui qualifie les Bleus pour les demi-finales de la Coupe du monde au Qatar. - FRANCK FIFE / AFP / AFP
Aymeric Le Gall

Aymeric Le Gall

L'essentiel

  • L’équipe de France de football s’est qualifiée samedi pour les demi-finales de la Coupe du monde au Qatar en venant à bout de l’Angleterre (2-1).
  • Ce match passionnant a notamment été marqué par la force collective qui se dégage de ces Bleus, bien lancés vers un incroyable doublé dans ce Mondial.
  • Le prochain défi sera de stopper mercredi (20 heures) le phénoménal parcours de la sélection du Maroc, qui a éliminé coup sur coup l'Espagne et le Portugal.

D'un de nos envoyés spéciaux à Al-Khor (Qatar),

On sera passé par toutes les émotions samedi soir mais, à l’arrivée, les Bleus ont réussi leur pari qu’ils s’étaient fixé, celui de ramener l’Angleterre à la maison et de se qualifier pour la deuxième fois en quatre ans dans le dernier carré de la Coupe du monde, avec vue dégagée sur la finale, sans manquer de respect à personne et surtout pas au Maroc.

Longtemps dominés, les hommes de Didier Deschamps sont parvenus une nouvelle fois à faire basculer le destin en leur faveur en tapant les Three Lions (2-1) grâce à des pions de Tchouaméni et Giroud. Ils rencontreront le Maroc mercredi pour une demi-finale aussi historique que totalement inattendue.



Les systèmes volent en éclat. On dira ce qu’on voudra mais le football n’est jamais aussi beau que quand les choses partent en sucettes, quand les plans patiemment travaillés tout au long de la semaine ne sont plus que de vagues souvenirs griffonnés par le sélectionneur sur le paper board du vestiaire, quand les joueurs, enfin, enclenchent le mode instinct pour ne plus rien calculer. C’est ce qui s’est passé samedi soir, dans la douceur d’un stade Al Bayt devenu soudain plus caliente, dès le coup d’envoi de la seconde période entre la France et l’Angleterre.

Car, jusque-là, on a vu ce qu’on avait prévu de voir. Une équipe anglaise bien organisée avec un Kyle Walker n’ayant d’yeux que pour Kylian Mbappé, et une équipe de France laissant volontiers le ballon à son adversaire pour mieux le cisailler dans les phases de transitions. C’est de cette manière qu’ils ont ouvert le score, d’ailleurs, après une récupération basse d’Upamecano, une remontée de balle de Mbappé et une finition des 25 mètres d’Aurélien Tchouaméni. Ce n’est qu’au retour des vestiaires, après que les hommes de Southgate ont enclenché la troisième, que ce quart de finale est entré dans la dimension des très grands matchs. Le penalty transformé par Harry Kane après une faute de Tchouaméni sur un Saka aux faux airs de Mbappé, y étant un peu pour quelque chose.

Cinq minutes de folie. On vous l’a dit, passé l’heure de jeu, exactement à la manière de l’épique Pays Bas-Argentine de la veille, ce match a basculé dans le suffoquant et l’irrationnel. D’abord, les Bleus n’ont dû leur salut qu’à une tête mal ajustée de Maguire, étrangement seul dans la surface après un coup de pied arrêté bien tapé, avant que ce ne soit un autre coup de boule, français celui-là, qui ne remette l’équipe de France sur la route des demies.

Une minute après avoir raté un but pas tout fait mais presque, avec ce tir à bout portant aux six mètres en plein sur Pickford, Olivier Giroud surgissait parfaitement plein axe pour claquer de la caboche un centre millimétré de Griezmann du pied gauche. Au ralenti, on comprendra que le ballon aurait connu un autre sort si l’épaule de Maguire n’était pas passée par là. Comme si le destin avait choisi son camp. Sensation confirmée quelques minutes plus tard en voyant Kane expédier un nouveau péno (au passage pas merci Théo Hernandez pour cette faute de sagouin sur Mount) très loin au-dessus de la barre de Lloris.

Un collectif qui survit à tout. A l’arrivée, non sans avoir encore claqué fessiers durant les huit interminables minutes d’arrêt de jeu, les Bleus de Didier Deschamps se retrouvent de nouveau dans le dernier carré d’une Coupe du monde. Ça en jette un peu, non ? Difficile en revanche de dire ce que vaut véritablement cette équipe sur le pur plan du jeu, tant elle a encore paru souffrir comme elle avait déjà pu le faire pendant plus d’une demi-heure face à la Pologne. Ce que l’on sait en revanche, c’est que cette équipe semble portée par une force collective et un mental en acier trempé qui la font repasser devant au moment ou l’on y croit peut-être le moins.

On sait aussi qu’elle a retrouvé un grand Hugo Lloris, impeccable et décisif à plusieurs reprises samedi soir, et il n’y a bien que la presse anglaise pour lui préférer Jordan Pickford, comme elle l’a laissé entendre la semaine précédant le match. Ajoutons enfin que Kylian Mbappé n’a pour une fois pas tiré toute la couverture à lui comme le monde l’avait annoncé en préambule. Ce qui est plutôt cohérent finalement tant cette équipe de France version 2022 paraît être frappée du sceau du collectif. Un collectif qui ne cesse de nous faire comprendre qu’il vit bien ensemble et qu’il sait où il veut aller. Messieurs, montrez-nous le chemin, on vous suit au bout du monde.

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