Pays de Galles - Angleterre : Les Bleus doivent-ils craindre les Three Lions en vue d’un éventuel quart ?

FOOTBALL L’Angleterre s’est facilement imposée contre une équipe galloise d’une faiblesse déprimante et confirme son statut de sérieux outsider

William Pereira
Les trois lions
Les trois lions — Frank Augstein/AP/SIPA

De notre envoyé spécial à Doha,

Très forts contre les faibles. Contre les forts, il faut encore attendre. L’Angleterre s’est imposé les doigts dans le nez contre des Gallois indignes du niveau Coupe du monde (3-0). Une stat pour résumer le niveau abyssal des vaincus : Gareth Bale n’a touché que sept ballons en 45 minutes, avant de sortir à la pause. Le reste, on n’ose même pas en parler. Mais parlons quand même de ce néant tactique, des approximations techniques dignes du National et de cette porosité défensive de passoire thermique.

On a passé toute la soirée à se demander ce que cette équipe galloise était venue faire au Qatar. Eventuellement du shopping. Il y a de quoi faire dans le grand Mall qui précède le stade Ahmad Bin Ali. Un ou deux polos bien cher, bien luxueux pour aller jouer au golf, c’est nickel ça, hein Gareth ? « On est déçu de ne pas toujours avoir montré notre vraie valeur (lors des trois matchs), regrette le sélectionneur gallois Robert Page. L’équipe le sait, je n’ai pas besoin de le lui dire. » Encore heureux.

Comme lors de son premier match face à des Iraniens distraits par le climat politique du pays, l’Angleterre a écrabouillé son adversaire pour dominer définitivement sa poule. Rashford (par deux fois) et Foden ont montré la voie à suivre vers les 8es de finale contre le Sénégal. Un adversaire sans doute plus redoutable que tout ce que les hommes de Garreth Southgate ont pu affronter jusqu’ici. Y compris les Etats-Unis, que l’Angleterre a eu beaucoup de mal à manœuvrer à l’occasion de son deuxième match de poule.

Southgate accepte le statut de favori contre le Sénégal

Mais les finalistes de l’Euro 2021 et demi-finalistes du Mondial 2018 n’ont peur de rien, pas même de leur statut de favori. Southgate : « J’ai vu jouer le Sénégal contre l’Iran (en amical) à Vienne. Je les ai bien observés. À partir de maintenant on va étudier leurs matchs. On connaît certains joueurs qui jouent dans de grands championnats et en Angleterre. On sait qu’on sera favori, on doit l’assumer, mais on joue contre une équipe très dangereuse. »


Pour arriver à ses fins, le sélectionneur peut compter sur la régularité de son équipe dans les grandes compétitions ainsi que sur Harry Maguire et ses percées offensives légendaires qui se terminent par des frappes du gauche en touche – oui, c’est vraiment arrivé. Plus sérieusement, Southgate doit se satisfaire du regain de forme de Marcus Rashford, redevenu aussi bon sur un terrain de football qu’il a pu l’être dans ses démarches caritatives. Ses deux buts mardi relèvent du pur génie : le coup franc est frappé à la perfection et son numéro de soliste sur le 3e pion nous a rendus nostalgiques du golazo de Javier Pastore contre Chelsea en 2014. On n’oublie pas qu’entre les deux, une inspiration géniale d’Harry Kane aura permis à Phil Foden de faire le break. Même si, là encore, on se demande si face à une vraie défense, ça serait passé. Au hasard, celle de l’équipe de France.

Rashford pense à la gagne

Non pas que nos Bleus, hypothétiques adversaires des Anglais en quarts de finale du Mondial, aient la meilleure défense de l’univers. Mais même avec quatre Varane sur une jambe en face, le trident offensif des Three Lions galérerait plus que devant la charnière Mepham-Rodon mardi soir. Notre arrogance innée de Français nous fait penser que tout ceci ne sera qu’une formalité, qu’il est impossible de perdre contre les Anglais et que ces derniers ont de toute façon montré trop de lacunes contre les Etats-Unis pour qu’il en soit autrement.

L’Angleterre a par ailleurs intérêt à se méfier du Sénégal avant de penser aux Bleus (qui eux-mêmes devront se méfier de leur futur adversaire). Même si à en croire Rashford, ils ont les yeux rivés au loin sur un objectif bien plus ambitieux. « Gagner des trophées est ce qui me rend le plus heureux sur le terrain, a déclaré Rashford, sorti sur blessure. Et je sens de l’ambition dans cette équipe. On a un bon mélange de qualités et un groupe qui vise vraiment la victoire finale dans ce tournoi. J’espère que nous arriverons à renouveler ce genre de prestation et à marquer des buts pour aller loin. » On n’y est pas encore, mais Didier Deschamps sait à quoi s’en tenir.