Coupe du monde 2022 : L’arbitre française Stéphanie Frappart va entrer dans l’histoire lors de Costa Rica-Allemagne

FOOTBALL L’arbitre tricolore de 38 ans sera, jeudi soir au Qatar, la première femme à arbitrer un match de Coupe du monde masculine de football, à l’occasion de Costa Rica-Allemagne

J.Lau. avec AFP
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Stéphanie Frappart était ici quatrième arbitre, le 22 novembre, lors du match entre le Mexique et la Pologne.
Stéphanie Frappart était ici quatrième arbitre, le 22 novembre, lors du match entre le Mexique et la Pologne. — Kieran McManus//SIPA

Stéphanie Frappart continue de collectionner les premières fois dans l’histoire du football. L’arbitre française sera en effet la première femme à arbitrer un match d’une Coupe du monde masculine, jeudi (20 heures) au stade al-Bayt d’Al Khor, entre l’Allemagne et le Costa Rica. Elle fait partie des trois femmes retenues parmi les 36 arbitres de champ de ce Mondial avec la Rwandaise Salima Mukansanga et la Japonaise Yoshimi Yamashita.

Cette annonce faite par la FIFA ce mardi soir est la suite logique d’une ascension fulgurante dans la carrière de Stéphanie Frappart (38 ans). Première femme arbitre en deuxième division française (2014), puis en Ligue 1 masculine (2019), en Supercoupe d’Europe (août 2019), en Ligue des champions (décembre 2020) et en finale de Coupe de France (7 mai 2022), elle continuera à écrire l’histoire jeudi au Qatar.

Présente sur la dernière édition du jeu vidéo FIFA

Désormais très bien ancrée dans le paysage français et européen de l’arbitrage, elle avait officié comme quatrième arbitre lors de deux rencontres de cette phase de groupes de la Coupe du monde 2022, à savoir Mexique-Pologne et Portugal-Ghana. Jusque-là, elle avait dû se contenter d’arbitrer des matchs de niveau mondial… sur le jeu vidéo FIFA, qui l’a intégrée à sa dernière édition. En attendant que la réalité ne rattrape le virtuel jeudi, pour une première historique.

« C’est un vrai plaisir et un honneur pour nous, les femmes, de travailler avec les hommes pour la réussite de la Coupe du monde », avait rapporté Salima Mukansanga au début de ce Mondial. « Elles enchaînent depuis plusieurs années les prestations de haut vol, a salué la légende de l’arbitrage, l’Italien Pierluigi Collina, à l’entame du tournoi. Pour nous, ce sont uniquement des arbitres officielles. Et c’est le message que je leur ai donné : elles ne sont pas ici parce qu’elles sont des femmes, elles sont ici parce qu’elles sont des arbitres de la FIFA », a ajouté le président de la Commission des arbitres de l’instance mondiale.




La pionnière Bibiana Steinhaus en Allemagne

« Leur désignation est le résultat d’un long processus entamé il y a plusieurs années, qui a commencé par la nomination de femmes pour certaines compétitions masculines seniors et de jeunes de la FIFA », a-t-il encore dit, en espérant « qu’à l’avenir la présence d’arbitres femmes lors de compétitions masculines de haut niveau sera considérée comme la règle plutôt que l’exception ».

Trouver une femme à la direction d’un match d’hommes au haut niveau est un phénomène récent et rare. Dans les grands championnats, la pionnière fut l’Allemande Bibiana Steinhaus, première arbitre en Bundesliga entre 2017 et 2021. En septembre 2017, au sifflet de Herta Berlin-Werder Brême, elle était devenue la première femme de l’histoire du football à diriger un match de 1re division professionnelle en Europe.

Un plan de professionnalisation des arbitres féminines

La présence de femmes à la direction de matchs reste exceptionnelle, même au niveau amateur. A titre d’exemple, en France, elles ne sont qu’un millier, soit 4 % du contingent des arbitres, selon des chiffres de la FFF. L’ascension de Stéphanie Frappart, qui a tout de même été confrontée à de nombreuses critiques pour certains matchs arbitrés en Ligue 1, est le couronnement d’une campagne lancée par la Fédération française de football (FFF) en janvier 2019, un plan de professionnalisation des arbitres féminines d’élite.

Ce dernier prévoit « une accentuation des moyens humains et matériels mis à la disposition des officielles féminines, un renforcement de leur préparation, ainsi qu’une évolution du dispositif d’indemnisation, afin de leur assurer les meilleures conditions d’exercice de l’arbitrage ».