Coupe du monde 2018: Est-on trop sévère avec l’équipe de France?

FOOTBALL C'est qu'il y a pas mal de choses à redire à chaque fois aussi...

Nicolas Camus

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Paul Pogba et Kylian Mbappé en grande conversation après la victoire de la France contre le Pérou en Coupe du monde, le 21 juin 2018.
Paul Pogba et Kylian Mbappé en grande conversation après la victoire de la France contre le Pérou en Coupe du monde, le 21 juin 2018. — FRANCK FIFE / AFP
  • L'équipe de France est déjà qualifiée pour les 8e de finale de la Coupe du monde grâce à ses deux victoires en deux matchs. 
  • Cela ne l'empêche pas d'échapper aux critiques sur le contenu de ses prestations. 
  • Les médias ne devraient-ils pas être davantage derrière les Bleus? Ce n'est pas la première fois qu'on ouvre ce débat. 

De notre envoyé spécial à Istra,

C’est un très vieux débat qu’on adore rouvrir tous les deux ans. Ou quatre. Ou plus, selon la santé de l’équipe nationale. Il n’est en réalité jamais vraiment clos, mais prend tout son sel lors des grandes compétitions internationales. Ces étés-là, c’est tout un pays qui se bagarre contre d’autres pays. Alors il faut être fort, tous ensemble. La menace venant de l’extérieur, ce serait dommage de se tirer dans les pattes entre fiers représentants de la nation, hein.

C’est en tout cas le traitement qu’aimeraient sûrement recevoir les joueurs de l’équipe de France de la part de la presse, après leurs deux victoires en deux matchs en ce début de Coupe du monde. On les comprend, ils sont déjà qualifiés pour les huitièmes de finale alors que d’autres gros sont en train de checker s’il y a des vols pas trop chers pour rentrer au pays, juste au cas où. Leurs adversaires étaient plutôt faibles ? Pas leur faute. Ils ont souffert plus qu’ils n’auraient dû ? Ce n’est que le début de la compétition.

Les observateurs devraient être contents, ou au moins reconnaissants, au lieu de faire remarquer que les Bleus tâtonnent niveau organisation tactique, qu’ils sont servis par le petit brin de chance qui va bien ou que Griezmann n’est pas très en jambes. Le public s’en émeut aussi, bien souvent. « Les médias français sont exigeants, très exigeants, estime Steven Nzonzi. Je ne sais pas si c’est la mentalité française qui fait ça. »

Notre tempérament de râleur est évidemment une gloriole nationale, mais cela n’a rien à voir. La presse se doit d’analyser ce qui va et ce qui ne va pas, si possible de manière objective. Le fait que le secteur ait beaucoup évolué ces dernières années, avec la multiplication des titres et des émissions de débat, a quand même un rôle. Les contenus se sont éditorialisés, la parole des consultants a pris du poids, et il y a toujours plus de choses à trouver à dire pour alimenter tout ça. Un poil trop dans l'excès, parfois.

« Si vous pouviez être un peu plus positif, ce serait cool »

Avant le match contre le Pérou, la question avait été posée frontalement à Raphaël Varane, qui a eu le malheur de se trouver là au lendemain du tweet de Paul Pogba sur les critiques dont il faisait l’objet. Est-ce qu’il est au courant que la presse n’est pas là pour être supportrice ? Le vice-capitaine des Bleus avait déminé, ajoutant tout de même pour conclure : « Si vous pouviez être un peu plus positif, ce serait cool ».

Chacun défend sa position, c’est normal. Dans ce débat, on a bien aimé la réponse d’Olivier Giroud, vendredi.

Bien sûr que vous êtes très exigeants. Mais c’est une bonne chose, parce que ça veut dire que l’équipe de France est pétrie de talent et qu’elle a les moyens de ses ambitions dans cette Coupe du monde. Vous êtes taquins et toujours derrière nous, mais on va compter sur vous pour nous encourager au fur et à mesure de la compétition.

C’est toujours la même histoire. Lors de l’Euro, la question était revenue avec force lors du premier tour, marqué par l’épisode du bras d’honneur de Pogba. Mais après la volée infligée à l’Islande en quarts et la première victoire depuis des lustres contre l’Allemagne en grand tournoi en demie, il ne restait plus beaucoup de rabat-joie. On dit ça, on dit rien.