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Les 5 énormes challenges qui attendent Victor Wembanyama cette saison

NBA : Victor Wembanyama doit encore changer de dimension, voici les 5 énormes challenges qui s’offrent à lui

nouveaux défis pour « Wemby »•A 22 ans, le pivot superstar des Spurs attaque la nuit prochaine sa quatrième saison NBA contre son grand rival du Thunder. « 20 Minutes » liste les cinq principaux axes de progression qui attendent le Français, finaliste malheureux en juin
Jérémy Laugier

Jérémy Laugier

L'essentiel

  • A 22 ans, Victor Wembanyama entame la nouvelle saison NBA avec un choc Spurs-OKC, dans la nuit de mardi à mercredi (3h30) au Frost Bank Center de San Antonio.
  • Au terme d’une saison bluffante sur le plan collectif, avec une qualification jusqu’en finales dès les premiers play-offs de la génération « Wemby » côté texan, le pivot français a encore des caps à passer.
  • 20 Minutes liste les challenges qui doivent animer le meilleur défenseur de la ligue en 2025-2026, quatre mois après le dénouement brutal des finales NBA perdues devant les New York Knicks (1-4).

On avait quitté Victor Wembanyama hypra frustré, il y a cinq mois, sous le maillot des Spurs. Son équipe avait compté des écarts significatifs sur chaque match des finales NBA contre les New York Knicks, avant de se faire irrémédiablement rouster dans les moments chauds par la bande à Jalen Brunson (1-4). « Wemby » a depuis opté pour des vacances (mais aussi du basket avec ses coéquipiers texans) en France, il a participé à des séances de rugby professionnel avec Provence Rugby, puis il a retrouvé les Bleus pour deux matchs qualificatifs (gagnés) en vue de la Coupe du monde 2027.

Discret durant toute cette période off, le phénomène de 22 ans et 2,24 m va lancer sa saison NBA dans la nuit de mardi à mercredi (3h30), en accueillant son grand rival à l’Ouest, Oklahoma City, à l’occasion d’un choc forcément très médiatisé. Ce Thunder du double MVP en titre Shai Gilgeous-Alexander et San Antonio devraient comme en 2025-2026 batailler au sommet de la Conférence Ouest, même si personne n’aurait prédit un tel scénario il y a un an. On a hâte de découvrir la nouvelle version de Victor Wembanyama, qui effectue chaque saison des ajustements significatifs dans son jeu. Voici cinq challenges sur lesquels 20 Minutes attend l'« Alien » de pied ferme.

Victor Wembanyama a retrouvé, tout sourire, les parquets NBA en ce mois d'octobre, avec plusieurs matchs de présaison afin de monter en puissance jusqu'à ce premier gros rendez-vous de la nuit contre OKC.
Victor Wembanyama a retrouvé, tout sourire, les parquets NBA en ce mois d'octobre, avec plusieurs matchs de présaison afin de monter en puissance jusqu'à ce premier gros rendez-vous de la nuit contre OKC. - E. Gay/AP/SIPA

Gagner un titre collectif, enfin

Alors oui, atteindre à seulement 22 ans des finales NBA en tant que leader d’équipe est une prouesse de précocité. Sauf que dans les livres d’histoire du basket, « Wemby » ne peut déjà plus rejoindre Michael Jordan sur l’une de ses stats les plus marquantes, à savoir ce ratio parfait (6/6) entre finales disputées et bagues de champion NBA remportées. Alors que des sondages viennent de fuiter au sujet de l’élection du futur MVP, pour laquelle 23 general managers (GM) de la ligue sur 30 font du jeune Français leur favori numéro 1, Victor Wembanyama devra avant tout rester obnubilé par l’objectif collectif.

Tout d’abord parce que le statut de vice-champion des Spurs sera bien plus difficile à porter que celui d’ex-cancre (13e sur 15 à l’Ouest en 2024-2025) prétendant au mieux à une qualif en play-offs/au play-in, à la précédente reprise NBA en octobre 2025. Ce jeune groupe est-il prêt à assumer cette nouvelle pression de « devoir » faire a minima aussi bien que la saison passée, et ce alors qu’aucune équipe n’a disputé deux finales consécutives depuis 2018 (Warriors et Cavs) ?

Et puis à titre personnel, le natif du Chesnay (Yvelines) va devoir mettre fin à une liste de lose qui s’allonge sur les ultimes rendez-vous : la finale du Mondial U19 en 2021 contre Team USA, celle de Betclic Elite en 2023 entre ses Mets et Monaco, celle des JO de Paris 2024 face à la bande à Steph Curry, LeBron James et Kevin Durant, plus la NBA Cup 2025 et donc ces fameuses finales NBA 2026. Ce 0/5 fait mal, d’autant que sur son seul titre collectif professionnel, la Betclic Elite 2022 avec l’Asvel, il est blessé et ne dispute pas la moindre minute en finales. Des chiffres qui l’orientent jusque-là davantage vers la legacy de James (4/10 côté finales NBA) que celle de Jordan…

Victor Wembanyama a beaucoup souffert offensivement, lors des finales NBA en juin dernier, face à Karl-Anthony Towns et aux Knicks.
Victor Wembanyama a beaucoup souffert offensivement, lors des finales NBA en juin dernier, face à Karl-Anthony Towns et aux Knicks. - D. Abate/AP/SIPA

Développer sa dimension « clutch »

Pour parvenir à cette première bague NBA qu’il convoite tant, Victor Wembanyama est conscient de la dimension qu’il doit améliorer en priorité : sa gestion des « money times ». De la désillusion du printemps face aux Knicks ressort à la fois sa transparence et ses bévues dans plusieurs derniers quart-temps, à commencer par le scénario cruel du match 2 (104-105). « Je n’étais pas prêt à gagner une bague de champion, c’est évident, avait-il d’ailleurs noté le soir même du match 5 fatal. Je dois tout le temps garder le contrôle sur le jeu, comme le fait Jalen Brunson. Il y a trop de moments où je suis passif, où je n’ai pas le contrôle que j’aimerais avoir. »

Le basket de l’interminable saison régulière (82 matchs) est certes un autre sport par rapport aux play-offs. Mais « Wemby » doit montrer des progrès dans ces moments sous haute tension, lors de matchs serrés. Ça n’est pas un hasard s’il ne compte qu’un seul game winner en trois saisons NBA (en mars pour un succès 101-100 face à Phoenix). Il lui faut retrouver la fascinante confiance/la place au centre du jeu qui était la sienne lors de son game 1 épique en finales de Conférence à Oklahoma City (41, 24 rebonds et trois paniers décisifs). Celle qui a tant manqué à l’ancien pivot de Boulogne-Levallois ainsi qu’à ses Spurs contre New York.

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Etre encore plus patron

Durant cette saison de succès inattendus pour San Antonio (+ 28 victoires en saison régulière et une première campagne de play-offs de haut vol), Victor Wembanyama a souvent montré de belles qualités de leadership, jusqu’au (trop ?) démonstratif exploit sur le parquet du Thunder au game 7 des finales de Conf.

Mais on l’a aussi vu parfois effacé, coupable par exemple de jouer totalement à l’envers sur la deuxième mi-temps du match 4 au Madison Square Garden, pour dilapider une avance de 29 points. Dans ce probable tournant des finales, « Wemby » n’a jamais réuni ses coéquipiers sur le parquet pour remettre de l’ordre, et toute la maison Spurs a sombré dans ce moment d’histoire.

De même, il a dans un sens abandonné son équipe en perdant ses nerfs, avec ce vilain coup de coude dans le visage de Naz Reid synonyme d’expulsion directe, en demi-finales à l’Ouest face à Minnesota. Il lui faut à tout prix tirer les leçons de ces deux récents épisodes douloureux. On attend aussi que son statut de leader incontesté lui vale d’être réellement vu par tous comme l’option offensive prioritaire lorsque l’air vient à manquer dans les 4es quart-temps. A lui d’imposer ça, ou en tout cas de rendre cette évolution inévitable pour les Spurs, bien que les « money times » du basket se jouent habituellement plus entre les mains des arrières-ailiers.

S’imposer comme un MVP sans débat

En finissant fort sa saison 2025-2026, Victor Wembanyama a été dans le coup jusqu’au bout pour prétendre au sacre individuel suprême. Finalement troisième derrière Shai Gilgeous-Alexander et Nikola « Mr Triple-double » Jokic, le Français a pris rendez-vous, se consolant avec une première distinction de meilleur défenseur de l’année (un titre qu’il est amené à truster pendant une décennie). Il n’empêche que l'« Alien » de Nanterre est perçu par bon nombre d’observateurs comme l’actuel meilleur joueur du monde, en plus d’être le plus jeune/celui avec la plus grande marge de progression parmi les prétendants à ce trophée.

Si le bilan collectif en saison régulière, légèrement en faveur d’OKC (deux victoires d’avance sur les Spurs), avait pu influencer certains votants au printemps, l’axe de progression majeur de « Wemby » pour tracer sa route vers le MVP est assez simple à déterminer. Il lui faudra en préambule éviter les pépins physiques à rallonge (il est indispensable de disputer au moins 65 des 82 matchs pour être éligible), une source d’inquiétude régulière pour le géant tricolore depuis son arrivée en NBA.

Les duels sont toujours acharnés entre le Thunder de Shai Gilgeous-Alexander et les Spurs de Victor Wembanyama.
Les duels sont toujours acharnés entre le Thunder de Shai Gilgeous-Alexander et les Spurs de Victor Wembanyama.  - D. J. Phillip/AP/SIPA

Mais il va surtout devoir faire un bond dans le classement des meilleurs marqueurs de la ligue. Car s’il devait une nouvelle fois être hors Top 15, voire hors Top 10, ses chances d’être élu seraient presque infimes. Avec 25 points par match, il se classait 17e en 2025-2026, avec 6,1 points de moins en moyenne que « SGA ».

Continuer de développer un axe fort avec les arrières Dylan Harper et Stephon Castle (le sens de l’histoire voudrait que De’Aaron Fox soit peu à peu écarté de l’équation) peut être précieux. Pourquoi pas s’inspirer aussi davantage de Nikola Jokic, afin de rayonner à la création/à la passe ? En tout cas, attention à ce que le #Wemby2027 pour la quête d’un premier MVP français dans l’histoire ne vire pas à l’obsession. Car son lancement de campagne en conférence de presse pour rafler le précédent titre n’était pas si loin du numéro lourdingue de Kylian Mbappé pour le Ballon d’or.

Claquer un match « all-time » en bonus

La NBA fonctionne énormément aux coups d’éclat, aux images qui « brûlent la rétine » comme dirait le « Kyk’s ». Et Victor Wembanyama a tendance à être un peu en retrait là-dessus, comme on l’évoquait pour son manque de gros shoots dans les derniers instants. Sa pointe offensive en carrière (50 points face aux Wizards) remonte déjà à novembre 2024.

Pourquoi donc ne pas sortir une perf pour l’histoire, dans cette ligue où même des joueurs de seconde zone s’offrent des coups de chaud ? Maintenant que « Wemby » a activé les matchs à plus de 40 minutes de jeu grâce à ces play-offs 2026, on pourrait compter sur ce bon Mitch Johnson pour permettre à sa superstar d’aller chercher un record dans un grand soir.

Notre dossier sur Victor Wembanyama

Après tout, ça ne serait pas mal de rétrograder un peu l’étrange carnage à 83 points de Bam Adebayo, un total finalement accessible dans la NBA de 2026, non ? A choisir, on privilégierait pour l’intérieur des Spurs le 5e quadruple-double de l’histoire (plus de 10 points, 10 rebonds, 10 passes décisives et 10 contres, voire 10 interceptions, soyons fous). Ça n’est pas arrivé depuis trente-deux ans, avec alors l’iconique pivot de San Antonio David Robinson. La symbolique serait superbe, et le trophée de MVP suivrait, croyez-nous.