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Qui a réussi la meilleure campagne médiatique en vue du Ballon d’or 2026 ?

Ballon d’or 2026 : Qui a réussi la meilleure campagne médiatique parmi les huit prétendants ?

London calling•Les votes pour l’élection du Ballon d’or sont officiellement clos depuis ce lundi. A un mois de la cérémonie à Londres, « 20 Minutes » note les campagnes effectuées en septembre par les favoris Kylian Mbappé, Lamine Yamal, Ousmane Dembélé and Co
Jérémy Laugier

Jérémy Laugier

L'essentiel

  • Les votes des 100 journalistes du monde entier, qui composent le jury du Ballon d’or 2026, sont officiellement clos depuis ce lundi.
  • 20 Minutes en profite pour se pencher sur les campagnes médiatiques des huit principaux candidats à la récompense individuelle la plus prestigieuse de la planète football.
  • Dans un millésime indécis, la stratégie de communication a pu jouer un rôle dans le dernier mois auprès des 100 journalistes votants. On peut d’ailleurs constater qu’il existe des stratégies très différentes, si stratégie il y a (n’est-ce pas Michael O. ?).

It’s over ! Ce lundi marque officiellement la fin des interviews accordées en 2026 par les footballeurs superstars. Quel intérêt en effet pour eux de poursuivre cet exercice médiatique dont ils ne raffolent pas, maintenant que les votes pour le Ballon d’or sont clos pour de bon ? Dans un millésime particulièrement indécis, sans le moindre candidat validant tous les critères d’élection, la stratégie de com' de certains a pu jouer un rôle auprès des 100 journalistes du monde entier qui avaient jusqu’à ce lundi pour rendre leur verdict/Top 10. 20 Minutes s’amuse à noter la campagne des huit principaux candidats à la succession d’Ousmane Dembélé, le 26 octobre à Londres.

Lamine Yamal

Un an après avoir talonné Ousmane Dembélé au classement final, le Barcelonais a trouvé le bon dosage pour mettre en avant sa candidature. Des stats vraiment pas dingues pour un tel attaquant (24 buts en 45 matchs avec le Barça en 2025-2026, et même 1 seul en 8 rencontres de Coupe du monde) ?

« Le Ballon d’or, c’est le prix du joueur différent, celui qu’on prend plaisir à voir jouer, qui a cette magie, qui te fait sourire qui te donne envie de regarder un match rien que pour lui, a glissé la semaine passée Lamine Yamal dans une interview à L’Equipe. Cela n’a rien à voir avec le nombre de buts qu’il marque. Quand je pense au Ballon d’or, je pense à Messi, Ronaldinho… »

Lamine Yamal a profité d'une sacrée affiche à Wembley, samedi en Ligue des nations, pour faire des misères à l'Angleterre (2-3) et pour ainsi marquer encore un peu plus sur le gong les 100 journalistes appelés à voter pour le Ballon d'or.
Lamine Yamal a profité d'une sacrée affiche à Wembley, samedi en Ligue des nations, pour faire des misères à l'Angleterre (2-3) et pour ainsi marquer encore un peu plus sur le gong les 100 journalistes appelés à voter pour le Ballon d'or. - I. Stephen/Every Second Media/Shutterstock/SIPA

Un argument joueur « feel good »/« brûlure de rétine » (coucou Kylian) qui se tient, tant l’ailier droit de 19 ans est capable de gestes exquis, à l’image de son match de maboulos sur le gong à Wembley samedi (2-3) pour marquer une dernière fois les esprits avant la clôture des votes. S’il a accordé des entretiens à certains médias (L’Equipe, The Guardian), il a eu le mérite de ne pas faire tourner ses conférences de presse de Ligue des champions autour de cet enjeu individuel.

« Je n’ai pas besoin de faire campagne pour remporter le Ballon d’or, expliquait-il par exemple aux médias le 8 septembre. C’est votre travail, je ne vais pas me mettre à supplier pour quoi que ce soit. » Plus posé dans son discours que lors des saisons précédentes, Lamine Yamal a donc réussi un impeccable mois de septembre médiatique.

Notre note finale : 18/20.

Ousmane Dembélé

On valide la petite pique préparée et envoyée à Kylian Mbappé après le match à Brest (0-1), sans se pâmer non plus. OK, Ousmane Dembélé n’a « jamais été l’élu », pour rebondir sur l’une des 73 interviews récentes du « Kyk’s ». Mais un tel talent, mis en lumière depuis son éclosion au Stade Rennais, était encore moins « au fond de la classe en train de travailler dur ». Pas à nous « Dembouz »…

Après, cette ficelle de com' restait bien jouée, à l’image de ce mois de septembre géré « sans pression, tranquille » vis-à-vis de ce Ballon d’or. Un an après un petit drama au PSG, lorsque le club a clairement porté Ousmane Dembélé et non Achraf Hakimi vers le Ballon d’or, on apprécie surtout cette candidature commune Dembélé-Kvaratskhelia.

Tourné par Ligue 1 + et relayé par PSG TV la semaine passée, l’exercice de cet entretien croisé de dix minutes est bien rodé/calculé, mais il reste agréable à voir, particulièrement quand on est agacé par la course toujours plus effrénée à cette distinction individuelle. « "Kvara" a fait une saison incroyable avec le Paris Saint-Germain, en étant décisif à tous les grands matchs. J’espère que ça sera lui ou moi », souffle Ousmane Dembélé, pas le plus à l’aise quand il s’agit de com', mais personnalité unanimement appréciée.

Notre note finale : 16/20.

Michael Olise et Ousmane Dembélé calent leur planning médiatique de rentrée auprès de leur boss.
Michael Olise et Ousmane Dembélé calent leur planning médiatique de rentrée auprès de leur boss. - D. Winter/Shutterstock/SIPA

Harry Kane

L’atout numéro un de la campagne discrète d’Harry Kane, c’est qu’il n’a pas attendu d’être présenté comme l’un des grands favoris au Ballon d’or pour se montrer modeste, altruiste et smart. Non, pas de calculs de sa part ici, il s’agit clairement du fil rouge de ses seize saisons de footballeur professionnel. Après avoir attendu ses 31 ans pour enfin remporter un trophée dans sa carrière, le buteur phare du Bayern Munich et de l’équipe d’Angleterre a un peu forcé sa nature pour se mettre en avant ces dernières semaines.

« Je n’ai jamais aimé trop parler de moi, a-t-il d’abord rappelé dans une interview publiée le 18 septembre par le quotidien espagnol Marca. La seule chose que je dirais, c’est que la saison dernière a été incroyable, tant sur le plan personnel que pour l’équipe. » Et comment : 73 buts compilés entre son club et sa sélection en 2025-2026, soit presque autant que les 82 réalisations de Lionel Messi en 2011-2012.

Rebelote en conférence de presse vendredi avant le match Angleterre-Espagne : « En toute franchise c’est ma meilleure opportunité pour le moment. » A l’image du joueur, il ne faut attendre ni punchline, ni fantaisie, mais le storytelling pourrait lui sourire davantage que son discours un peu convenu : cela fait pile vingt-cinq ans qu’aucun Anglais n’a remporté le Ballon d’or (Michael Owen en 2001), et la cérémonie se déroulera pour la première fois à Londres.

Notre note finale : 15/20.

Rodri

Dans un registre aussi classe et discret qu’Harry Kane se pose Rodri. Vainqueur à la surprise générale du Ballon d’or en 2024, au grand dam de Vinicius qui ne s’en est jamais réellement remis, le taulier ultime du milieu espagnol semble cette fois être hors course à en croire sa discrétion médiatique. La recrue majeure de l’été barcelonais a pourtant un argument de poids : il a été le meilleur joueur du vainqueur de la plus grande compétition de l’année, à savoir la Coupe du monde 2026.

Rodri en train de soulever le Ballon d'or en 2024. N'est-ce pas une issue qu'on pourrait connaître à nouveau dans un mois ?
Rodri en train de soulever le Ballon d'or en 2024. N'est-ce pas une issue qu'on pourrait connaître à nouveau dans un mois ? - M. Euler/AP/SIPA

Mais il a fallu attendre l’avant-match contre l’Angleterre vendredi pour entendre l’ex-joueur de Manchester City s’exprimer : « Je sais que c’est un trophée qui ne dépend pas de ce qu’on dit en public mais de ce qu’on a montré sur le terrain. C’est pour cela que je ne fais pas campagne pour l’obtenir. » Franchement, c’est succinct mais ça colle au personnage. Et ça fait d’autant plus sens qu’il avait adopté la même stratégie en 2024, lorsqu’il avait régné sur l’Euro… comme sur ce Mondial 2026.

Notre note finale : 14/20

Khvicha Kvaratskhelia

On a donc déjà évoqué cet entretien croisé avec Ousmane Dembélé - « Kvara » plaidait évidemment pour le doublé de son avant-centre - qui fait beaucoup de bien au Géorgien, dont on ne sait finalement que peu de choses depuis son arrivée en Ligue 1 en janvier 2025. De même, « Kvara » s’est prêté à l’interview vidéo classique de France Football en vue de l’élection de ce Ballon d’or.

Lancé par le journaliste sur son ambition dans ce classement, après sa 17e place en 2023 et sa 12e place l’an passé, il a glissé une réponse que doit particulièrement valider Luis Enrique : « Mon objectif personnel est d’être un joueur qui fait tout pour son équipe. » Une bonne petite réponse standard qui fait le taf, même si on aurait aimé que le grand absent de la Coupe du monde 2026 se montre/lâche davantage sur le plan médiatique.

Notre note finale : 12/20.

Lionel Messi

C’est simple, on n’a pas vu une seule fois Lionel Messi faire campagne depuis son triste épilogue en finale de la Coupe du monde contre l’Espagne (0-1). Il faut dire que côté Ballon d’or, le GOAT a déjà une collection bien pleine, avec huit trophées de 2009 à 2023. Et le décès le 8 août de son père Jorge, dont il était si proche, a pleinement occupé son après-Mondial, tout comme l’organisation de ses adieux à la sélection argentine.

Comprendre que la « Pulga » a donc autre chose à faire que de candidater ouvertement à un 9e Ballon d’or qu’un deuxième sacre mondial de rang lui aurait sans doute offert sur un plateau, au vu de sa prodigieuse compétition à 39 ans. Franchement, impossible de lui tomber dessus côté com', on ne retient que son si touchant message à son père.

Notre note finale : 11/20.

Kylian Mbappé

Le capitaine de l’équipe de France semble avoir pris un plaisir fou à être absolument partout médiatiquement depuis un mois. France Football, « Téléfoot », AS, The Athletic, Bild et même RFI, avec un appel du pied lourdingue pour tenter de convaincre les journalistes africains de voter pour lui… C’est simple, sans Kylian Mbappé, notre article n’aurait sans doute pas existé, ni même cette notion de campagne en vue du Ballon d’or.

A vouloir être partout, et surtout à insister à outrance sur ce qui pourrait lui permettre d’arracher ce Ballon d’or sans vainqueur évident (son record de buts en Coupe du monde en premier lieu), quitte même à rabaisser tous les récents vainqueurs du trophée hors Lionel Messi et Cristiano Ronaldo, l’attaquant star du Real Madrid est devenu assez insupportable ces dernières semaines.

Parallèlement, on peut noter que son club est déjà à la peine en Liga (à 6 points du Barça après 7 matchs) et que son individualisme forcené pour obtenir son premier Ballon d’or tend son lien avec son pote Ousmane Dembélé. On verra vite si cette tentative de grattage à tout prix de quelques votes a été un calcul gagnant, mais on en doute fortement.

Notre note finale : 6/20.

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Michael Olise

L’anti-Mbappé est là. Michael Olise est à la com' sportive ce qu’est Elephant de Gus Van Sant au cinéma : des dialogues minimalistes qui aboutissent sur un véritable malaise/chaos. Avec en apogée une séquence d’interview déjà culte, après son merveilleux doublé en Ligue des champions contre Bodo/Glimt (5-0) le 10 septembre.

On a eu de la peine pour le journaliste de DAZN Allemagne, qui a tenté toutes les relances possibles face au M. Nonchalant/Flemme le plus insaisissable d’Europe. Il a simplement eu droit en réponse à du « j’ai tiré, des fois ça rentre, des fois ça ne rentre pas, c’est comme ça ».

Notre dossier sur le Ballon d'or

On ne tiendra évidemment pas rigueur au génial ailier du Bayern de ne pas avoir candidaté au Ballon d’or, ne serait-ce que via les dix minutes d’interview réglementaires à France Football. Mais pour le reste, Michael Olise serait inspiré de faire un effort médiatiquement. Ça devient urgent, et ça frôle parfois le manque de respect.

Notre note finale : 4/20.

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