JO 2024 – Basket : On a trouvé (sans forcer) dix raisons de croire à l’exploit des Bleus contre Team USA
BASKET•L’équipe de France de basket va faire face à l’armada américaine samedi (21h30), en finale des JO de Paris 2024. Comme l’ont prouvé les Serbes en demie, l’exploit n’est pas inaccessibleJérémy Laugier
L'essentiel
- L’équipe de France de basket va être opposée samedi (21h30) à la redoutable sélection américaine de LeBron James, Stephen Curry et Kevin Durant, en finale des JO de Paris 2024.
- Remake de la finale de Tokyo il y a trois ans, ce défi n’est peut-être pas aussi inaccessible qu’il y paraît, comme l’ont prouvé les Serbes en demi-finale jeudi (95-91).
- 20 Minutes a même déniché dix véritables raisons d’y croire pour LE rendez-vous du basket français, en quête du premier sacre olympique de son histoire à l’Arena Bercy.
A l’Arena Bercy,
Le prime des émotions tricolores sur ces JO de Paris 2024 est-il programmé entre 21h30 et 23h30 samedi ? En tout cas, le rendez-vous de rêve que le basket français imagine depuis sept ans est devenu une réalité jeudi soir. Portés par Stephen Curry, LeBron James et Kevin Durant, les « Avengers » américains ont renversé in extremis la Serbie (95-91) et se dressent face aux Bleus de Vincent Collet pour la grande finale à l’Arena Bercy.
Finaliste à Sydney en 2000 et à Tokyo en 2021, l’équipe de France en tête l’exploit d’une vie, au bout du tournoi olympique le plus relevé de l’histoire, qu’elle a entamé en tanguant contre les modestes Brésil et Japon. Franchement, il existe des raisons de croire à un premier sacre aux Jeux dans ce contexte. On en a même trouvé dix, sans forcer, ce vendredi matin, c’est vous dire.
Parce qu’on s’est déjà débloqué face à Team USA
Qu’ils semblent à des années-lumière, ces JO de Sydney 2000, durant lesquels on entamait en France un long process dans la tête aux allures de « ah, mais ils ne sont pas si injouables que ça finalement les Ricains ». Le fameux « si près, si loin » prenait tout son sens ici, avec deux défaites très honorables (106-94 en poule et 85-75 en finale) qui n’ont jamais donné l’impression de pouvoir se convertir en victoires. Aucun joueur de cette sélection tricolore n’avait alors mis un orteil sur un parquet NBA (seul Rigaudeau le fera plus tard pour seulement onze matchs), on était subjugué par le dunk du siècle de Vince Carter sur le désormais consultant Fred Weis et ses 2,18 m, et on se demandait encore si Team USA pourrait réellement être battu un jour en présentant une équipe NBA.
En Australie, la Lituanie de Sarunas Jasikevicius avait failli le faire en demi-finale (85-83), mais le déclic mental du reste du monde a eu lieu pour de bon lors de la Coupe du monde 2002 à Indianapolis, avec carrément trois défaites US dans la compétition contre l’Argentine, la Serbie et l’Espagne. Pour les Bleus, on trouve deux succès marquants contre Team USA, en quart de finale de la Coupe du monde 2019, avec déjà sept joueurs de notre effectif 2024 présents en Chine (89-79). On vous voit venir, il s’agissait certes d’une des moins redoutables équipes américaines de l’histoire (quand même avec Donovan Mitchell et les jeunes Jayson Tatum et Derrick White, qui sont là à Paris). Mais c’est vrai, la victoire en ouverture des JO de Tokyo (83-76) a sans doute encore plus de poids dans les têtes, puisque Devin Booker, Jrue Holiday, Jayson Tatum, Bam Adebayo et évidemment Kevin Durant en étaient.
Parce que l’Arena Bercy voudra rendre le moment historique
Imaginez que sur ces deux récents rendez-vous victorieux, l’équipe de France évoluait soit en Chine, soit au Japon et surtout à huis clos. Le véritable apport du 13e homme sera pour samedi soir, et quel apport de dingue cela va être. L’Arena Bercy et ses 13.300 places, déjà en folie contre le Canada et l’Allemagne, voudra écrire l’histoire restée inachevée en finale à Tokyo (87-82). Un premier sacre olympique du basket français, à la maison, contre une version XXL de Team USA comptant trois légendes de ce sport comme LeBron James, Kevin Durant et Stephen Curry, l’histoire s’annonce tellement dingue pour nos petits cœurs.
Parce que Victor Wembanyama va bien sortir de sa boîte
C’est sans doute l’aspect le plus étonnat de la qualification française en finale des Jeux : il a fallu se débrouiller offensivement sans un Victor Wembanyama, en travers en quart et en demie (9 points à 22 % aux tirs). De quoi nous rappeler que le phénomène n’a bien que 20 ans, et que se coltiner la réelle découverte du jeu Fiba de très haut niveau et la pression colossale de tout un pays n’est pas une mince affaire.
Il n’empêche que son état d’esprit irréprochable, à l’image de son implication défensive toujours très précieuse, peut être annonciateur d’un bouquet final pour lui. « Pour l’instant, il est fui par la réussite, confiait jeudi soir Vincent Collet à son sujet. Mais il reste un match, et ce type de joueur fait toujours un grand match dans un tournoi. Comme il n’en reste qu’un, c’est pour samedi. » Le rendez-vous est pris.
Parce que cette équipe s’est créé une aventure collective incroyable
Ce qui saute aux yeux dans les longues zones mixtes post-Canada et Allemagne, c’est cette cohésion absolue d’un groupe ayant su bien négocier les turbulences de la fin de phase de groupe à Lille. Les ego sont bien verrouillés à double tour, comme les passages devant les micros de Rudy Gobert et Nando De Colo, tout sourire malgré un temps de jeu famélique (5 et 3 minutes en demie).
« On est soudé et dès qu’on est ensemble, c’est juste incroyable », résume simplement l’arrière de l’Asvel. Annoncée perdante (voire massacrée) dès les quarts contre le Canada, l’équipe de France a su se créer une dynamique collective insoupçonnée, avec dans son groupe neuf joueurs de plus de 25 ans habitués de tels rendez-vous couperets. « Depuis deux matchs, le "nous" a pris le dessus sur le "je" », savoure Vincent Collet.
Parce que le coaching de Steve Kerr est une vaste blague
Vincent Collet a su rectifier le tir au meilleur moment possible sur ces JO de Paris, avec des choix forts, comme des rotations sensiblement raccourcies, et le passage dans le cinq majeur de Guerschon Yabusele et Isaïa Cordinier à la place de Rudy Gobert et Evan Fournier. En face, des doutes entourent toujours autant le coaching de Steve Kerr. Dépassé à la Coupe du monde 2023 face à l’Allemagne (113-111 en demie), l’entraîneur des Warriors ne semble toujours pas trouver des solutions lorsque le bateau US tangue (ce qui est rare).
Voir Tyrese Haliburton et surtout le champion NBA Jayson Tatum à zéro minute sur la demi-finale interpelle. Et ne cherchez pas d’ajustement tactique dans la remontada face à la Serbie jeudi : Steve Kerr s’est appuyé sur le triple-double de LeBron James et les gros tirs de Stephen Curry et Kevin Durant dans le money-time pour éviter un nouveau fiasco.
Parce que Guerschon Yabusele quoi !
On n’a pas forcément 20.000 certitudes avant de s’attaquer à l’Everest américain, mais on sait que dans la dimension physique dans la raquette, on aura du répondant entre Mathias Lessort et Guerschon Yabusele. Ce dernier abat un travail colossal sur les deux derniers matchs (21 et 17 points), au point de recevoir le chant « MVP, MVP » de Bercy à chacune de ses apparitions aux lancers francs jeudi.
« Guerschon a été incroyable, il aime ces moments, s’enthousiasme Rudy Gobert. Il joue à la fois dur et avec intelligence c’est un gagnant et un talent unique. » Ajoutez à cela la dimension revancharde d’un joueur à qui Boston n’a jamais laissé sa chance (de 2017 à 2019). Il s’est d’ailleurs fait plaisir à surdominer jeudi l’intérieur allemand Daniel Theis, que les Celtics lui avaient préféré à l’époque.
Parce que le pressing de Pesic sur l’arbitrage va nous servir
On a vu Svetislav Pesic et ses 74 ans s’en prendre à l’arbitrage à de nombreuses reprises lors de l’épique demi-finale des JO Serbie – Etats-Unis. Le coach serbe a notamment cherché en vain à obtenir des coups de sifflet pour sa star Nikola Jokic (6 lancers francs obtenus). Il n’a pas été verni sur certaines décisions en fin de rencontre. On pense à ce risible marché + reprise de dribble de LeBron James non sifflé.
Après le pressing de Pesic sur le corps arbitral, et avec cette dimension de jouer à domicile dans un Bercy bouillant, pareille situation (largement relayée depuis sur les réseaux sociaux) pourrait être jugée différemment samedi.
Parce que Isaïa Cordinier fait flipper Team USA
Voir Kevin Durant citer Isaïa Cordinier avant une finale olympique, elle était là la grosse cote. N’imaginez pas les joueurs de Team USA (toujours) dans leur bulle : ils sont bien au courant des principaux atouts tricolores. La scène s’est donc déroulée jeudi soir dans la zone mixte de Bercy, après le court succès américain contre la Serbie.
« La France joue avec beaucoup de confiance, elle a changé son line-up, a pu indiquer Kevin Durant. Il y a Isaïa… je ne sais pas comment on prononce son nom de famille. Il a été lancé et il joue un basket incroyable ! » Coupé par le staff des Bleus au dernier moment en vue des JO de Tokyo puis de l’Euro 2022, l’arrière du Virtus Bologne (Euroligue) vole sur les phases finales, et semble s’être fait un nom (enfin un prénom) outre-Atlantique.
Parce que Team USA ne va pas sortir à nouveau un 16/32 à trois points
Au lendemain de Serbie – Etats-Unis, il n’y aurait presque qu’à se pencher pour ramasser les motifs d’espoir en vue de la finale. Parmi eux, on retient que les Etats-Unis ont eu besoin d’un récital d’adresse de Stephen Curry (36 points à 9/14 à trois points !) et d’un triple-double de LeBron James (16 points, 12 rebonds et 10 passes) pour s’en sortir. Et plus globalement, Team USA était dans un très grand jour au niveau de l’adresse, avec 57 % (contre 46 % à la Serbie), avec un ahurissant 16/32 à trois points. Il y a clairement un monde où cette réussite insolente peut nettement diminuer dans deux jours, surtout face à notre actuelle défense élite (73 et 69 points encaissés contre le Canada et l’Allemagne).
Notre dossier sur les JO de Paris 2024Parce que Joel Embiid va se faire contrer sur la dernière action
Et oui, 20 Minutes avait eu la chance de se procurer l’Almanach des sports de Retour vers le futur durant les dernières fêtes de Noël. Vous pouvez retrouver cela par ici : le 29 décembre, on vous narrait le double contre, à 83-82, de nos « Baguette Twin Towers » Wembanyama-Gobert sur un Joel Embiid évidemment conspué tout le match. On avait même aussi pris le risque de vous annoncer que Tadej Pogacar et Léon Marchand allaient gagner deux-trois bricoles en 2024, c’est vous dire si notre Almanach nous a apporté fiabilité et prises de risque.



















