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JO 2024 – Basket : « Une vraie victoire d’équipe »… Les Bleus doivent sortir pour de bon du « tout pour Wembanyama »
RETOUR DE FLAMME•Dos au mur dans ces JO de Paris 2024, l’équipe de France de basket a sorti un énorme quart de finale mardi contre le Canada (82-73), malgré les difficultés en attaque de son leader « Wemby » (7 points)Jérémy Laugier
L'essentiel
- L’équipe de France de basket s’est qualifiée mardi soir pour les demi-finales des JO de Paris 2024 grâce à une remarquable victoire contre le Canada (82-73).
- Cette surprenante qualification, au vu de l’impression laissée dans la phase de groupe à Lille, s’est faite malgré un Victor Wembanyama dans le dur en attaque (7 points).
- Et si la solution plus collective était bien la clé, avant de retrouver l’Allemagne en demi-finale jeudi, d'après les belles prestations d’éléments comme Guerschon Yabusele, Isaïa Cordinier et Mathias Lessort ?
A l’Arena Bercy,
Si en amont des JO de Paris 2024, on nous avait annoncé que les Bleus domineraient de bout en bout un match couperet contre l’armada canadienne, avec Victor Wembanyama comme cinquième meilleur marqueur tricolore de la rencontre, on aurait sérieusement écarquillé les yeux. Depuis le début du stage de préparation de ces Jeux, et même bien avant, en fait, en raison à la fois de sa saison phénoménale de rookie en NBA (21,4 points et 10,6 rebonds de moyenne) et du fiasco de l’équipe de France à la Coupe du monde 2023 sans lui (18e), il semblait être acté que Wemby aurait toutes les clés du jeu. Pourtant, celui qui était en tête du scoring (17 points en moyenne) sur chaque match de poule des JO à Lille, avec plus de 12 tirs tentés, n’a pas du tout cannibalisé l’attaque française mardi (82-73).
Comme souvent (trop) loin du cercle, parfois empêtré dans ses dribbles, le géant des Spurs (2,24 m) n’a pas du tout eu l’apport offensif attendu lors de ce quart de finale, avec, en fin de compte, son plus petit total de points (7), de tirs tentés (10), et de minutes disputées (27) de toute la compétition. Et pour autant, cela est-il résolument un problème ? Vu comment les Bleus sont subitement devenus plus menaçants et équilibrés avec un quatuor Yabusele-Cordinier-Fournier-Lessort se répartissant 70 des 82 points inscrits, avec de la défense, de la vitesse et de l’audace, on a bien envie de répondre par la négative. Il est après tout intéressant de constater que cette équipe n’a jamais été aussi dominante à l’intérieur cet été que mardi, alors que ses tours jumelles NBA étaient soit en dedans comme Victor Wembanyama, soit au bout du banc comme Rudy Gobert, limité à trois minutes de jeu.
« Victor a attiré toute la défense sur lui »
Le pivot de Minnesota avait certes été opéré d’un doigt la veille, mais cela n’est pas la principale explication à sa rétrogradation soudaine dans la hiérarchie aux yeux de Vincent Collet. « C’était déjà décidé que Guerschon [Yabusele] commencerait le match avant que Rudy ne se fasse mal au doigt, indique le sélectionneur. Je voulais que Victor démarre en poste 5. Puis on voulait abreuver Mathias [Lessort] de ballons à l’intérieur. Il les a vraiment martyrisés avec des paniers mais surtout des fautes provoquées. »
Impressionnants par leur puissance, leur combativité et leur don de soi, les habituelles secondes options Guerschon Yabusele (22 points en 30 minutes) et Mathias Lessort (13 points en 19 minutes) ont ainsi endossé des responsabilités bien plus grandes contre le Canada. « C’est juste que Victor a attiré toute la défense sur lui ce soir, ce qui a fait que, Guerschon et moi, on a eu beaucoup d’opportunités, tempère l’intérieur du Panathinaïkos, vainqueur de l’Euroligue cette saison. Victor n’a pas été en réussite [2/10 aux tirs, dont 0/6 à trois points] mais la façon avec laquelle il a défendu, pris des rebonds [12], et le fait qu’il monopolise l’attention en attaque, ça nous libère des espaces. »
« Tout le monde a la confiance de tout le monde »
Oui, « Wemby » a indéniablement joué un précieux rôle à la dissuasion défensive lorsque le Canada d’un Shai Gilgeous-Alexander (27 points) intenable est revenu tout près des Bleus. Mais il est évident que tout le monde attend bien plus de lui de l’autre côté du terrain. Quant à Rudy Gobert, celui-ci s’est montré dans le sens du collectif, en faisant même le job en zone d’interview : « Le plan a marché vu notre début de match. Plusieurs raisons ont fait que je n’ai pas joué, entre les match-up [confrontations avec ses adversaires directs] et les bobos à l’entraînement. C’était un super ajustement de l’entraîneur et je fais confiance à mes coéquipiers et à mes entraîneurs ».
La « confiance », il s’agit du maître-mot ayant a priori permis à certains joueurs de faire décoller leur tournoi de manière inattendue mardi. Dans ce registre, on pense direct au méconnu Isaïa Cordinier, bénéficiaire le plus éclatant de ce premier match où on sort réellement du « tout pour Wemby ». « Ce qui est fort dans cette équipe, c’est que tout le monde a la confiance de tout le monde, les 12 joueurs et le staff avec nous, résume le joueur de Bologne. Une fois qu’on arrive à avoir cette confiance, on entre sur le terrain avec la bonne attitude, et voilà le résultat. C’est une vraie victoire d’équipe aujourd’hui. Tout le monde s’est nourri de l’énergie de chacun, tout le monde s’est aidé. »
« Pour nous, battre le Canada n’est pas du tout un exploit »
Lancé dans le cinq de départ à la place d’Evan Fournier, Isaïa Cordinier s’est montré incandescent dès l’énorme entame de match tricolore, avec au final 20 points inscrits. « Isaïa était dans le cinq mais je ne vais pas la ramener, je n’avais pas prévu qu’il allait commencer par un 4/4 à trois points, se marrait Vincent Collet mardi soir. On l’a mis dans le cinq pour élever notre niveau défensif. » Il est donc là, le dépassement de fonction qui manquait tant jusque-là à cette équipe de France, hormis sur la prestation XXL de Matthew Strazel face au Japon. Ce réveil collectif arrive qui plus est au moment où ce groupe traverse une zone de perturbation plutôt rare durant les quinze années de l’ère Vincent Collet.
« On savait qu’il fallait qu’on reste connectés ensemble pour gagner ce genre de match », insiste Guerschon Yabusele. Nicolas Batum en profite pour rappeler : « Avec Vincent Collet et son staff, on a appuyé sur le bouton reset en arrivant à Paris. On ne pouvait pas remontrer l’image du match contre l’Allemagne. Dans cette équipe-là, il y a des mecs qui sont champions d’Europe, qui ont des médailles mondiales, qui sont vice-champions olympiques. Il fallait juste redevenir qui nous sommes vraiment. Quand on est tous unis, on peut se donner de grandes chances de battre tout le monde ». Y compris l’Allemagne, championne du monde en titre et restant sur une démonstration face aux Bleus, vendredi à Lille (71-85) ? « Peut-être que pour vous, ça l’est, mais pour nous, battre le Canada n’est pas du tout un exploit, glisse au passage Evan Fournier, décisif dans le money-time. C’est juste que ce soir on s’est mis à jouer comme on devait le faire. » Et l’objectif médaille redevient d’un coup une réalité.


















