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Comment les Bleus ont basculé en mode « guerriers » contre le Canada

JO 2024 - Basket : « Il ne faut pas douter de nous, les gars »… Les Bleus ont basculé en mode « guerriers »

DECLIC OLYMPIQUEDécevante jusque-là, l’équipe de France a signé un succès référence, ce mardi contre le Canada (82-73), en quart de finale des JO de Paris 2024
Jérémy Laugier

Jérémy Laugier

L'essentiel

  • En galère lors de la phase de groupes, l’équipe de France de basket a montré un tout autre visage, ce mardi à l’Arena Bercy, en éliminant le Canada (82-73) en quart de finale des JO de Paris 2024.
  • Avant de défier l’Allemagne jeudi, les Bleus ont surtout retrouvé un état d’esprit de « guerriers » irréprochable.

A l’Arena Bercy,

Anticiper les réactions des athlètes en zone d’interview est un petit jeu souvent à la portée des journalistes. Mais vu à quel point l’équipe de France de basket est passée de l’ombre à la lumière, entre la violente leçon subie vendredi contre l’Allemagne (71-85) et ce bijou de quart de finale pour surprendre le Canada ce mardi (82-73), on n’imaginait pas un instant le discours de l’excellent Guerschon Yabusele (22 points). « Il n’y a rien eu de spécial, a sorti l’ailier fort du Real Madrid, limite blasé. On a joué comme on sait jouer. J’ai l’impression que beaucoup de personnes sont surprises. Il ne faut pas douter de nous, les gars. On a tous déjà été dans ce genre de situations. On a perdu le match contre l’Allemagne et j’ai l’impression que tout s’est effondré et que plus personne ne voulait nous soutenir. Je ne comprends pas, je me demande ce qu’il se passe, ce qu’on a fait de mal ».

Euh, presque tout depuis le début des matchs de préparation pour ces JO de Paris 2024, Guerschon, y compris les deux succès poussifs face au Brésil et au Japon en phase de poules. Mais sa réaction montre à quel point le levier « nous contre le reste du monde » a pu être activé au moment de quitter la première partie de l’aventure à Lille. « Il y a plein d’éléments qui nous galvanisent, comme le fait que tout le monde chie sur Vincent Collet depuis deux jours », a ainsi pointé Evan Fournier, replacé dans un rôle de joker après « l’incompréhension » (dixit Collet) entre les deux hommes, et décisif et incandescent en fin de rencontre contre le Canada (15 points au total).

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« Les cinq gars sont entrés sur le terrain comme des morts de faim »

Dès l’entame, les intentions étaient claires ce mardi, et éminemment éloignées du visage montré par les Bleus depuis le début du tournoi. « Les cinq gars sont entrés sur le terrain comme des morts de faim et ça a donné l’exemple, indique Mathias Lessort. On savait que quand on rentrait derrière, on n’avait pas le droit d’arriver avec une autre intensité ou d’autres intentions. On était tous présents comme des guerriers. » Une analyse appuyée par Vincent Collet, effectivement sous le feu des critiques en raison de cette bouillie de premier tour : « Avant la tactique, c’est quand même notre cœur et notre état d’esprit qui sont les premiers responsables de cette victoire ».

Ajoutez à ça un sentiment de revanche contre la bande à Shai Gilgeous-Alexander, qui avait piétiné nos Bleus (65-95) lors de la Coupe du monde 2023… « Ils nous en ont mis 30 l’année dernière, et bien comme il faut. Il y a cette petite fierté, cette petite revanche contre une grosse équipe », confirme Nicolas Batum. La folle intensité du cinq majeur et l’adresse bluffante d’Isaïa Cordinier, invité surprise à pareille fête avec ses 20 points, (à 4/5 à trois points) ont clairement sonné les Canadiens.

« Ils nous ont ridiculisés »

« Pour eux, ça a été l’enfer, apprécie Guerschon Yabusele. On a imposé le jeu en mettant les coudes dès le début. Les premières actions ont été décisives, ils ne s’attendaient pas à cette agressivité. Je me souviens d’une image : après cinq minutes de jeu, ils avaient l’air fatigués. Là, on a joué comme l’équipe de France. » Et ça change sacrément tout de retrouver un collectif aussi cohérent et solidaire que trois ans plus tôt à Tokyo. Maintenant que les Bleus se sont remis à l’endroit, comptez sur eux pour ne pas lâcher le filon de l’orgueil et du « seul contre tous ».

On vous conseille à ce sujet la présentation de la demi-finale contre l’Allemagne jeudi (17h30) par le capitaine Nicolas Batum : « C’est une équipe qui nous a mis une belle pilule vendredi et qui va vouloir nous en mettre une autre. Ils sont champions du monde, ils sont forts, ils nous ont ridiculisés et ils étaient contents de le faire. A nous d’être prêts et d’essayer de faire un exploit ». L’effet « reset » est fascinant, non ?