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Comment les Bleus du basket ont évité le fiasco d’entrée face au Brésil

JO 2024 Basket : « C’est une fierté »… Comment les Bleus ont évité le fiasco d’entrée face au Brésil

OufL’équipe de France n’a pas balayé les doutes, mais elle a au moins gagné pour son entrée dans les Jeux olympiques, samedi à Villeneuve-d’Ascq
Nicolas Stival

Nicolas Stival

L'essentiel

  • Après quatre défaites d’affilée en matchs de préparation, la France a battu le Brésil (78-66) ce samedi au stade Pierre-Mauroy de Villeneuve-d’Ascq pour ces débuts dans le tournoi olympique.
  • Avant de l’emporter de 12 points, les Bleus ont été menés sur le même écart au début du deuxième quart-temps.
  • Portés par la foule, Wembanyama, Batum et les autres ont resserré les boulons pour éviter le faux pas d’entrée.

A Villeneuve-d’Ascq,

Pourquoi mentir ? On a mécru, ce samedi dans l’arène nordiste de Pierre-Mauroy. Après une mauvaise préparation conclue par quatre défaites, certes contre des cadors (Allemagne, Serbie, Canada, Australie), l’entame du match des Bleus de Vincent Collet contre le Brésil a convoqué les fantômes de la Coupe du monde 2023, finie avant même de commencer.

A 41 ans, le capitaine auriverde Marcelinho Huertas maltraitait les vice-champions olympiques tel un élève de 3e sadique face à des petits 6e à la récré, et ses collègues enquillaient les trois points façon Steph Curry. Chaude comme une baraque à frites, l’habituelle enceinte du Losc remplie de 26.766 fans paralysait ses favoris plus qu’elle ne les aidait pour leurs débuts dans ces Jeux.

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Résultat du désastre : un effarant 27-15 pour les hommes de Rio en début de 2e quart-temps. « Il y avait une grosse nervosité, confesse le pourtant madré Nicolas Batum, qui ne se doutait pas alors qu’il allait finir la partie avec 19 points dans la besace [meilleur total du match avec Victor Wembanyama]. Même pour des mecs comme moi, quand tu rentres dans la salle, c’est particulier. Ce sont les Jeux olympiques, tu es à la maison, devant 30.000 personnes. J’ai pourtant déjà joué ici des gros matchs [pendant l’Euro 2015]. Ça prenait aux tripes. »

« On était un peu inhibés »

« Nous avions une obligation absolue de nous imposer par rapport à nos objectifs, renchérit Vincent Collet. On avait beaucoup de pression sur ce match. On était un peu inhibés, même défensivement. » Et ça, c’est tout bonnement inacceptable dans le credo de l’éternel sélectionneur des Bleus, pour qui pourrir la vie de l’adversaire est l’alpha et l’oméga du basket.

Alors, quand les Bleus se sont retrouvés à la 12e minute avec ce fameux écart de -12 dans la face, un temps mort a tout changé. Capitaine Batum raconte :

« On s’est assis, et on a dit : "OK les gars, on souffle. Il faut juste qu’on passe la seconde en défense, qu’on intensifie un peu, qu’on donne la balle à l’intérieur". C’est ce qu’on a fait. On a réussi un bon run. » »

Très exactement onze points d’affilée en quatre minutes, avec notamment un dunk de Mathias Lessort salué par la foule comme un essai d’Antoine Dupont au Stade de France, un 3 points chanceux de Wemby et un contre de son alter ego Rudy Gobert, couvert par d’enthousiastes « qui ne saute pas n’est pas Français ».

« Le public nous a beaucoup aidés, convient Batum. Reprendre l’avantage juste avant la mi-temps, ça a été énorme. » A 20 secondes du retour aux vestiaires, un tir longue distance d’Evan Fournier, si transparent pendant la prépa, a fait passer les Bleus devant pour la première fois du match (39-36). Ils n’allaient plus lâcher l’affaire, face à des Brésiliens redescendus de leur nuage.

Avec ce soulagement, on en oublierait presque un jeu offensif toujours poussif et surtout 19 balles perdues au total, le triste lot des Français depuis le début de la préparation.

Andrew Albicy face au Brésil, ce samedi.
Andrew Albicy face au Brésil, ce samedi. - Th. Coex / AFP

« J’ai beaucoup aimé ce qu’a pu faire Isaïa Cordinier, même Andrew Albicy sur certaines séquences, ou Frank Ntilikina, relève Collet, en citant des joueurs dont la sélection pour les Jeux a été la plus discutée par les amoureux de la grosse balle orange. On a utilisé tout le monde pour maintenir un niveau d’intensité. »

Homme à tout (bien) faire du collectif bleu, Victor Wembanyama a pu savourer son premier match dans des JO. « Le premier sentiment c’est la fierté, a lâché le fan de science-fiction et d’espace, qui a la faculté d’absorber les journalistes dès qu’il apparaît en zone mixte comme un trou noir avale la lumière. C’est une chance de montrer ce dont on est capable devant tant de monde mais sans aucun sentiment de suffisance, avec simplement l’envie de travailler encore. »

Plus très loin d’un voyage à Paris

La France a donc assuré l’essentiel et peut s’offrir un billet pour Paris et les quarts de finale en cas de victoire mardi contre le Japon, croqué un peu plus tôt samedi par le champion du monde allemand (97-77), dernier adversaire de la bande à Wemby en poule.

Mais même le plus chauvin des supporteurs – oui, on parle de celui capable de se déhancher sans gêne devant l’intrusive « danse cam » de Pierre-Mauroy – est bien obligé de l’admettre : cette équipe n’a pas la gueule d’une médaillée olympique. Pas plus que les Bleus du rugby à 7 après leur triste match nul initial contre les Etats-Unis (12-12), rétorqueront les plus optimistes.