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Comme Dupont, ils ont été les plus grands « cheat codes » de l’histoire des JO

JO Paris 2024 - Rugby : Avant Antoine Dupont, les autres plus grands « cheat codes » de l’histoire des Jeux olympiques

Point faible ? trop fortLe demi de mêlée toulousain donne à l’équipe de France de rugby à VII une toute autre dimension dans le tournoi olympique. Avant lui, d’autres athlètes (ou circonstances) d’exception ont permis à leur nation de briller
William Pereira

William Pereira

L'essentiel

  • Leader de l’équipe de France olympique de rugby à VII, Antoine Dupont est clairement LE « cheat code » pour remporter l’or aux JO de Paris 2024. Injuste ? Peut-être. Mais pas unique.
  • Le modèle du genre reste la « Dream Team » US de basket de 1992, avec Jordan, Magic Johnson et d’autres stars. Les Etats-Unis avaient écrasé toutes les équipes adverses pour aller chercher l’or.
  • Mais on peut également citer Neymar, les sœurs Williams en double ou encore Michael Phelps parmi les exemples les plus connus

Comme on le lit bien trop souvent sur Internet : les hommes mentent, pas les chiffres. La première victoire de l’histoire de l’équipe de France de rugby à VII au SVNS à l’issue de la grande finale mondiale de Madrid, début juin, coïncide avec l’apparition d’Antoine Dupont dans l’effectif des Bleus. Forts de la présence du meilleur joueur de rugby au monde – n’en déplaise aux haters et tout particulièrement à Eddie Jones – ces derniers nourrissent des ambitions dorées aux JO de Paris 2024.

La concurrence prépare déjà son arsenal d’excuses à base de « ouin, ouin, vous aviez Dupont, c’est pas juste », mais le demi de mêlée n’est qu’un nom parmi la longue liste de ce que l’on pourrait qualifier de « cheat codes » dans l’histoire de l’olympisme. Des sœurs Williams à Neymar en passant par Michael Phelps, petite revue des jokers qui ont rendu les choses presque trop faciles pour leurs nations.

Neymar 2016 : le magicien exorcise les fantômes du 7-1

Qui d’autre qu’un destin sadique pouvait dresser l’Allemagne sur la route des Brésiliens en finale de LEUR tournoi olympique de Rio 2016, deux ans à peine après l’humiliation du Mineirao en demi-finale de LEUR Coupe du monde ? Le pire boss de fin imaginable, à un détail près : le ciel a eu la clémence d’accorder à la Seleçao un Neymar à son prime et en bonne santé, ce qui n’avait pas été le cas lors du 7-1 en 2014 (l'assassinat aérien du Colombien Zuniga en mode Ezio Auditore, on s’en souvient).

Buteur à chaque match à partir des quarts, il ouvre le score en finale et inscrit le tir au but de la victoire au bout du suspense. Si vous n’êtes pas convaincus, il reste toujours la compil Youtube indécente de son tournoi, à base de dribbles du turfu, de caviars servi sur un plateau d’argent et de coups francs pleine lulu. Du grand Ney, quoi.

Trichomètre : 100 % Jésus

2000-2012 : La dictature des sœurs Williams en double

Carlos Alcaraz et Rafael Nadal à Roland-Garros pour les adieux de Rafa aux JO, ça pour avoir de la gueule, ça a de la gueule. Il faudra aller chercher l’Espagne pour s’imposer en double à Paris 2024. De là à parler de la paire ultime aux JO, il y a un pas que l’on n’osera pas franchir, tout simplement parce que les Etats-Unis des sœurs Williams existent.

Pendant douze ans, Serena et Venus ont fait main basse sur le tableau du double olympique. Sur leurs trois médailles d’or remportées, trois l’ont été sans perdre le moindre set. Vous en voulez encore ? En trois finales aux Jeux olympiques, elles n’ont perdu que 12 jeux (seulement quatre sur les deux premières). La dictature, la vraie.

Trichomètre : 4000 % jusqu’en 2012, 0 % après

1992 : La « dream team » USA de Michael Jordan, Magic Johnson et Larry Bird

On vous refait pas le contexte, mais un peu quand même. Libérés de la règle interdisant les joueurs de NBA de participation aux JO, les Etats-Unis ne passent pas par quatre chemins et envoient la Dream Team pour laver l’affront de Séoul 88 (médaille de bronze). Du Goat au cm² comme on en a jamais vu – et ne venez pas à la ramener avec la Team USA 2024.

La liste : Magic Johnson, Charles Barkley, Karl Malone, John Stockton, Patrick Ewing, David Robinson, Larry Bird, Chris Mullin, Scottie Pippen, Michael Jordan, Clyde Drexler et Christian Laettner.

Scottie Pipen n'est jamais très loin de Michael Jordan.
Scottie Pipen n'est jamais très loin de Michael Jordan. - SUSAN RAGAN/AP/SIPA

L’écrasante campagne américaine donne raison aux opposants à la réforme anti-NBA. Les Etats-Unis marchent sur le tournoi avec un écart moyen par adversaire de 43,8 points et la petite touche d’insolence qui va bien : le sélectionneur de circonstance, Chuck Daly, ne prendra aucun temps mort sur l’ensemble de la compétition. Un choix acté avant le tournoi olympique par le coach historique des Pistons. « Qu’est-ce que je vais pouvoir dire que ces gars ne seraient pas capables de voir par eux-mêmes ? » Bien vu l’artiste.

Trichomètre : 1992 %

2008 et 2016 : Michael Phelps, point relais

L’appétit infini de titres de Michael Phelps n’a d’égal que son appétit tout court (10.000 calories ingérées par jour à son prime). Si l’Américain pouvait gratter une médaille de plus sur un relais, il y allait, à la grande détresse de ses adversaires. Ce serait mentir et manquer de respect au réservoir des Etats-Unis que de dire que Phelps a toujours été LE cheat code des USA sur relais, mais il y a bien au moins deux médailles d’or olympiques collectives qui n’existeraient pas sans la Balle de Baltimore : le 4x100m 4 nages de Pékin 2008 et le 4x100m de Rio 2016.

Sur le premier, Phelps rattrape le retard du brasseur Brendan Hansen, lequel avait pourtant fait de son mieux pour hypothéquer les chances de titre américaines, en pondant un classique. Son 100m papillon est le plus rapide de l’histoire en départ lancé, tellement rapide que Jazon Lesak n’aura aucun mal à finir le travail. Sur le 4x100 de Rio 2016, Phelps a tué la course en position de 2e relayeur, alors que la France était en tête. Un 2e 50m diabolique lui permettra de confier les clés du camion à Caeleb Dressel avec une seconde d’avance. Sans Phelps, les Bleus seraient sûrement allés chercher l’or.

Trichomètre : 50 %

2020-2024 : Leon, Pichardo et Fortun, les déserteurs cubains règnent sur l’Europe

L’image a dû faire bouillir jusqu’au bureau du président cubain, Miguel Diaz-Canel. L’Espagnol Jordan A. Diaz Fortun, champion d'Europe 2024 de triple saut, pose au côté de son dauphin, le Portugais Pedro Pichardo (champion olympique en titre). Leur point commun ? Ils sont nés à Cuba, ont grandi là-bas et y ont commencé leur carrière d’athlète avant de déserter comme beaucoup avant eux à la recherche d’une meilleure vie personnelle et sportive.

Pedro Pichardo, à gauche, et Jordan Alejandro Diaz Fortun, au centre, sont les grandes stars du triple-saut mondial.
Pedro Pichardo, à gauche, et Jordan Alejandro Diaz Fortun, au centre, sont les grandes stars du triple-saut mondial. - AFP

C’est un autre Cubain naturalisé depuis 2019 (polonais, le pays de sa compagne), la star du volley Wilfredo Leon, qui parle le mieux du pourquoi de la désertion. « Je me souviens qu’à une époque, chaque fois que j’avais besoin d’eau pour me laver, je devais porter un seau du quatrième étage jusqu’à un étang et le rapporter ensuite. Ce n’était pas facile après une séance d’entraînement intense d’au moins trois heures. » Prophète dans son nouveau pays, Leon n’avait pas pu mener la Pologne jusqu’au titre olympique : les Bleus de N’Gapeth étaient passés par là. Il s’est vengé en remportant le championnat d'Europe 2023.

Trichomètre : 100 % Hasta la victoria siempre

Bonus – 1980 : Le boycott des Jeux de Moscou qui fait exploser le nombre de médailles de l’URSS

Un petit cours d’histoire s’impose pour les plus jeunes et courageux de nos lecteurs, qui ont tenu bon jusqu’ici. L’URSS envahit l’Afghanistan, fin 1979, et provoque l’ire des Américains. Le président des Etats-Unis Jimmy Carter lance un ultimatum : soit les Soviétiques arrêtent leurs conneries, soient les Américains boycottent les JO 1980 organisés à Moscou, en entraînant un max de leurs copains du traité de l’Atlantique nord.

Sans grande surprise, les négociations entre le CIO, Carter et Brejnev échouent, les Etats-Unis, la Chine et l’Allemagne de l’Ouest, pour ne citer que les plus grands pourvoyeurs de médailles, renoncent aux Jeux de Moscou et organisent leur contre-soirée, le Liberty Bell Classic. L’URSS dominera ses jeux dans des proportions indécentes (195 médailles) devant la RDA (126) et la Bulgarie (41). Malgré le contexte, la France ne fera pas mieux que 8e au tableau des médailles.

Trichomètre : 80 % (comme le nombre de médailles d’or soviétiques)