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Affaire des quotas: Pourquoi la fédération se mure dans son silence

Affaire des quotas: Pourquoi la fédération se mure dans son silence

FOOTBALLDepuis le début de l'affaire, la communication de la FFF n'est pas clairement établie...
R.S.

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C’est quand les portables commencent à chauffer qu’ils ne répondent plus. A la fédé, plus personne n’est habilité à parler depuis le déclenchement du «quotagate». Le mot d’ordre est simple de la part d’Alain Resplandy, le nouveau directeur général de la FFF: aucun des 240 salariés n’est habilité à s’exprimer. Black-out total. Depuis la conférence de presse du 29 avril, en présence de François Blaquart et Fernand Duchaussoy, le président de la fédération ne s’est exprimé que pour dire qu’il ne parlera pas avant la fin des auditions.

«Il s’agit de ne pas ajouter d’huile sur le feu, analyse Christophe Reille, spécialiste en communication de crise qui a notamment travaillé avec Jérôme Kerviel. Ils veulent éviter les initiatives désastreuses: la divulgation des états d’âmes des uns et des autres, voire des règlements de comptes.» Vu le climat qui règne actuellement à la FFF, cela semble judicieux. En cas de crise, la marche à suivre est simple selon ce spécialiste: «Définir un message clair, l’adapter à la personnalité ou l’emblème de cette crise, trouver des alliés. Il faut hiérarchiser les moyens à mettre en œuvre et aujourd’hui, ils sont peut-être dans cette phase.» A moins qu’ils ne temporisent. Ou cogitent.

La fédé victime du supplice chinois

A la fédé, la communication de crise devrait pourtant être bien rôdée après l’épisode Knysna et l’affaire Zahia. Mais l’improvisation semble toujours de mise. «S’il y avait eu plus de professionnalisme dans la communication, les réactions initiales n’auraient pas été les mêmes», enchaîne Didier Heiderich, président de l'Observatoire international des crises. Les dénégations initiales de Blaquart ou Blanc ont un effet désastreux en termes d’image. Difficile pour la fédé de rattraper le coup quand de nouveaux éléments à charge sont dévoilés au fil des jours par Mediapart.

«C’est le supplice chinois de la goutte d’eau qui tombe tous les jours et qui finit par rendre fou. La pire des situations qu’on puisse connaître en cas de crise», note Christophe Reille. Mediapart maîtrise son calendrier. La FFF, elle, subit sans broncher avec un directeur de communication, Pierre-Jean Golven, totalement muet et un président qui semble dépassé. «Quelque part, avoir de l’envergure pour calmer tout le monde doit faire partie des fonctions du président, poursuit Didier Heiderich. Mais ces gens-là sont “médiatrainés” pour livrer un message au coup par coup. Visiblement, il leur manque une stratégie de communication.» Pas la meilleure des publicités pour une fédération de plus en plus taxée d’amateurisme ces derniers temps.