Quotas dans le foot: La FFF au bord de l'implosion

FOOTBALL Fernand Duchaussoy était-il au courant depuis près de six mois du contenu explosif de la réunion au cours de laquelle l'idée des quotas discriminatoires a été évoquée?...

A.P. et A.M.
— 
Le président de la fédération française de football, Fernand Duchaussoy, le 23 juillet 2010 à Paris.
Le président de la fédération française de football, Fernand Duchaussoy, le 23 juillet 2010 à Paris. — B.Schults/REUTERS

Dix mois après Knysna, la Fédération française de football (FFF) subit un nouveau séisme. Cette fois, le scandale ne vient pas d’un bus à l’arrêt mais d’un smartphone. Celui avec lequel Mohammed Belkacemi a enregistré la réunion du 8 novembre dernier, à laquelle participait Laurent Blanc, le sélectionneur et François Blanquart, le DTN. C’est cet enregistrement qui a permis à Médiapart de révéler que la direction technique nationale envisageait d’instaurer des quotas ethniques dans ses sélections.

>> A lire notre portrait de Mohammed Belkacemi

Lors d’une courte intervention enregistrée sur Infosport mardi soir, Mohammed Belkacemi a nié être «la taupe» de Médiapart.  Avec l’aide de notes, ce conseiller technique national en charge du football de quartier a livré ses motivations: «J'ai enregistré cette réunion pour témoigner en interne des propos inqualifiables que j'avais entendus auparavant».

Même Chantal Jouanno s’interroge

Mohammed Belkacemi assure avoir transmis le contenu de cette discussion dès le 9 novembre 2009 à un haut dirigeant de la FFF,  André Prévosto, aujourd'hui chargé du football amateur à la FFF, un proche du président, Fernand Duchaussoy. «Depuis cette date, l'enregistrement n'était plus entre mes mains mais en possession de la Fédération».  La question est maintenant de savoir si Fernand Duchaussoy  était au courant de ces propos depuis près de six mois. «Monsieur Prévosto a porté ces éléments pour la première fois à ma connaissance jeudi dernier, à la suite des révélations du site Mediapart», dément le président du foot français dans un communiqué. Il y menace aussi ceux qui soutiendraient le contraire de poursuites judiciaires.

Pourtant même la ministre des Sports, Chantal Jouanno,  s’interroge. « Pourquoi cet enregistrement a été fait, pourquoi il ne sort que six mois après, en pleine période préélectorale à la Fédération», a-t-elle confié sur France Inter mercredi. Elle a d’ailleurs ordonné la scission des commissions d’enquête, celle de la FFF et celle diligentée par son ministère. Elles poursuivront les auditions jusqu’à la fin de la semaine, mais chacune de leur côté. Pas franchement une preuve de confiance.

A la suite de débordements sur ce type de sujets, nous sommes contraints de fermer cet article aux commentaires. Merci de votre compréhension.