On a retrouvé l'inventeur du vuvuzela

MONDIAL2010 Freddie Saddam Maake revendique la paternité de l'odieuse trompette...

Antoine Maes

— 

 Un supporter sud-africain souffle dans son vuvuzela.
 Un supporter sud-africain souffle dans son vuvuzela. — M.Hutchings / REUTERS

De notre envoyé spécial à Johannesburg,

Ces temps-ci, c’est l’homme le plus détesté du monde, mais peut-être aussi le plus malchanceux. Alors que des centaines de milliers de vuvuzelas se vendent chaque jour comme des petits pains, en Afrique du Sud et partout dans le monde, Freddie Saddam Maake jure ses grands dieux que c’est lui l’inventeur de cet objet si décrié. Il aurait trafiqué un klaxon de voiture au milieu des années 70 (photo à l’appui), puis aurait perfectionné son arme de destruction massive des tympans. Sauf qu’il n’a jamais pensé à déposer un brevet, et que les bénéfices ne vont pas dans sa poche. Ou presque pas.

«Pour 1000 rands, on peut tomber d’accord»

Aujourd’hui, il habite à Tembisa, un township d’un million d’habitants, à une heure au nord de Johannesburg, là où s'entraine la Corée du Nord. Et s’il n’est pas millionnaire, il compte bien se rattraper. On a récupéré son numéro de téléphone, et tenté de convenir d’un rendez-vous. «Venez chez moi, je vous raconterai toute l’histoire», a-t-il promis. Sauf que ce n’est pas gratuit. «On peut tomber d’accord pour 1000 rands (100 euros)», explique le bonhomme de 55 ans. Et oui: s’il a loupé le train de la fortune, Freddie Saddam Maake espère toujours monter en marche. Il a même développé un vrai business, puisque les journalistes, accourus de toute la planète (Brésil, Pologne et Belgique jeudi, France vendredi), sont tous d’accord pour mettre du beurre dans les épinards de ce supporter des Bafana Bafana et des Kaizer Chiefs.

Une marge de 4,40 euros

Des broutilles, tout de même, comparé à ce que ramasse chaque jour Neil Van Schalkwyk, un entrepreneur du Cap que L’Express.fr a rencontré. Sentant venir la tendance, il a breveté les vuvuzelas en plastique. Coût de fabrication? Seulement 60 centimes d’euros. Prix de vente moyen à tous les feux rouges de Johannesburg? Cinq euros. Impossible de faire les comptes maintenant. Mais quand on voit la marée de vuvuzelas qui a investi ce mondial, il est fort probable que Van Schalkwyk paiera un peu plus d’impôts que Freddie Saddam Maake.