JO 2028 : Teddy Riner rempile au PSG, pour le plaisir et préparer « comme il se doit » son ultime défi américain
objectif LA•Le colosse guadeloupéen a officialisé ce mercredi son nouveau contrat avec le PSG. Le choix du cœur, dans sa quête d’une quatrième médaille d’or olympique individuelle à Los Angeles dans deux ansNicolas Camus
L'essentiel
- Teddy Riner et le PSG ont officialisé ce mercredi au Parc des Princes la signature d’un nouveau contrat pour deux ans, menant le judoka jusqu’aux Jeux olympiques de Los Angeles.
- À 37 ans, malgré des blessures récentes à l’épaule et au coude, le colosse guadeloupéen vise une quatrième médaille d’or olympique individuelle en 2028. « J’ai encore envie de faire encore de belles et grandes choses dans ce sport. Tant que le plaisir est là, je continue », explique-t-il.
- Pour préparer ce dernier défi, Riner prévoit de participer à cinq ou six compétitions sélectionnées avec soin pour intégrer le top 10 mondial, avec l’objectif d’obtenir « un judo parfait comme à Paris, mais encore mieux » pour finir son immense carrière en apothéose.
Tout le monde parle d’un retour, mais comme il le dit lui-même, Teddy Riner n’est « jamais parti bien loin ». En s’engageant à nouveau avec le PSG ce mercredi, le triple champion olympique de judo en individuel chez les lourds ne fait que renouer le fil d’une histoire démarrée il y a près de vingt ans. « Paris, c’est ma maison, mon premier amour, clame le colosse, qui s’est offert une petite tournée médiatique au Parc des Princes pour officialiser la chose. Ça a été mon club formateur, je ne concevais pas de finir ma carrière ailleurs. » Son précédent contrat s’était achevé en 2025, mais comme il n’a pas combattu depuis, la nouvelle était un peu passée inaperçue.
Pas rassasié
C’est donc chez lui que le judoka va préparer son ultime défi : glaner une quatrième couronne olympique dans la catégorie reine à Los Angeles, pour entrer définitivement au Panthéon du sport français. Il n’aurait même pas besoin de ça, en réalité. Ça fait bien longtemps qu’il a acquis son statut de légende, avec son palmarès qui pèse au moins autant que lui (11 titres mondiaux, 5 médailles d’or olympiques avec les deux remportées par équipe). Mais à 37 ans, il n’est toujours pas rassasié.
« « J’ai encore envie de faire encore de belles et grandes choses dans ce sport. Tant que le plaisir est là, je continue. Si ce n’était plus le cas, si j’avais senti quelque chose en moi qui m’empêchait de me lever le matin, j’aurais arrêté, assure-t-il. Aujourd’hui, je suis toujours hyper content de me lever le matin pour aller m’entraîner, et encore améliorer mon judo. » »
Le chemin qui mène jusqu’en Californie à l’été 2028 est semé d’embûches, il en a bien conscience. Forfait pour les Mondiaux du mois d’octobre à cause d’une blessure à l’épaule (la même qui l’avait contraint à l’opération en 2013), après avoir dû subir une intervention au coude, il sait son corps sur un fil. Logique, au bout de deux décennies à repousser les limites de son extraordinaire machine. « Je vois un chemin sinueux, montagneux, projette le Guadeloupéen. Ça ne va pas être facile, bien évidemment. Il n’y a jamais rien de facile dans notre sport. C’est dur d’aller chercher ces médailles. C’est des années pour des secondes. »
C’est aussi pour ça que le choix de s’inscrire à nouveau dans le projet PSG était naturel. Lui qui n’a plus combattu depuis décembre 2024 – en Ligue des champions avec le club parisien – a besoin de se trouver dans un projet collectif pour avancer. « L’objectif pour moi, c’est de donner, en tant que grand frère et locomotive, l’envie à ces jeunes de prendre un peu la relève, de leur montrer la voie, explique Riner. Et sportivement, on veut gagner une Ligue des champions. » Dans un monde idéal, il aurait fait ses débuts fin octobre pour le rendez-vous à Paris, mais on comprend dans la manière dont il amène les choses que les délais seront trop courts :
« Je vais faire mon maximum pour revenir de cette blessure, mais vous me connaissez, il faut savoir être patient. On va y arriver, step by step. On veut que ce soit solide. Ce sont mes deux, trois dernières belles années. Je veux mettre un point d’honneur à ce qu’elles soient belles, positives. Je veux les faire dans de bonnes conditions et surtout dans la bonne humeur. »
Les copains du club, on y revient. Même si pour le gros du boulot, il sera seul face à lui-même. Sorti des classements mondiaux, il va devoir sélectionner avec soin les compétitions auxquelles il va participer dans les mois à venir. Il y en aura « cinq, six » dans son esprit, « pour bien se placer dans le top 10 » et valider tranquillement sa qualification. Dans tout ça, très probablement les championnats du monde de l’an prochain, et quelques Grands Chelems.
Notre dossier sur Teddy RinerLes choses sont assez claires dans sa tête, en tout cas. « J’ai prouvé que chaque fois que je montais sur un événement, c’est pour la première marche et la plus belle des médailles. Si je m’engage et si je fais quelque chose, c’est pour gagner, rappelle-t-il, déterminé. Je veux un judo parfait comme à Paris, mais encore mieux. Pour terminer et tourner la page de ma carrière comme il se doit. » L’opération Panthéon est lancée.



















