On a fini « Marvel’s Wolverine », avec un Logan aussi bestial que torturé
on sort les griffes•« Marvel’s Wolverine » est un cocktail réussi d’action spectaculaire et d’une histoire qui nous plonge au début de l’ère X-MenTom Comminge
L'essentiel
- «Marvel’s Wolverine » d’Insomniac Games propose un gameplay brutal et violent qui contraste avec Spider-Man, mettant l’accent sur la puissance et la rage du personnage avec un système de combat physique incluant démembrement et décapitation, ainsi qu’un système de rage en trois niveaux.
- Le jeu adopte une structure linéaire plutôt qu’un monde ouvert, un choix justifié par Walt Williams qui explique que « Logan est quelqu’un de déconnecté et qui se cache pour ne pas faire peur », permettant ainsi de maintenir un rythme constant et efficace tout au long de l’aventure qui dure entre 10 et 15 heures pour la trame principale.
- L’histoire met en scène Wolverine au cœur des X-Men avec des personnages emblématiques comme Jean Grey, décrite par Walt Williams comme « le miroir de Wolverine » qui « apporte une dimension plus sensible à un Logan complètement perdu et avide de colère », bien que le scénario reste globalement prévisible et ne cherche pas à révolutionner le genre.
Wolverine fait un retour tranchant sur PlayStation avec Marvel’s Wolverine. Après avoir brillamment mis en scène Spider-Man, Insomniac Games change de registre et troque les toiles d’araignée contre des griffes en adamantium. 20 Minutes a pu rencontrer Walt Williams, directeur narratif chez Insomniac Games. Ce dernier nous promet une aventure brutale et sanglante, mais qui conserve cette volonté de rendre le joueur immédiatement acteur de l’action. Après avoir fini le jeu, on peut dire que sur ces points, Marvel’s Wolverine frappe fort.
Un gameplay tranchant et jouissif
« Nous voulions que les mouvements de Wolverine aient ce sens animaliste et brutal, explique Walt Williams, directeur narratif chez Insomniac Games. Il n’est pas un personnage acrobatique comme Spider-Man. C’est un homme dont chaque chose qu’il fait est liée à sa puissance et sa rage. »
Niveau gameplay, c’est la plus grande réussite de Marvel’s Wolverine. Là où Spider-Man mise sur la fluidité, l’agilité et les déplacements aériens, Wolverine donne immédiatement une sensation différente. Il est violent, athlétique, mais aussi plus trapu. Ses mouvements sont plus lourds, plus brutaux et directs. On ressent véritablement la différence de gabarit entre les deux héros. Fini les sbires coincés dans une toile. Ici, c’est démembrement et décapitation au programme. Une chose est sûre, Wolverine ne cherche pas à mettre ses adversaires hors d’état de nuire avec élégance.
Ses capacités de régénération participent évidemment à cette sensation de puissance. Le personnage peut se permettre de foncer dans le tas et de prendre des risques qu’un héros plus classique ne pourrait pas se permettre (mais si vous abusez, vous perdrez). Cette approche rend donc les affrontements particulièrement satisfaisants. On a constamment cette impression de jouer un personnage capable de faire des dégâts considérables, sans pour autant avoir l’impression d’être totalement intouchable. Une nuance importante, qui permet aux combats de conserver leur intérêt.
Le jeu aborde également un très léger côté RPG avec son arbre de compétences. Wolverine engrange de l’expérience qui permet de débloquer des enchaînements toujours plus ravageurs et létaux. Ces mécaniques rendent les combats encore plus nerveux et jouissifs.
« Si on n’avait pas embrassé la rage de Berserker dans Logan, on n’aurait pas donné aux joueurs l’ultime fantaisie de Wolverine qu’ils cherchaient dans ce personnage, rajoute Walt Williams. »
Le système de rage, divisé en trois niveaux, rend hommage au côté colérique de Wolverine. Il offre un dynamisme fou lorsque ses émotions nerveuses prennent le dessus. Les ennemis finissent par devenir des punching-balls complètement zigouillés. C’est jouissif, et ça donne surtout plus de facilité pour annihiler des vagues d’adversaires. On note toutefois une caméra un peu en pagaille lorsque le nombre d’ennemis augmente. Dans les combats les plus chargés, cette confusion peut casser très légèrement le rythme.
Wolverine au cœur des X-Men
L’autre grande force du jeu réside évidemment dans son univers. Marvel’s Wolverine nous plonge dans une ère où les X-Men sont encore méconnus du grand public. On retrouve des personnages emblématiques qui ont fait la légende de cette bande loufoque de méta-humains. Jean Grey, Mystique ou encore Dents-de-Sabre viennent prêter main-forte à Wolverine pour faire face aux dangers des chasseurs de mutants. La première, chouchou de Logan, occupe une place particulièrement importante.
« Jean est le miroir de Wolverine, souligne Walt Williams. Elle apporte une dimension plus sensible à un Logan complètement perdu et avide de colère. C’est un personnage marquant du jeu. »
Jean Grey est clairement une autre force de ce jeu. Sa présence permet de contrebalancer la violence permanente qui accompagne Wolverine. Là où Logan est souvent guidé par ses instincts et sa rage, Jean apporte davantage de douceur et d’émotion. Leur iconique relation devient ainsi un élément essentiel de l’aventure.
C’est d’ailleurs l’un de nos petits regrets du jeu. Avec l’importance de Jean dans le récit, il aurait été particulièrement intéressant de pouvoir l’incarner à certains moments. Son rôle et ses capacités auraient pu offrir une vraie variation dans le gameplay, tout en permettant d’explorer davantage sa personnalité. « On a voulu se concentrer à 100 % sur une expérience Wolverine, mentionne Walt Williams. Si nous développons de nouveaux jeux autour des X-Men, c’est une chose à laquelle on pourrait penser. »
Une aventure qui va droit au but
Contrairement aux aventures de Spider-Man, Marvel’s Wolverine ne mise pas sur l’exploration. Le jeu nous guide facilement et les phases où l’on doit réellement chercher son chemin sont inexistantes.
« Spider-Man, c’est l’araignée sympa du quartier, explique Walt Williams. C’est un héros entre guillemets normal qui aide, tout en restant proche des citoyens qu’il protège. Wolverine, lui, se bat pour l’injustice et n’hésite pas à tout détruire. Il sait aussi qu’il peut devenir dangereux et qu’il peut blesser des gens autour de lui. Logan est quelqu’un de déconnecté et qui se cache pour ne pas faire peur. C’est pour ces raisons que nous avons choisi une expérience linéaire. Faire un monde ouvert avec un tel personnage n’est pas cohérent. »
Pour certains, cela pourra sembler être une faiblesse. Insomniac Games nous a habitués à des mondes ouverts vastes et dynamiques. Pour le jeu de Wolverine, le joueur est très souvent accompagné, orienté et ramené vers son objectif. Mais ce choix possède aussi une qualité évidente : le rythme. Le jeu ne s’attarde pas inutilement et enchaîne rapidement les séquences d’action, les dialogues et les moments narratifs. On avance sans difficulté particulière, avec cette sensation d’être constamment embarqué dans l’histoire.
La DualSense de la PS5 joue également un rôle dans cette immersion. Les sensations retransmises par la manette participent à mieux ressentir les scènes et renforcent cette impression d’être au cœur de l’action. Ce n’est évidemment pas ce qui transforme le jeu à lui seul, mais ça montre que les accessoires de la PS5 peuvent aussi accompagner une expérience pensée pour l’immersion.
Une histoire efficace, mais prévisible
Sur le plan narratif, Marvel’s Wolverine fait plutôt bien les choses. Le jeu nous introduit un Logan perdu, presque inhumain.
« Quand on pense à Wolverine, l’une des principales caractéristiques qui ont fait sa popularité est son côté mystérieux, raconte Walt Williams. C’est une histoire originale, mais qui reste dans l’esprit du personnage. »
La suite de l’histoire s’enchaîne naturellement et les différentes péripéties permettent de maintenir un rythme constant. Les personnages connus de l’univers X-Men contribuent évidemment à donner du poids à l’ensemble, tandis que la relation entre Wolverine et les autres protagonistes apporte plusieurs respirations dans cette aventure particulièrement violente. Le principal reproche que l’on pourrait adresser au scénario concerne finalement sa prévisibilité. Certaines situations sont facilement anticipables et l’histoire ne cherche pas toujours à surprendre. Quelques scènes parviennent malgré tout à prendre le joueur à contre-pied, mais sans réellement bouleverser les codes du genre.
Ce n’est donc pas nécessairement par son scénario que Marvel’s Wolverine cherche à révolutionner le jeu vidéo. Il préfère proposer une aventure maîtrisée, efficace et centrée sur son personnage principal. Et ça fonctionne plutôt bien. Reste la question de la durée de vie. Il faudra compter environ 10 à 15 heures pour venir à bout de la trame principale, tandis que les joueurs souhaitant atteindre les 100 % pourront plutôt viser les 20 à 30 heures grand max. Une durée qui peut sembler courte, surtout pour une grosse production de cette envergure. Mais elle a aussi le mérite d’éviter les longueurs.



















