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Ultim Challenge : « J’étais venu chercher une aventure et je l’ai trouvée », souffle Caudrelier après son tour du monde
voile•A peine le pied posé à terre, le skippeur breton est revenu quelques minutes sur son extraordinaire voyage des 50 derniers joursN.C. avec AFP
Champagne ! Après un peu plus de 50 jours en mer, Charles Caudrelier a pris le temps de savourer sa victoire sur l’Arkéa Ultim Challenge, ce mardi matin. À son arrivée sur le ponton du quai Malbert à Brest vers 10h30, deux heures après avoir franchi officiellement la ligne d’arrivée de cette inédite course autour du monde en solitairev sur des maxi-trimarans, le skippeur breton a été porté en triomphe par ses équipiers, avant de raconter brièvement sa joie aux médias.
Que retenez-vous de ce périple de 50 jours autour du monde ?
C’est très particulier, j’ai à la fois l’impression que c’était très long et en même temps très rapide. Je me rappelle de ce départ fulgurant où nous étions tous au contact, puis de cette première partie de course qui était vraiment très animée avec Tom Laperche. Cela m’a permis de creuser un écart qui m’a ensuite donné la possibilité de gérer la course. J’étais venu chercher une aventure, et je l’ai trouvée.
Comment vous êtes-vous senti pendant la traversée ?
Super bien, très à l’aise ! J’avais beaucoup d’énergie, probablement car j’ai été devant rapidement. Je n’ai pas trouvé cela particulièrement dur physiquement, davantage psychologiquement. C’est énormément d’émotions une course en solitaire. La durée, l’engagement… Ce qui m’a le plus manqué, ce sont mes proches, mes enfants (il en a deux). Mais je me suis mis dans ma bulle et ils sont habitués car depuis qu’ils sont nés, ils me voient faire des tours du monde.
Il y a tout de même eu des moments de doute ?
Quand j’ai déchiré ma grand-voile après le cap Horn, je me suis senti très coupable, j’avais fait une bêtise et je pensais que la course allait se terminer, j’étais en danger. Mais mon équipe m’a proposé une solution (à distance) et j’ai réussi à réparer en une dizaine d’heures. C’est aussi ça un tour du monde, même en solitaire : un vrai travail d’équipe. Sans elle je ne peux rien faire. Ce bateau, je suis incapable de le développer seul.
Justement, quel est votre lien avec ce navire ?
Ce bateau est une légende, de sa conception à son palmarès et j’avais vraiment envie d’accrocher cette étoile-là en plus à son CV. Pourtant, je ne suis pas très fétichiste des objets, mais ce voilier est dingue. Moi, j’ai la chance de le mener depuis 2019, il m’a ramené à bon port car j’avais confiance en lui. Mon rôle c’était de le ménager. Je le remercie car il a marqué ma vie et celle de toute l’équipe. J’espère qu’il va rentrer dans les livres d’histoire car il le mérite.



















