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Prix, maturité, qualité… L’arrivée de Dembélé, pas une mauvaise affaire

PSG : Prix, maturité, qualité… Pourquoi l’arrivée d’Ousmane Dembélé n’est pas forcément une mauvaise affaire

FOOTBALLOusmane Dembélé débarque au PSG en provenance du Barça. Malgré des années difficiles au Camp Nou, le Français a des qualités qui manquent à Paris. Les (grosses) blessures semblent derrière lui
William Pereira

William Pereira

A force, le Barça finira par se demander si la remontada de 2017 valait bien la peine. Six ans que les Blaugranas subissent une dictature du karma menée à coups de millions par le Paris Saint-Germain. D’abord Neymar, 222 plaques pour faire sauter la clause, la banque, le marché des transferts et les nerfs des dirigeants catalans. Paniqués, ces derniers utiliseront le magot à mauvais escient : plus de la moitié (127 millions d’euros) ira au Borussia Dortmund (et un peu à Rennes) pour le transfert d’Ousmane Dembélé. Le début d’une politique sportive médiocre qui conduira à l’endettement jusqu’au cou, et au départ gratos de Messi en 2021… à Paris.

Deux ans plus tard, comble de l’acharnement, le PSG se lance dans un nouveau braquage du supermarché Camp Nou, dont les rayons sont pourtant désespérément vides, et repart avec Dembélé. Un deal à 50 millions d’euros dont le Barça ne touchera que la moitié, fruit d’une clause activée au buzzer par Paris et dont il faudra un jour questionner l’existence. Joan Laporta ne sait plus trop à qui s’en prendre. D’abord Paris, ensuite le joueur et ses représentants. Aux bons termes avec les Culés, qu’il ne voulait pas froisser en partant, l’ancien Rennais aurait préféré les termes du contrat : les 25 millions restants seront pour lui et ses représentants d'après la narration ibère. En guise de représailles, son ancien club a fait traîner les négociations, mais nous y voilà. Ousmane Dembélé est un joueur du Paris Saint-Germain pour cinq ans.

Que Barcelone se rassure, la malédiction parisienne dépasse rarement l'éuphorie du mercato. Neymar a certes fait lever le Parc des Princes à moult reprises, son image s’est finalement dégradée – parfois injustement - à mesure que son niveau à Counter Strike progressait. Le voilà aujourd'hui conduit vers la sortie. Pour Messi, ce fut un mélange d’adaptation compliquée, d’incompréhension puis de je m'en foutisme. Tout le monde semble croire que Dembélé suivra les traces de ses illustres aînés sur l’autoroute savonneuse qu’est Paname. Sauf nous. Puisqu’il faut bien croire à quelque chose, nous mettons pour une fois notre mauvaise foi au service de l’optimisme en expliquant pourquoi Ousmane Dembélé ne va pas floper à Paris.

Une bonne affaire

C’est assez important pour être surligné en rose fluo : pour une fois, le PSG ne se fait pas pigeonner à l’achat. 50 millions pour un joueur acheté plus du double, et dont la valeur marchande est estimée à 60 millions (par Transfermarkt), c’est plutôt pas mal. Sur l’échelle Ugarte, c’est carrément une bouchée de pain. Avec en filigrane, le petit plaisir de faire enrager la Catalogne, où l’on est allé jusqu’à parler de « guerre » entre Paris et Barcelone, fin juillet. L’affaire n’est pourtant pas si pire pour le club ibère, qui renforce son pécule alors que Dembélé aurait très bien pu filer libre l’été prochain. Pas sûr en revanche que cela suffise à formuler une offre décente pour remplacer « Dembouz » par Bernardo Silva.

Xavi n’en dit que du bien

L’ancien milieu de terrain espagnol est un entraîneur exigeant, aux postures très clivantes. S’il a un temps pensé de Kylian Mbappé qu’il était « plus physique que talentueux », Xavi n’a en revanche jamais douté d’Ousmane Dembélé. « J’ai déjà dit à de nombreuses reprises que, pour moi, il a le potentiel d’être le meilleur au monde à son poste, déclarait l’entraîneur du Barça après la victoire 3-0 contre le Real Madrid au plus haut de la pré-saison. Je l’ai dit lors de ma présentation et je le répète aujourd’hui : il est capital pour moi. Il fait des différences en un contre un. J’ai confiance en lui et il répond à cette confiance. » En son temps, Messi avait aussi eu une approche comparable, en prenant l’ancien Rennais sous son aile.

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Xavi, qui s’est finalement dit « déçu » de la décision prise par son désormais ex-joueur, avait par ailleurs organisé, plusieurs réunions avec le Français, fin juillet, dans le but de le convaincre de rester. En vain. On a vu pire dans le genre gage de qualité, et il est difficile de donner tort au coach catalan. C’est en tout cas un profil, qui, intrinsèquement, ne fera pas de mal à un PSG peu tranchant lors des matchs de préparation, tant sur transition rapide que face à des blocs plus compacts, en l’absence de Kylian Mbappé, dont on ne sait d'ailleurs pas s'il rejouera un jour avec le maillot rouge et bleu.

Ousmane a grandi et se blesse moins

Mais il a fallu que Xavi lui tire les oreilles pour accélérer sa croissance. Aujourd’hui, le mème « Dembélé : 11 minutos tarde » (« Dembele en retard de 11 minutes [à l’entraînement] ») n’est plus que de l’histoire ancienne. On se rappellera toutefois que sa dernière faute de ponctualité de trois minutes, fin 2021, lui aura valu la première amende de l’ère Xavi. Depuis, ça file droit. Dans la mesure où l’on imagine pas du tout Luis Enrique comme un personnage laxiste, il n’y a pas vraiment de raisons pour qu’Ousmane retombe dans ses travers(ins).

L’idée globale est celle d’une maturité symbolisée par la paternité. Dembélé est devenu papa à 25 ans (il en a aujourd’hui 26) et semble avoir moins de latitude pour faire n’importe quoi. « Je suis plus responsable, plus mature, je n’ai plus 19-20 ans », jurait-il au début de la Coupe du monde 2022. Nous l’évoquions au Qatar, son approche du métier est devenue plus pro, ce qui lui a permis de réduire les blessures de manière significative. Il n’a pas été écarté des terrains de 2021 à fin janvier 2023 (blessure aux ischio-jambiers dans les deux cas). Comme tout joueur de sa dimension, l’ailier est désormais accompagné depuis trois ans par un préparateur physique et un kiné. Ce dernier est basé à Paris. Parfait pour la logistique et le suivi.

Au moins, on va se marrer

Et si, au bout du compte, Ousmane Dembélé n’était pas la quintessence de ce qui constitue le Paris Saint-Germain, le fameux ADN, à savoir le burlesque. Après re-re-revisionnage de ses moments les plus marrants du Stade Rennais à Barcelone en passant par Dortmund et les Bleus, nous sommes en mesure d’affirmer qu’aucun autre joueur ne peut s’asseoir à la table de l’international français quand il s’agit d’humour. Parmi ses plus grands hits ? « Tranquilo de quoi toi ? », « J’aimais beaucoup Lilian Thuram et l’autre, le gardien », « el trafico » ou encore « la casquette » ont fait pleurer de rire toute une génération. Si Luis Enrique ne sait pas quoi faire de lui, le community manager du PSG, lui, saura tirer le meilleur de Dembélé.