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A défaut de gros écarts, le Puy de Dôme a fait son petit effet

Tour de France 2023 : A défaut de gros écarts, le Puy de Dôme a fait son petit effet

cyclismeLa 9e étape ce dimanche arrivait au sommet du célèbre volcan auvergnat, qui n’avait plus accueilli le Tour depuis 35 ans
Nicolas Camus

Nicolas Camus

L'essentiel

  • La 9e étape du Tour de France marquait le retour au sommet du Puy de Dôme, 35 ans après la dernière arrivée ici.
  • Au terme d’une échappée fleuve qui a compté jusqu’à 15 minutes d’avance, le Canadien Michael Woods s’est imposé après avoir rattrapé Matteo Jorgenson dans les 500 derniers mètres.
  • Derrière, Tadej Pogacar a mis un nouveau petit coup sur la tête de Jonas Vingegaard en réussissant à le lâcher dans cette montée si particulière, sans public sur les quatre derniers kilomètres.

Cette étape, on en parlait depuis la présentation, en octobre dernier. Pensez donc, une arrivée au sommet du Puy de Dôme, lieu de grands exploits en noir et blanc et qu’on pensait ne plus pouvoir admirer un jour, ce serait forcément l’événement de ce Tour de France 2023. On ne dira pas que cette 9e étape a tenu toutes ses promesses, avec une échappée fleuve partie dès le kilomètre 0 et des prétendants au général simplement en mode survie sous la pression de la Jumbo loin derrière, mais elle valait clairement le coup d’œil, rien que pour ce final singulier, sans aucun public, où l’on pouvait presque entendre les coureurs respirer. « C’était très spécial, racontait Jasper Philpsen à l’arrivée. Il y avait beaucoup de monde au pied de l’ascension, et puis d’un coup juste le vent dans les oreilles. »

Car le retour du peloton tout en haut du plus célèbre des volcans d’Auvergne ne s’est pas fait sans concession de la part des organisateurs. Labellisé Grand Site de France et classé au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 2018, il est soumis à un cahier des charges drastique pour y limiter l’activité humaine. Pas besoin d’un dessin pour voir la contradiction avec la venue de la caravane du Tour. Va donc pour l’interdiction du public sur les quatre derniers kilomètres, et un nombre de véhicules réduit au strict minimum.

Jorgenson à deux doigts du coup parfait

Dans ce silence de cathédrale, loin des habituelles arrivées au sommet où les spectateurs chauffés à blanc s’écartent au dernier moment pour libérer la route aux coureurs, c’est le Canadien Michael Woods qui l’a finalement emporté et qui verra son nom rester dans les livres d’histoire. Une victoire qui semblait totalement improbable au pied de la montée, quand il comptait encore deux minutes de retard sur Matteo Jorgenson, qui avait faussé compagnie à ses 13 compagnons d’échappée à 45 kilomètres de la ligne.

L’Américain a résisté, seul, et même creusé l’écart pendant les deux premiers tiers du Puy de Dôme, avant de coincer dans ces fameux quatre derniers kilomètres, comme le trio de coureurs qui était à ses trousses. Woods, parti d’un deuxième groupe de chasse dont on avait presque oublié l’existence, a avalé les fuyards un à un, jusqu’à déposer le pauvre Jorgenson à 400 mètres de la ligne pour lui chiper cette victoire de prestige.


Michael Woods sur le pdoium (avec une vue assez sympa).
Michael Woods sur le pdoium (avec une vue assez sympa).  - Daniel Cole/AP/SIPA

« Je dois me pincer, j’ai du mal à réaliser. Moi-même au début de la montée je ne pensais pas être capable de gagner. Mais je me suis dit qu’il fallait donner le maximum et voir ce qu’il passe, a-t-il débriefé quelques minutes plus tard. C’est toujours mieux d’être à ma place qu’à celle de Jorgenson. Quand on peut voir quelqu’un devant soi, on pense toujours que c’est possible. » Le Canadien a en effet été servi par le profil particulier de ce col, qui comprend peu de virages. Avoir l’homme de tête en ligne de mire l’a aidé à appuyer un peu plus fort sur les pédales, à défaut de se sentir pousser par le public, et lui a permis d’aller chercher à 36 ans « la plus belle victoire » de sa carrière.

Loin, très loin derrière après avoir laissé un bon quart d’heure de marge à l’échappée, les cadors ont découvert à leur tour cette ascension rendue mythique par le duel entre Anquetil et Poulidor en 1964, les victoires d’Ocana, de Merckx, de Zoetemelk, jusqu’à celle du méconnu Danois Weltz en 1988 lors du dernier passage du Tour. L’équipe du maillot jaune a fait le tri par l’arrière dans la première partie, avant de laisser le champ à l’image que tout le monde attendait, l’explication entre Vingegaard et Pogacar dans les pentes à 12 %, avec option « vue sur la chaîne des puys ».


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Comme à Cauterets jeudi, c’est le Slovène qui est passé à l’attaque en premier et qui a encore réussi à lâcher son rival. Mais pas de grand écart, cette fois. On retiendra cette vision des deux hommes au maximum de leur effort, à un kilomètre du sommet, seulement séparés par une dizaine de mètres qui semblaient un gouffre à ce moment-là. Si Vingegaard n’a finalement concédé que sept secondes sur la ligne, conservant son maillot, Pogacar a une nouvelle fois incontestablement marqué des points.

« Jonas était fort, mais les jambes tournaient bien et j’ai pu envoyer. Je suis très heureux de pouvoir reprendre un peu de temps et le mettre sous pression », savourait le double vainqueur de l’épreuve. Malgré le flegme affiché à l’arrivée, on imagine que ça doit commencer à bouillonner sous le casque du Danois, qui voit son meilleur ennemi monter en puissance à chaque nouvelle journée. Pas sûr que la magnifique vue à 360° qui s’offrait à lui au moment de monter sur le podium pour recevoir son nouveau maillot jaune ait suffi à apaiser ses tourments avant de redescendre vers Clermont.