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Après avoir tous cru que le Tour était plié, on dit « merci Pogi »

Tour de France 2023 : Après avoir tous cru que le Tour était plié, on dit merci à Pogacar

cyclismeTadej Pogacar, largement distancé par Jonas Vingegaard la veille, a remporté la 6e étape du Tour ce jeudi en prenant sa revanche sur son rival
Nicolas Camus

Nicolas Camus

L'essentiel

  • Tadej Pogacar a remporté la 6e étape du Tour de France au sommet de Cauterets-Cambasque, ce jeudi.
  • Largué par Jonas Vingegaard la veille, le Slovène a cette fois tenu bon face aux attaques de son rival, avant de réussir à le décrocher à un peu plus de deux kilomètres de l’arrivée.
  • Une belle manière de relancer le suspense sur ce Tour, alors qu’on s’inquiétait mercredi soir de la différence de niveau entre les deux grands favoris de cette édition.

A mi-chemin du Tourmalet, franchement, on n’était pas loin de bâcher. Wout van Aert en tête du groupe d’échappés, Sepp Kuss et Wilco Kelderman en tête du peloton, ça faisait beaucoup trop de coureurs de la Jumbo-Visma pour contrôler la course à 50 bornes de l’arrivée. On voyait le truc venir gros comme une maison, les rivaux essorés un à un, jusqu’à l’ultime étage de la fusée, l’attaque fulgurante de Jonas Vingegaard pour décrocher Tadej Pogacar et définitivement plier le Tour de France, après la démonstration de la veille. Au soir de la 6e étape, on aurait été bien avancés.

« Merde, ça va encore faire comme hier »

Mais voilà, Pogi a retrouvé des jambes et nous une raison de continuer à suivre la course. Pour le coup, on peut saluer la perspicacité de David Gaudu, qui avait prévenu mercredi soir que la Jumbo avait « énervé la bête » et que le Slovène serait « revanchard » dans cette deuxième grande étape pyrénéenne. Bingo. Le double vainqueur du Tour (2020, 2021) n’a cette fois pas lâché un centimètre à son rival danois, notamment lorsque celui-ci a tenté de se faire la malle dès le Tourmalet, à 48 km de la ligne. On a vu le maillot blanc s’arracher pour rester dans la roue, avec l’énergie de celui qui sait que s’il lâche ne serait-ce qu’un mètre, tout est fini.

« Je me répétais "je ne peux pas lâcher la roue, je ne peux pas lâcher la roue", et c’est ce que j’ai réussi à faire », racontait-il en souriant à l’arrivée au micro de France TV. Quelques minutes après, il précisait un peu les pensées qui lui avaient traversé l’esprit pendant ces quatre kilomètres à suivre Vingegaard jusqu’au sommet. « Quand il a commencé à rouler, je me suis dit "Merde, ça va encore faire comme hier, on va prendre le vélo et on va rentrer à la maison." Heureusement, mes sensations étaient bien meilleures aujourd’hui et j’ai pu le suivre. Je suis vraiment content. »

La mine de l’espace à 2,5 km du sommet

Mercredi, il avait en effet explosé dans l’ascension du col de Marie Blanque, incapable de répondre à l’assaut du tenant du titre. Après une préparation tronquée en raison de sa double fracture au poignet en avril, Pogacar avait reconnu qu’il était un peu inquiet. Comme son directeur sportif Mauro Gianetti, il espérait que ça aille mieux dans le courant de la deuxième semaine, voire dans la troisième. Le retour de flamme a été plus rapide que prévu, puisque c’est finalement lui qui s’est montré le plus fort dans la montée finale.

Vingegaard ayant récupéré van Aert pour rouler à l’avant, on imaginait pourtant Pogacar rester tranquillement dans la roue et s’accrocher encore à son rival lorsque le Belge s’écarterait, avant de tenter d’aller chercher l’étape au sprint. Mais non, Pogi ne s’est pas contenté de ça, c’est lui qui a fini par mettre une mine mo-nu-men-tale à 2,5 km du sommet. Cette fois, c’est le vainqueur sortant qui est resté scotché. « Je me sentais plutôt bien et quand j’ai senti le bon moment, j’ai attaqué. C’est un grand soulagement », a-t-il commenté.


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Un soulagement, et un vrai camouflet infligé à la Jumbo. Car la formation néerlandaise avait élaboré un plan au cordeau, du km 0 aux derniers mètres de cette 6e étape. Ses petits soldats n’en ont jamais dévié, et tout s’est déroulé sans accroc. Enfin, à un Pogi près. « On a essayé dans le Tourmalet, je crois que ça s’est vu. J’aurais aimé le décramponner à ce moment-là, le plan aurait été parfait si j’avais réussi, après j’aurais eu Van Aert pour mener le train dans la vallée, a expliqué Vingegaard une fois la ligne passée. Mais il était en bien meilleure forme aujourd’hui [jeudi] qu’hier [mercredi]. »

Les efforts de la journée n’ont tout de même pas été vains pour la Jumbo, qui a récupéré le maillot jaune. « C’est toujours une belle chose de l’avoir dans l’équipe », savoure van Aert, qui a trouvé la journée « amusante ». On n’aurait pas forcément utilisé ce mot-là pour décrire le fait rouler comme un buffle pendant 140 kilomètres devant, dont la moitié sans demander un relais à personne et avec trois gros cols à passer, mais ça doit être parce qu’on n’est pas très fun.


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Quoi qu’il en soit, voilà Vingegaard à nouveau en jaune, et ce n’est pas pour déplaire au Danois, même si on n’est finalement qu’à la 6e étape et qu’il va devoir endosser le poids de la course. « Je suis extrêmement heureux d’être à nouveau en jaune, j’adore la couleur, c’est le plus grand symbole de notre sport, a-t-il réagi. Je ne sais pas si c’est trop tôt, moi j’aime bien ce maillot, je vais juste en profiter chaque jour. »

Alos qu’on l’a crue à un moment mort-née, la bataille ne fait en réalité que commencer. Pogacar a repris 28 secondes à Cauterets, bonif incluse, et se retrouve désormais en embuscade à 25 secondes au général. « Un écart parfait », en salive le Slovène. Prochain rendez-vous dimanche au sommet du Puy-de-Dôme.