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Indian Wells : Gaël Monfils trop juste pour son retour, Ugo Humbert se rassure
TENNIS•Les deux Français, qui espèrent retrouver leur meilleur niveau, ont connu des fortunes diverses au premier tour de l’Open BNP Paribas, en CaliforniePhilippe Berry
De notre envoyé spécial à Indian Wells,
Il n’avait pas joué depuis presque sept mois. Blessé au fascia plantaire à Montréal en août 2022, Gaël Monfils a fait son grand retour à la compétition sous les palmiers du Masters 1000 d'Indian Wells, mercredi. Et sur un court central très frais et clairsemé en nocturne, il a pu mesurer le chemin qu’il lui reste à parcourir, avec une défaite en deux manches (6-3, 6-1) en 1h04 face à l’Australien Jordan Thompson (87e mondial). De son côté, Ugo Humbert s’est rassuré après deux saisons « Covid » noires et une grave chute à Montpellier, en dominant l’Espagnol Zapata Miralles, 42e mondial, avec autorité (6-2, 7-6).
« La Monf » arrivait à l’Open BNP Paribas sans repère. Forfait à Roland-Garros l’an dernier, il avait été opéré du talon avant d’être victime d’une rupture de l’aponévrose plantaire pour son retour à Montreal. Une malédiction qui n’a pas eu que du négatif pour le jeune papa, qui a pu profiter de sa fille Skaï ces derniers mois.
Objectif Paris 2024
Sur le second plus grand court extérieur du monde derrière Flushing Meadows, le Français, présent dans le tournoi grâce à son classement protégé, a fait illusion pendant cinq jeux. Mais face à la plus belle moustache du circuit, Monfils a multiplié les fautes directes (33), le plus souvent non provoquées. Quelques « Allez Gaël ! » ont bien monté des gradins en fin de match, sans grande conviction.
En conférence de presse, le Parisien a choisi de voir le verre à moitié plein : « La balle sortait bien de ma raquette. J’ai pas fait d’énormes fautes. C’est des fautes de 50 cm, bien frappé. Il me faut des réglages, de la confiance, des matches. » Et s’il reconnaît qu’il avait « forcément de l’appréhension » après sa blessure, il s’est « plutôt bien senti sur [ses] appuis. »
Il l’a répété récemment, son ultime objectif, c’est « un classement correct en fin d’année pour essayer de se qualifier pour les JO de 2024 ». Désormais 210e mondial – et il devrait chuter après ce tournoi – il sait que le défi s’annonce immense, surtout à 36 ans : « S’il faut aller faire des (tournois) challengers, je le ferai, mais j’ai envie de kiffer, je n’irai pas dans des galères », prévient-il. « Je sais que je suis sur le fil. Je sais que si je me blesse, c’est fini. »
La renaissance d’Humbert ?
Ugo Humbert devait prendre la relève des quatre Mousquetaires après leur retraite. Numéro 1 français sur les résultats de l’année 2020, le Messin, qui a déjà battu Medvedev et Tsitsipas, est monté jusqu’à la 25e place mondiale début 2021. Avant une descente aux enfers de 18 mois. Fatigué après s’être fait vacciner, il a ensuite contracté le Covid puis s’est blessé à l’épaule, tombant à une indigne 157e place.
A 24 ans, Humbert veut renaître de ses cendres et enfin confirmer son potentiel. Relancé par Jérémy Chardy, venu épauler son coach Thierry Ascione, il a atteint le 3e tour à Melbourne en janvier et qualifié la France pour la phase de groupes de la coupe Davis grâce à deux victoires contre la Hongrie. Avant de se faire très peur avec une gamelle à Montpellier. Bilan : une déchirure musculaire de 3 cm et trois semaines d’arrêt. Remis en confiance par une finale à Pau, Humbert arrivait en Californie avec l’envie de se frotter aux meilleurs.
Contre l’Espagnol Zapata Miralles, Ugo Humbert était bien réveillé, malgré le jet-lag et un match matinal. Agressif, il a enchaîné les coups gagnants, bien aidé par un service régulier à 200 km/h, venant plusieurs fois conclure au filet sans trembler pour l’emporter 6-2. Son service s’est déréglé dans le second set, et Zapata Miralles en a profité pour breaker à deux reprises. Mais alors que son mental lui a parfois fait défaut par le passé, le Français a réussi à recoller pour s’imposer au tie-break.
« J’ai connu deux années difficiles mais je me sens bien », s’est félicité Humbert après sa victoire. Au second tour, un test plus sérieux l’attend : un duel de gauchers face au jeune Canadien Denis Shapovalov, ancien 10e mondial, mais qui n’est pas au mieux depuis six mois. A Humbert d’en profiter.



















