FC Nantes-Juventus : Attendus par toute une ville, les Canaris n’ont « pas été à la hauteur de l’événement »
Football•Malgré une ambiance exceptionnelle dans son stade, le FC Nantes a été renversé 3-0 par la Juventus de Turin en 16e de finale retour de Ligue Europa ce jeudi soirAu stade de la Beaujoire, Frédéric Brenon
L'essentiel
- Dans un stade de la Beaujoire en fusion, les Canaris rapidement menés et réduits à dix, ont subi la loi de la Juventus de Turin ce jeudi.
- L’Argentin Angel Di Maria a été un véritable bourreau. C’est lui qui a inscrit les trois buts, le dernier de la tête en seconde mi-temps.
- Le FC Nantes est éliminé de la Ligue Europa. Il n’avait pas joué de Coupe d’Europe depuis vingt ans.
Auteurs d’un match aller épatant à Turin, les Nantais s’étaient « donné le droit de rêver » d’un immense exploit ce jeudi soir à domicile en 16e de finale de Ligue Europa face à l’ogre Juventus. Le public y croyait bien plus encore. L’engouement dans la ville était d’ailleurs exceptionnel ces derniers jours. Et le stade de la Beaujoire, déjà plein à craquer une bonne demi-heure avant le coup d’envoi malgré les embouteillages, a poussé comme jamais pour emmener le FCN vers une qualification historique. « L’ambiance a été fantastique. Le public incroyable. Je ne peux que les complimenter », a reconnu après match le coach italien Massimiliano Allegri qui, pourtant, en a vu d’autres.
Mais le rêve local s’est écroulé en à peine vingt minutes de jeu. Le temps pour Angel Di Maria d’ouvrir le score d’une frappe enroulée aussi improbable que magnifique (5e). Puis, moins d’un quart d’heure plus tard, de doubler la mise sur pénalty. Pire, Nicolas Pallois, pilier de la défense adoré des supporteurs, était expulsé pour avoir touché le ballon du bras. Réveil brutal. Fin du game. « La Juventus nous a été supérieure, il n’y a rien à dire. On n’a pas existé. On a raté notre match, surtout l’entame. On n’a pas été à la hauteur de l’événement, tout simplement. On est tous responsables, moi le premier », analyse, lucide, l’entraîneur nantais Antoine Kombouaré.
« Quand on a goûté à l’Europe, on a envie d’y revenir »
Malgré plusieurs changements, la seconde période n’aura jamais permis au FCN de faire illusion. A dix contre onze pendant plus d’une heure, la marche était trop haute. « Le pénalty, O.K., mais cette expulsion, je l’ai trouvé très très sévère, déplore Antoine Kombouaré. La main de Nico [Pallois] est involontaire, il est au sol, le bras n’est pas si détaché que ça du corps. Je ne comprends pas que la VAR laisse passer ça. »
La Juve s’est même offert un troisième but, par l’intenable Di Maria, validé par la goal line technology alors que tout le monde pensait que le ballon n’avait pas franchi la ligne. « On s’est battu mais on a bu le calice jusqu’à la lie », regrette l’entraîneur kanak, soulignant que le bourreau argentin, déjà impérial en finale de Coupe du monde, répondait, lui, « toujours présent dans les grands rendez-vous ».
Qu’importe la « déception » partagée par Ludovic Blas, buteur du match aller, il reste la « fierté d’un public monstrueux, unique », et la « satisfaction » d’un parcours européen « réussi », vingt ans après la dernière expérience européenne du club. « Cette campagne a été fantastique, insiste Moussa Sissoko. Avant la compétition, jamais on aurait imaginé arriver à ce stade-là. Ça a permis à toute la ville, à tous les supporteurs et à tout le club de vivre des émotions. » « Il faut garder le positif, se souvenir de ce qu’on a accompli et d’où on vient », confirme Antoine Kombouaré.
Mal en point en championnat, le FCN ne peut désormais miser que sur la Coupe de France pour espérer retrouver vite l’excitant parfum européen. Le quart de finale face à Lens, le 1er mars, sera donc très attendu. « Quand on a goûté à cette Coupe d’Europe, on a envie d’y revenir, reconnaît Antoine Kombouaré. Pourquoi ne pas répéter ce qu’on a réalisé l’année dernière [victoire en finale de Coupe de France] ? Je ne sais pas si on y arrivera mais on en a très envie. »


















