Route du rhum : Soirée cauchemardesque pour les skippers avec un chavirage et trois démâtages
FRONT VIOLENT•En tête depuis vendredi soir dans la catégorie Ocean Fifty, Thibaut Vauchel-Camus (Solidaires En Peloton-Arsep) a chaviré20 Minutes avec AFP
En quelques heures, la Route du rhum a connu plusieurs grosses frayeurs, samedi soir. Un bateau a chaviré et trois autres ont démâté, mais leurs skippers sont indemnes et en sécurité, alors qu’une grande partie de la flotte a traversé un front violent, selon les organisateurs.
Thibaut Vauchel-Camus (Solidaires En Peloton-Arsep), qui avait pris la tête vendredi soir dans la catégorie Ocean Fifty, a chaviré entre le Portugal et les Açores. Il venait de passer le second front froid qui secoue la flotte dans l’Atlantique, avec des rafales de 35 à 40 nœuds (64 à 74 km/h) et une mer désordonnée. Il n’est pas blessé et est à l’abri dans la coque centrale de son trimaran.
Le sort s’acharne contre Burton
Un peu plus tôt, Louis Burton (Bureau Vallée), qui figurait parmi les Imoca lancés à la poursuite de leur leader Charlie Dalin (Apivia), a démâté vers 17 heures. « Je ne comprends pas. J’étais à 2 ris (grand-voile basse), J3 (petite voile d’avant), il y a peut-être deux mètres de creux, c’était prudent », a-t-il commenté, visiblement sous le choc et très déçu, dans une vidéo diffusée par son équipe. « Je suis dégoûté, c’est incroyable comme ça s’acharne ». Troisième du Vendée Globe en 2020/2021, il avait dû abandonner à cause d’une voie d’eau lors de la dernière édition de la Route du Rhum et il avait démâté l’an dernier dès le premier soir de la Transat Jacques-Vabre.
Deux autres skippers, engagés en Class40, ont aussi démâté : Amélie Grassi (La Boulangère Bio) et Aurélien Ducroz (Crosscall), qui pointaient respectivement à la 10e et à la 11e place au classement provisoire en fin d’après-midi.
Lors des vacations de l’après-midi, plusieurs skippers ont témoigné des conditions difficiles pour les bateaux engagés dans le front froid. « En ce moment, il y a 30 nœuds de vent avec des rafales à 35 (…), la mer est vraiment dégueulasse, c’est dur de trouver la bonne régulation. C’est casse-bateau et pas très drôle », a ainsi raconté à 18h30 Jérémie Beyou (Charal), actuellement 2e des Imoca.
« Le moment le plus difficile de la course »
Pour Justine Mettraux (Teamwork.net), elle aussi dans le peloton des poursuivants en Imoca, « c’était bien la guerre ! C’était le moment le plus difficile de la course, on le savait ». « Je pense qu’on a tous eu des alarmes de mât dans tous les sens parce que ça tapait beaucoup. J’ai essayé de faire en sorte que ça tape au minimum mais des fois (…) le bateau s’emballe, tu décolles sur une vague et tu ne sais pas trop comment tu vas t’en sortir ! Pour moi c’est passé mais il faudra que je fasse un bon check demain matin car c’est certain que le bateau a pris cher ».
Loin devant, la lutte se poursuivait - à plus de 30 nœuds de moyenne pendant la soirée - entre Charles Caudrelier (Maxi Edmond de Rothschild) et François Gabart (SVR Lazartigue). Si Gabart est passé devant dans la matinée, Caudrelier a repris la tête au passage des Açores. Mais son avance restait limitée et Thomas Coville (Sodébo) restait au contact.



















