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OL : « Bien plus qu’un adjoint », Franck Passi peut-il être aussi déterminant que Gasset au côté de Laurent Blanc ?
FOOTBALL•L’ancien entraîneur marseillais et lillois va retrouver la Ligue 1, dimanche (15 heures) à Rennes, en tant qu’adjoint de Laurent Blanc. Un rôle dans lequel Jean-Louis Gasset a excellé durant les conquêtes du « Président », à Bordeaux comme à ParisJérémy Laugier
L'essentiel
- L’Olympique Lyonnais va ouvrir une nouvelle ère, dimanche (15 heures) à Rennes, avec sur son banc Laurent Blanc, mais aussi son adjoint Franck Passi.
- Au vu de l’importance capitale prise par Jean-Louis Gasset, son prédécesseur dans le staff de Laurent Blanc, tant avec les Girondins de Bordeaux qu'avec le PSG, le rôle de Passi pourrait être l’un des enjeux des prochains mois à l’OL.
- Après avoir passé ses diplômes d’entraîneur en Espagne, l’ancien milieu de terrain montpelliérain s’était parfois retrouvé coach principal à l’OM, à Lille et à Niort.
Juste après avoir conquis son huitième et dernier trophée national (sur neuf possibles) à la tête du PSG, le 21 mai 2016 en finale de la Coupe de France contre l’OM (4-2), Laurent Blanc a chaleureusement enlacé son adversaire du soir. Pouvait-il alors imaginer qu’il serait assis au côté de Franck Passi (car c’est de lui qu’il s’agit), six ans et demi plus tard, pour son grand retour en Ligue 1, dimanche (15 heures) à l’occasion d’un Rennes-OL ? En tout cas, si les dirigeants lyonnais étaient intéressés à l’idée de reconstituer le binôme à succès Blanc-Gasset en octobre 2019 pour l’après Sylvinho, ils avaient compris que celui-ci n’était plus d’actualité. Franck Passi avait déjà succédé à l’ancien entraîneur stéphanois dans l’équation. Rudi Garcia était choisi sur ce coup (non JMA, pas que par Juninho), et ça n’a donc été que partie remise pour le duo Blanc-Passi, installé aux commandes depuis dimanche pour redresser une nouvelle saison mal entamée (9e) avec Peter Bosz.
Souvent raillé de manière caricaturale pour sa propension à bénéficier du travail de Jean-Louis Gasset en tant que « super adjoint », tant à Bordeaux qu’à Paris, Laurent Blanc se lance donc pour la première fois dans un challenge de taille sans son lieutenant historique, actuel sélectionneur de la Côte d’Ivoire. L’une des inconnues est donc là : après un bilan très mitigé en 14 mois avec Al-Rayyan (3e du championnat qatari en 2021, puis 9e en février dernier au moment de son limogeage), « le Président » peut-il être aussi performant au côté de Franck Passi qu’il ne l’était avec Jean-Louis Gasset ?
« Aucun n’empiétait sur le rôle de l’autre »
Pour comprendre la force du binôme Blanc-Gasset, on s’est tourné vers leur collaboration bordelaise, marquée par un titre de champion de France et une Coupe de la Ligue en 2009, ainsi que par un quart de finale de Ligue des champions en 2010 (contre l’OL). Pour Thierry Delmeule, alors membre du staff médical, leur « connivence » sautait aux yeux : « Laurent était plus fédérateur, avec une grande prestance. Mais Jean-Louis avait plus les mains dans le cambouis et il donnait des consignes techniques plus précises. Même s’il restait discret, Jean-Louis a pris une part importante dans les succès de Laurent. Tout se faisait naturellement dans leur couple. Aucun n’empiétait sur le rôle de l’autre ». Préparateur physique des Girondins durant ces trois saisons (de 2007 à 2010), Eric Bedouet poursuit sur la place que peut accorder Lolo White à son coach adjoint.
« Ce n’était pas du tout la même époque : Laurent commençait ce métier, alors que Jean-Louis était déjà un entraîneur expérimenté. Il prenait donc plein de conseils auprès de Jean-Louis, mais je me souviens qu’il a aussi rapidement pris des décisions fortes, tant pour des changements de joueurs que pour des choix de jeu. C’est d’ailleurs lui qui a choisi des renforts qu’il fallait, surtout Alou Diarra puis Yoann Gourcuff. Comme Deschamps et Zidane, Laurent a ce vécu du très haut niveau, ce truc en plus que les autres coachs n’ont pas. Et puis ça bosse dur avec lui. Il se foutait des critiques estimant que Jean-Louis était le véritable numéro un. Avec la carrière de joueur puis de coach qu’il a, il est bien au-dessus de tout ça. Ce qui compte pour Laurent, c’est tout le temps la gagne. » »
Des diplômes d’entraîneur passés en Espagne
Celle-ci n’était pas vraiment au rendez-vous lors de sa seule expérience dans le football professionnel depuis six ans, à Al-Rayyan (Qatar), sans que l'on sache quelle importance il faut accorder à ce passage dans le Golfe. Et Franck Passi (56 ans), dans tout ça, peut-il offrir le même ticket « gagne » et complicité que Blanc-Gasset ? « Son style est sûrement différent de celui de Jean-Louis Gasset, précise Elie Baup, qui l’a eu comme adjoint de 2012 à 2013 à l’OM. Il a passé ses diplômes d’entraîneur en Espagne et il a la fibre du football de possession. Là-dessus, je n’ai aucun doute qu’ils sont en harmonie avec Laurent. Ils tiennent tous les deux à avoir une maîtrise technique dans le jeu. »
Il y a fort à parier que l’intéressé guettera de près les entraînements du groupe Pro 2, ainsi que les matchs de N2. « A Marseille, il a toujours été très bon pour accompagner les jeunes joueurs qui découvraient le groupe professionnel comme Laurent Abergel [aujourd’hui au FC Lorient], confie ainsi Elie Baup. Il mettait en place des entraînements supplémentaires pour eux et il s’appuyait sur la vidéo pour les aider. Entre son envie d’un jeu offensif et son intérêt pour les jeunes joueurs, il correspond bien à l’histoire de l’OL. »
Plusieurs intérims comme numéro un
Ami de Laurent Blanc depuis le centre de formation montpelliérain, au début des années 1980, avec un titre partagé à l’Euro espoirs en 1988, cet ancien milieu de terrain professionnel à l’OM, Toulouse, Toulon ou encore Bolton a vite convaincu Elie Baup il y a dix ans à la Commanderie : « Ce n’est pas quelqu’un qui suit et qui porte les plots, évoque l’ancien coach à la casquette. Il amène son vécu et ses idées, il se posait déjà beaucoup de questions pour améliorer le jeu de l’équipe. Il était bien plus qu’un adjoint à mes yeux ». Celui-ci dépeint « une personne intègre et très précieuse pour un entraîneur principal ».
Une fonction que Franck Passi a lui même occupée à plusieurs reprises, courtes et le plus souvent intérimaires, et ce dès l’âge de 36 ans à Saint-Jacques-de-Compostelle (Espagne). Puis à l’OM (à deux reprises), au Losc, à Monaco et à Niort (L2, en 2020), avec 26 matchs de Ligue 1 dirigés au total. En mai 2017, il annonce d’ailleurs quitter Lille car il ne souhaite pas retrouver un poste d’adjoint, même auprès de Marcelo Bielsa, qu’il avait accompagné en 2014-2015 à Marseille. « Il y a parfois des opportunités qui ne se refusent pas : être adjoint d’un technicien de très haut niveau comme Laurent Blanc, à l’OL, ce n’est pas rien », observe Elie Baup. Même un OL en plein déclassement depuis une dizaine d’années a effectivement plus de gueule qu’une première collaboration à Al-Rayyan.


















