PSG-Juve : « En délicatesse » depuis le début de saison, Marquinhos passe un gros test face aux Turinois
FOOTBALL•Chef de la nouvelle défense à trois instaurée par Christophe Galtier cette saison, Marquinhos a du mal à retrouver le niveau qui était le sien avant la déroute madrilène en mars dernierAymeric Le Gall
L'essentiel
- Le PSG entame sa phase poule de Ligue des champions par un premier gros test face à la Juve, mardi soir, au Parc des Princes.
- Si Paris réalise un début de saison quasi-parfait, son capitaine Marquinhos semble avoir un peu plus de mal au démarrage dans la défense à trois de Christophe Galtier.
- Ce premier gros match de la saison est une bonne occasion pour lui de montrer que le naufrage face au Real la saison passée est définitivement oublié.
On avait quitté les Parisiens un soir de mars 2022, les yeux hagards, la tête enfoncée dans la pelouse de Santiago Bernabeu après un énième craquage interplanétaire en Ligue des champions. Six mois plus tard, alors que la nouvelle cuvée de C1 s’ouvre ce mardi pour le PSG au Parc des Princes, face à la Juve, tout ou presque a changé. Mauricio Pochettino a pris son gros chèque et ses carnets tactiques pour les Nuls sous le bras et a quitté le club de la capitale, et avec lui une bonne partie des lofteurs partis hanter d’autres contrées lointaines.
A la place, Christophe Galtier a posé ses fesses sur le banc, installé un schéma de jeu clair et redonné vie à un club à la dérive. Pourtant, même si tout semble rouler en ce début de saison et que le PSG colle raclée sur raclée à ses sparring-partners de la Ligue des talents – exception faite de Monaco, qui a accroché Paris il y a dix jours de cela – il reste une interrogation nommée Marquinhos. Auteur de la passe qui tue la saison dernière à Benzema, le capitaine parisien est même devenu la cible numéro 1 des suiveurs parisiens (journalistes et Twittos lambda) sur Twitter cette saison. A les lire, l’âme du Brésilien serait restée à Madrid, en même temps que l’assurance de Donnarumma.
Un Marquinhos dans la retenue
Comme toujours, il convient de tempérer les propos de ces tacticiens en 280 caractères. Depuis le début de la saison, quand bien même le PSG n’a pas encore affronté les grosses cylindrées du championnat, il n’en reste pas moins la deuxième meilleure défense de Ligue 1 avec quatre buts encaissés derrière l’OM (3) en six rencontres. Mais ce chiffre se heurte aussi à d’autres, moins glorieux pour l’arrière-garde parisienne, comme ces 11 occasions et ces 14 tirs concédés face au promu Toulousain, la semaine dernière, au Stadium. Et des trois indéboulonnables de la nouvelle défense à trois made in Galette, c’est peut-être lui qui semble le moins à l’aise depuis le début de la saison.
Moins tranchant dans les duels, une gestion de la profondeur parfois hasardeuse, quelques sorties à contretemps sur le porteur du ballon, Marquinhos apparaît pour le moment loin de ses standards habituels. Un constat que ne partage pas forcément Eric Rabésandratana, l’ancien milieu du PSG aujourd’hui consultant au micro de France Bleu Paris. « Dans l’ensemble du travail de cette défense à trois, je trouve que ça s’articule pas mal, je ne le trouve pas forcément en difficulté par rapport aux deux autres. Après, c’est un nouveau système, il y a des automatismes à trouver, des relations à créer, mais je pense que tout ça va se mettre en place petit à petit. »
Autre ancien parisien, autre consultant France Bleu Paris et autre avis, celui de Tripy Makonda. « C’est vrai que c’est un sujet qui pose un peu problème pour moi, je le trouve en délicatesse en ce moment, reconnaît-il. On sent qu’il est en difficulté, ce qui est compliqué pour quelqu’un qui joue toujours dans l’anticipation, c’est que c’est un jeu dangereux, ça passe ou ça casse. Et en ce moment, lui, tu sens qu’il est dans la retenue. On l’a vu sur le but qu’ils prennent face à Monaco, quand il sort sur Golovine, il sort mais au final il le fait à moitié, et il laisse quand même un mètre au Monégasque. »
Un double rôle à appréhender
Habitué depuis son arrivée au club en 2011 à évoluer dans une défense à quatre, et entouré pendant de longues années par « O Monstro » Thiago Silva (ce qui aide pas mal pour se sentir à l’aise) Marquinhos a dû changer son logiciel cet été avec l’arrivée de Christophe Galtier et l’instauration d’une charnière à trois défenseurs centraux. S’il a pu lui arriver de jouer à trois derrière sous Tuchel, ce n’est en rien comparable avec ce que lui demande le nouveau coach parisien nous explique Tripy Makonda.
« Avec Tuchel, c’était un 4-3-3 où il insérait la ligne défensive quand Paris n’avait pas le ballon, mais la plupart du temps il jouait 6. Cette année, dans le 3-4-3 ou le 3-4-1-2 de Galtier, Marquinhos a un rôle bien différent, un double rôle même. Il doit d’abord défendre dans la défense à trois entouré de Ramos et Kimpembe et participer ensuite dans l’élaboration de la sortie de balle, ce n’est pas la même chose en termes de prise d’information, détaille l’ancien parisien reconverti dans la formation. Placé dans l’axe, c’est l’homme le plus exposé de par sa position centrale et son double rôle. Même si le début de saison de Ramos est intéressant, il ne fait pas les mêmes efforts que Marquinhos en termes de débauche d’énergie, de kilomètres parcourus, ça n’a rien à voir. »
Un premier gros test en C1 qui tombe à pic
C’est pour lui l’explication le plus évidente de ce début de saison en pointillé. « Cette dépense énergétique, à aller dans le milieu de terrain, à s’excentrer parfois, à porter le ballon pour gagner du terrain, et en même temps à jouer son rôle de défenseur central qui doit colmater les brèches et coordonner l’organisation défensive, lui fait perdre un peu de lucidité dans ses prises de décisions », analyse-t-il. Après le match au Stadium, sans cibler qui que ce soit, Christophe Galtier a volontiers concédé que son équipe avait des progrès à faire à la perte du ballon : « On décide de jouer haut et ça offre parfois certaines failles à nos adversaires. On travaille dessus pour corriger ça ».
« Il y a beaucoup d’espaces (dans le dos de la défense), rebondissait Mukiele mercredi dernier à Toulouse. Dans ce système, ce n’est pas si facile que ça. On va le travailler à la vidéo à l’entraînement. C’est mieux que ça arrive maintenant. Nous avons des joueurs très intelligents, on va corriger ça. » Face à Nantes, samedi, la défense parisienne a déjà paru plus concentrée et Marquinhos plus mordant que ces dernières semaines. Ce premier gros test face à la Juve devrait nous permettre de voir si le métier rentre, même si les Turinois sont encore très loin du top niveau européen.


















