Où se déroulera le prochain Dakar?
DAKAR•L'Amérique du Sud a déjà reposé sa candidature, mais un projet africain est aussi dans les cartons...Matthieu Payen (à Buenos Aires, Argentine)
De notre envoyé spécial en Argentine.
«C'est fifty-fifty». Etienne Lavigne sait ménager le suspens. Juste avant le début du traditionnel podium installé à Buenos Aires et sur lequel paradent les rescapés du Dakar, le patron de l'épreuve a dû répondre à la question que le monde du rallye-raid se pose: où iront s'ébrouer les grosses cylindrées l'an prochain? Pour le moment, rien n'est décidé mais il existe des éléments de réponse.
Quels sont les pistes envisagées?
Là, pas de surprise. «Nous avons deux propositions: l'une, de l'Argentine et du Chili ; l'autre, de la Tunisie, de la Lybie et de l'Egypte», avance Etienne Lavigne. Ces deux candidats ont d'ores et déjà envoyé à Amaury Sport Organisation (ASO) des cartes pour permettre de travailler sur un tracé. Mais quelle que soit l'option retenue, le Dakar ne retournera donc pas à ses origines, en Afrique de l'Ouest. L'organisation du Dakar se donne jusqu'en mars pour donner une réponse définitive. «Il ne faut pas trop traîner car les concurrents attendent de connaître notre choix avant de démarcher leurs sponsors», précise Lavigne.
Pourquoi le Dakar pourrait rester en Amérique du Sud?
«Il est plus facile de revenir que de partir». Cette phrase prononcée par un des membres d'ASO résume bien la situation. Venir en Amérique du Sud était un pari risqué, avec des réseaux politiques et économiques à reconstruire et une image à préserver. Après deux éditions, la machine est en marche. L'Argentine et le Chili donnent beaucoup d'argent (4 millions d'euros chacun) et offrent de nombreux services (transport, sécurité) pour accueillir l'épreuve. De leur côté, les sponsors apprécient l'attrait populaire généré par la course en Amérique du Sud.
Pourquoi pourrait-il retourner en Afrique?
Certes, le nom de l'épreuve a su trouver sa place dans la pampa, mais le Dakar reste intimement lié à l'Afrique. En termes d'image, c'est important. L'aspect sportif entre aussi en ligne de compte. «Les grandes dunes d'Afrique sont plus sympas à conduire que les rios et les pistes étroites d'Argentine», confie notre bloggeuse Isabelle Patissier qui sait de quoi elle parle pour avoir été piégée entre La Rioja et Fiambala. Plus prosaïquement, Etienne Lavigne reconnaît que l'Afrique laisse plus de latitude: «Les Etats sont un peu moins structurés, donc plus permissifs.» En revanche, ils ne sont pas disposés à mettre l'argent sur la table pour obtenir le Dakar.
Qu'en pensent les pilotes?
«Nous avons soumis la question aux concurrents et je peux vous dire qu'ils se sentent bien ici.» Etienne Lavigne a-t-il voulu éviter de froisser ses hôtes? Selon lui, de nombreux avis de participants ont été «retournés» lors de ce Dakar. Parmi ces convertis, Isabelle Patissier, favorable au statu quo du fait de l'engouement de la population locale. D'autres prônent un retour en Afrique, mais pas forcément comme c'est proposé: «Si j'avais le choix, je serais pour un Dakar traditionnel avec des étapes très dures en Mauritanie, commente Stéphane Peterhansel. Mais je ne pense pas que la Tunisie, la Lybie et l'Egypte soient plus intéressants qu'ici.» Enfin, certains ont un avis intéressé, comme Serge Priser, l'un des Bretons du désert: «Nous avons déjà fait l'Asie lors de la Transorientale. Cette année, l'Amérique du Sud. Ce serait génial de rouler sur un troisième continent différent.»


















