Des Bretons à moto

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Publié le 5 janvier 2010.

DAKAR - Ils n'ont pas de chapeau rond, mais ils ont bien l'intention d'aller au bout...

De notre envoyé spécial en Argentine.

«Ouais, c'est un peu un patchwork». Gilles Gélébart, drapeau breton cousu sur le dos de sa veste, le reconnaît volontiers. Le carénage de sa moto du team «Bretons du désert» ressemble plus à un catalogue de magasins qu'à un bolide de champion. «On a 70 sponsors, commente-t-il. Des gros, des plus petits. Leurs coups de main vont de 250 à 20.000 euros.» Avec ses deux compères, son cousin Serge et leur ami Serge Priser, il a tout de même réuni les 110.000 euros de budget nécessaires pour participer au Dakar.

«On aurait pu partir à moindre frais, mais on a préféré prendre une assistance», explique Gilles Gélébart, qui réside à Ploumoguer. Deux mécanos accompagnent donc les trois hommes tout au long de leur aventure pour remettre en état leurs bécanes, le soir venu. Un soulagement: «C'est génial, on se fait applaudir sur le parcours et le soir on est chouchouté par nos mécanos. C'est la belle vie», fanfaronne le cousin Serge de Plouarzel.

Surtout, ne pas se planter

Cette belle vie aurait cependant pu ne jamais devenir réalité. Les trois hommes ont été confrontés à une multitude d'infortunes avant de venir user leurs pneus sur les pistes argentines. «Ca fait trois ans qu'on y travaille. En 2007, on a été refusé sur dossier. A l'époque, le nombre de candidatures était plus élevé, se remémore Gilles. En 2008, on était fin prêt, mais la course a été annulée. Enfin l'an dernier, on a laissé tomber le projet après avoir participé à la Transorientale [un rallye-raid s'étirant de Saint-Petersbourg à Pékin] dont on est sorti bien cramés.»

L'impatience était donc à la mesure de la longue attente au moment d'enfourcher leurs machines. «On a tellement envie que par moment on pousse les gaz à fond, mais il ne faudrait pas qu'on se plante dès les premiers jours», raisonne Gilles. Les première dunes s'annoncent, mais les trois hommes n'ont pas droit à l'erreur car leurs partenaires comptent sur eux. «Lors du jour de repos [samedi 9 janvier], à Antofagasta, on doit participer à une dégustation de crêpes organisée par l’un de nos sponsors», glisse Gilles Gélabart.
Matthieu Payen (à Fiambala, Argentine)
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