Passer au contenu principalPasser à l'en-têtePasser au pied de page
Le Brésil tape le Japon en troquant le joga bonito contre un kick and rush

Coupe du monde 2026 : Le Brésil élimine le Japon en troquant le joga bonito contre un bon vieux kick and rush

CA PASSEQualifié sans gloire face à une vaillante équipe japonaise, le Brésil de Carlo Ancelotti s’en remet désormais à des centres dans la boîte pour faire la différence
Aymeric Le Gall

Aymeric Le Gall

L'essentiel

  • Le Brésil est péniblement venu à bout d’une équipe japonaise d’abord joueuse puis déclinante et s’est qualifié pour les 8es de finale de la Coupe du monde, lundi, à Houston.
  • Après avoir compris que leur salut ne viendrait pas de leurs pieds ni de leur sens de beau jeu, les hommes de Carlo Ancelotti sont revenus aux fondamentaux (du foot anglais des années 90), avec des ballons dans la boîte et des duels de bûcherons.
  • Mais le niveau global de cette Seleçao n’a pas de quoi rassurer ses supporters à l’heure où la véritable compétition va enfin commencer.

De notre envoyé spécial à Houston,

Pour la samba, on repassera. S’il s’est qualifié pour les 8es de finale ce lundi en tapant de justesse (2-1) le Japon grâce à un but de Martinelli au bout du bout du temps additionnel, le Brésil de Carlo Ancelotti est loin d’avoir mis des paillettes dans les mirettes de ses supporters, pourtant venus en masse dans ce magnifique stade (climatisé) de Houston.

Même si on les a trouvés aussi endormis que leur équipe tout au long de la rencontre, à l’inverse des quelque deux mille fans des Samouraïs Bleus, au diapason de leurs joueurs qui ont fait couler quelques grosses gouttes de sueur froide sur le front de la Seleçao. Et ce n’était ni à cause de la chaleur ambiante au Texas ni de cette foutue humidité qui vous colle à la peau comme le sparadrap au bout du doigt du Capitaine Haddock.

Brésil, Brésil, où es-tu ? Qu’est devenu ton foot de rue ?

Totalement amorphe pendant une demi-heure, avec un milieu de terrain en claquettes-chaussette et une attaque sans idée ni mouvement, le Brésil était si loin de ces illustres aînés - même si ça commence à remonter à fort, fort lointain, on vous l’accorde –, comme si ces joueurs répétaient scolairement un football formaté, à des années-lumière de ce jeu instinctif venu tout droit des pieds nus dansant sur le bitume de Rio ou Sao Paulo.

Comprenant qu’il y avait un coup à jouer, les Japonais, jusque-là bien organisés défensivement, ont alors décidé de sortir leur titiller les méninges et Kaishu Sano se mua en metteur de torgnoles, d’une frappe soudaine ras du poteau, après une grotesque perte de balle de Danilo dans le camp de la Seleçao. Ce but aurait pu piquer au vif (et à l’ego) la bande à « Carletto », mais il n’en fut rien jusqu’au retour des vestiaires. Le moment choisi par les coéquipiers de Vinicius pour admettre que le tikia-taka, très peu pour eux, et se muer alors en balanceur de centres dans la boîte comme une bonne vieille équipe jouant le maintien en Championship.

Et le pire, c’est que ça fonctionne…

Reconnaissons cependant à l’ancien coach du PSG l’honnêteté d’admettre que son effectif n’est pas le plus taillé de l’histoire pour régaler par le jeu, d’abord, et ses deux-trois notions tactiques du football pour savoir que la solution viendrait d’un ballon long à la va comme j’te pousse. Encore que, dans sa bouche en conférence de presse, cela ressemble plus a de la bonne grosse langue de bois à l’ancienne. Carlo, donc : « À la mi-temps, je leur ai dit de ne pas perdre patience, parce qu’on allait marquer. Tôt ou tard, on allait marquer, c’était sûr. L’important, c’était de garder notre équilibre pour ne pas se compliquer le match. Et l’équipe l’a très bien fait. » Bon, il est gentil pépère mais le terrain ne ment pas et en plus, nous, on a des yeux.

Ce qu’il a fini par comprendre en admettant enfin que « le plan de la première période, qui était de trouver plus d’espaces dans l’axe, n’a pas bien fonctionné à cause de la qualité défensive de l’équipe japonaise » et qu’il a fallu changer « pour essayer de mettre plus de danger dans la surface, avec plus de centres ». Ah tout de même, merci Carlo.

Après deux tentatives infructueuses de la tête signées Guimarães et Casemiro consécutives à deux centres de Danilo, donc, sauvées grâce à un gardien et une défense japonaise en mode warrior, la troisième fut la bonne. Le ballon brossé du gauche par Gabriel est déposé sur le crâne de Casemiro au second poteau, Suzuki ne pouvant rien ce coup-ci. La sublime action de Vinicius trois minutes plus tard - contrôle orienté/petit pont, crochet du droit, exter du droit détourné sur le poteau - avait alors des airs de début d’orgie face à des Japonais dépassés, mais ce n’était finalement qu’un pétard mouillé.

L’accès à ce contenu a été bloqué afin de respecter votre choix de consentement

En cliquant sur« J’accepte », vous acceptez le dépôt de cookies par des services externes et aurez ainsi accès aux contenus de nos partenaires.

Plus d’informations sur la pagePolitique de gestion des cookies

Après le réveil (re) vient la sieste

Presque aussitôt après, les coéquipiers d’un Neymar résignés, les fesses posées sur sa glacière après avoir vu Martinelli lui passer devant et remplacer Cunha, les Brésiliens se sont remis au plumard avec un bon chocolat chaud et un bouquin. A peine une tête d’Endrick, entrée à la pause pour pallier la blessure d’un autre ancien Lyonnais, Lucas Paqueta, ENCORE une fois sur un centre/coup de pied arrêté, voilà tout ce que ce Brésil avait à proposer.

Il aura finalement fallu attendre la 96e minute de jeu pour voir quelque chose d’un peu plus conforme à la gloire de ce maillot jaune porté par tout un stade ce lundi, une passe de Guimarães dans un espace réduit à l’entrée de la surface, et un enchaînement « mamma-miesque » de Martinelli, contrôle du gauche-plat du pied droit, pour faire exploser le banc et éviter aux Brésiliens une prolongation aux allures de traquenard japonais.

Mais la copie globale rendue par ce Brazil 2026 n’est pas de nature à rassurer qui que ce soit, à part Casemiro, l’homme du match (LOL) qui a tenu en zone mixte à « féliciter » son équipe « surtout pour cet aspect mental, son calme et sa sérénité ». Il ne pouvait évidemment dire autre chose mais, à l’arrivée, si voir la Seleçao en 8es est une évidence, la voir jouer ainsi est pour le moment une vraie déception.