Le football victime de semellite aiguë
FOOTBALL•A nouveau football, nouvelles fautes...M.Go.
Encore plus contagieux que la Grippe A, un nouveau virus semble contaminer les défenseurs de la Ligue 1: la «semellite aiguë». La semelle, c'est ce geste bien sale du défenseur qui appuie fort sur le pied ou la cheville de l'attaquant tout en restant debout. A la fois efficace (l'attaquant a mal, se roule par terre et arrête son action) et gratuit (le défenseur est toujours disponible puisqu'il reste debout). «Il y en a aujourd'hui pratiquement autant que de tacles dangereux, explique Bertrand Layec, manager des arbitres de Ligue 1. Nous ne les recensions pas forcément par le passé mais c'est vraiment une tendance du foot moderne. C'est systématiquement passible d'un carton jaune.» Sur les 78 semelles comptabilisées depuis le début de la saison (sans la 11e journée jouée mercredi), 60 ont été sanctionnées dont 3 par un carton rouge.
Un jeu plus rapide
Vieille comme le foot (d'où l'expression «mettre la semelle»), parfois volontaire, la propagation de la semelle est aussi révélatrice d'une nouvelle forme de football. Depuis quelques années, les entraîneurs demandent à leur ligne arrière de défendre debout et d'éviter de se jeter dans les jambes («seulement» 98 tacles dangereux depuis le début de la saison). Un type de faute qui est aussi la conséquence d'un football rapide où les défenseurs sont au contact des attaquants. «Cela vient surtout du fait que le jeu est plus physique qu'il y a quelques années. Les défenseurs sont plus rapidement au corps-à-corps et comme on nous demande de rester debout, on fait forcément de mauvais gestes, témoigne Rafael Schmitz», joueur de Valenciennes.
Une impression confirmée par Marc Batta, le Directeur national de l'arbitrage. «Ce geste correspond au jeu actuel, beaucoup plus heurté. C'est à l'arbitrage de s'adapter au football qui évolue en permanence en fonction des époques. On a par exemple moins de simulation que par le passé et moins de contestation.» Bref, la semelle est entrain de se répandre en Ligue 1. Comme la mode, les fautes dépendent des tendances. «C'est vrai qu'il y a deux, trois ans, c'était surtout le coup de coude dans le jeu aérien.», glisse Stéphane Lannoy. Du coup, les arbitres ont décidé de sévir. Le souci est que la semelle est un geste peu visible. 15 n'ont pas été sifflées cette saison «La semelle n'est pas facile à arbitrer mais en même temps, ce geste, de haut en bas vers le ballon n'est pas du tout naturel dans le football donc on peut être vigilant et nous essayions de sensibiliser les arbitres», affirme Bertrand Layec.


















