Ludovic Obraniak se met au Polonais, le 1er septembre 2009
 Ludovic Obraniak se met au Polonais, le 1er septembre 2009 — East News / SIPA

FOOT

Ces Français qui choisissent de jouer pour le pays de leurs parents

Par défaut ou par conviction, ils renoncent aux Bleus pour porter le maillot d'une autre sélection...

Quel est le point entre Marouane Chamakh, Ludovic Obraniak ou encore Jacques Faty? Réponse: aucun d’entre eux n’est pendu à un hypothétique coup de fil de Raymond Domenech. Et pour cause, ils ont tout trois renoncé aux Bleus pour choisir respectivement de représenter le Maroc, la Pologne et le Sénégal, pays d’origines de leurs parents ou grands-parents. Entre choix du cœur (Obraniak parle d’un «hommage à son-grand père» pour justifier sa décision d’évoluer avec la Pologne) et froid réalisme, ces Français nés en France  profitent d’un règlement édicté en 2004 par la FIFA. Celui-ci permet à un footballeur sélectionné chez les jeunes dans un pays donné de choisir par la suite d’évoluer en A pour une autre sélection. Encore faut-il avoir des attaches familiales avec le pays en question.

Ces derniers mois, le phénomène s’accélère. Alléché par une éventuelle participation à la prochaine Coupe du Monde, le Nantais Djamel Abdoun a répondu aux appels du pied de la sélection algérienne. «Représenter l’Algérie est une immense fierté», affirme le milieu des Canaris. Mourad Meghni (Lazio Rome) et Hassan Yebda (Portsmouth) ont aussi rejoint les rangs des Fennecs après avoir été champions du monde des moins de 17 ans avec la France en 2001.

Un dilemme pour certains

Roger Boli a eu moins de chance. Pour une poignée de minutes chez les Bleuets, le frère ainé de Basile a raté une carrière internationale avec la Côté d’Ivoire. Un regret éternel pour lui. «Ce règlement est une bonne chose, observe celui qui est devenu agent de joueurs. Il permet à un joueur bloqué dans un pays de faire une belle carrière avec un autre pays. Un garçon comme Meghni n’a pas réussi à devenir le nouveau Zidane français. D’accord. Mais pourquoi ne deviendrait-il pas le Zidane algérien?»

 Malgré ces belles promesses, certains  hésitent encore avant de franchir le Rubicon. Sollicité depuis plusieurs mois par le Congo, le Toulousain Albin Ebondo réserve toujours sa réponse. Idem pour son partenaire Mohamed Fofana, courtisé par le Mali. Craindraient-ils la réaction de leur entraîneur s’ils devaient s’absenter un mois le temps d’une CAN?

«Possible, estime Roger Boli. Mais tout dépend du statut du joueur dans son club. Celui qui n’est pas titulaire indiscutable peut y réfléchir à deux fois.» Un dilemme qui ne concerne plus Moussa Sissoko. Egalement sollicité par le Mali, le milieu du TFC a choisi les Bleus avec lesquels il a fait ses grands débuts samedi dernier. «Mon premier objectif était de jouer pour l’équipe de France. J’ai toujours travaillé pour pouvoir l’intégrer», assure le Toulousain. Après deux sélections, difficile de savoir si Sissoko a fait le bon choix. Seul l’avenir et son palmarès avec les Bleus pourront le dire.