Stade Rennais : « Il y a urgence »… Pourquoi l’extension du centre d’entraînement a été revue à la baisse

FOOTBALL Le club souhaite construire de nouveaux terrains à la Piverdière mais va limiter l’extension de ses activités dans le site préservé de la Prévalaye

Camille Allain
— 
Le Stade Rennais a opté pour des matériaux issus de ressources renouvelables et des toits végétalisés pour l'extension de son centre d'entraînement à la Piverdière.
Le Stade Rennais a opté pour des matériaux issus de ressources renouvelables et des toits végétalisés pour l'extension de son centre d'entraînement à la Piverdière. — Artefactory/NeM Architectes
  • Le Stade Rennais a dévoilé le projet d’agrandissement de son centre d’entraînement de la Piverdière.
  • Le club de football prévoit de s’étendre sur 3,5 hectares supplémentaires afin de « rester compétitif » et de regrouper toutes ses activités sur un même site.
  • Le projet évalué à plus de 35 millions d’euros devrait démarrer à l’été 2023 pour s’achever deux ans plus tard.

« Les infrastructures actuelles ne répondent plus aux normes d’un club moderne et ambitieux ». La phrase date de 2019 et est signée Olivier Létang, qui officiait alors comme président du Stade Rennais. Trois ans plus tard, c’est un autre Olivier qui a dressé le même constat.

Ce vendredi, Olivier Cloarec a présenté le projet d’extension de son centre d’entraînement à la Piverdière. Surnommé « Piv’2 », ce dossier a connu de nombreux rebondissements ces dernières années. Il débouche finalement une extension de 3,5 hectares qui permettra au club d’être un peu moins à l’étroit sur sa parcelle d’un peu plus de 15 hectares. Un scénario qui fait presque consensus et offre l’avantage de pouvoir être lancé rapidement. Car à entendre les dirigeants du dernier quatrième de Ligue 1, il y avait urgence.

« Tout était devenu trop exigu »

En mars, le Stade Rennais avait surpris tout le monde en réclamant une extension supplémentaire de plus de six hectares, au lieu de 3,5 initialement. Dans le secteur sauvage et préservé de la Prévalaye, la nouvelle avait fait bondir. Et le club a fait machine arrière. « On aura onze terrains et demi. Dans un monde idéal, on aurait aimé avoir plus, on ne va pas le cacher. Vingt ou même 25 hectares. Mais le site présente des contraintes et on a essayé d’optimiser au maximum », explique Olivier Cloarec. Plutôt que de construire trop de nouveaux terrains, le club a décidé de les équiper d’un revêtement hybride. Moins fragile, il permet d’accélérer la rotation entre les terrains et d’éviter un système de jachère normalement indispensable.

Le Stade Rennais, qui occupe 11 hectares sur le site de la Piverdière, va étendre son emprise sur un peu plus de 15 hectares.
Le Stade Rennais, qui occupe 11 hectares sur le site de la Piverdière, va étendre son emprise sur un peu plus de 15 hectares. - Artefactory/NeM Architectes

Arrivé au club en avril 2021 et récemment nommé président du Stade Rennais, le dirigeant livre une explication simple à ce choix de raison. « Cela fait quatre ou cinq ans que le dossier de la Piv’ est sur la table. On ne pouvait plus attendre, il fallait avancer. Notre salle de sport, la balnéo, les bureaux pour nos 220 salariés… Tout était devenu trop exigu ». Le président du conseil d’administration Jacques Delanoë abonde. « Depuis quelques saisons, nous avons une formidable dynamique sportive. Cette dynamique, on a envie de l’entretenir et de la développer. Aujourd’hui, quand on veut faire venir un joueur, il faut être capable de le séduire par la modernité de nos équipements. Ce n’était plus le cas. »

Un terrain ouvert au public sur le site

Cet agrandissement du centre d’entraînement permettra aussi de regrouper toutes les activités sur un seul site. Vieillissant, le centre de formation Odorico qui était installé au pied du Roazhon Park sera intégré à la Piverdière. Sur le site, les bâtiments s’étaleront sur une surface totale de 9.000 m² où seront intégrés tous les bureaux, les équipements des pros, le centre de formation mais aussi un amphithéâtre et un restaurant. Un terrain de « five » sera accessible au public pour rendre le site « le plus ouvert possible ». « Nous avons aussi l’idée de créer une place centrale pour en faire un village du football », précise Jacques Delanoë.

Le futur centre d'entraînement du Stade Rennais sera toujours implanté à la Piverdière mais devra être agrandi.
Le futur centre d'entraînement du Stade Rennais sera toujours implanté à la Piverdière mais devra être agrandi. - Artefactory/NeM Architectes

Sommé par la ville d’être exemplaire sur le plan environnemental, le Stade Rennais a opté pour des bardages en bois qui viendront réguler la température intérieure. Des toits végétalisés, des haies bocagères et un important système de récupération des eaux de pluie sont également annoncés. Propriété du milliardaire François Pinault, le club investira « au moins 35 millions d’euros » dans ce projet qui devrait démarrer à la rentrée 2023 pour s’achever deux ans plus tard. Propriétaire des terrains, la municipalité discutera du projet lundi soir lors du conseil municipal. Mais on connaît déjà l’avis de la maire Nathalie Appéré sur ce dossier. « La ville est très enthousiaste, très heureuse de voir aboutir ce projet. La synthèse des échanges montre des points de consensus. Ce sera un lieu unique », a déclaré la maire socialiste de Rennes.

La municipalité a également accepté de partager les terrains de Moulin du Comte avec l’école de football du Stade Rennais qui accueille 250 joueurs et joueuse. « Ce site était très peu voire pas utilisé », assume la maire. Ses infrastructures seront « rapidement » rénovées et un terrain synthétique y sera aménagé.